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De la surface des faits à la profondeur des idées

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Point quotidien de la présidentielle : dernier jour d’inscription à la primaire, le débat final sous tension

Urne électorale en bois sur une table drapée de bleu, isoloir au rideau gris.
Image éditoriale générée par IA, non documentaire.

Au lendemain d’un dernier débat télévisé tendu entre Raphaël Glucksmann et Ségolène Royal, ce lundi 5 octobre 2026 est le dernier jour pour s’inscrire à la primaire de la gauche, qui désignera la semaine prochaine un candidat social-démocrate à la présidentielle. Le mouvement lycéen reprend sur fond d’annonces gouvernementales sur le remplacement des enseignants et la rénovation des établissements, tandis que le Rassemblement national prépare, pour mardi, le contre-budget de Marine Le Pen.

Primaire de la gauche : dernier jour pour s’inscrire

Ce lundi est le dernier jour pour s’inscrire sur la plateforme Choisir 2027 en vue du premier tour de la primaire de la gauche sociale-démocrate. Le vote est réservé aux adhérents à jour de cotisation du Parti socialiste, de Place publique et de la Gauche républicaine et socialiste (GRS), ainsi qu’aux sympathisants non adhérents, moyennant une cotisation de 15 euros, ramenée à 10 euros en tarif social. Le premier tour se tient vendredi 9 et samedi 10 octobre, le second les 16 et 17 octobre si aucun candidat n’atteint la majorité absolue. Cinq candidats sont en lice : Olivier Faure (PS), Raphaël Glucksmann (Place publique), Ségolène Royal (PS), Jérôme Guedj (PS) et Emmanuel Maurel (GRS).

La participation reste l’inconnue principale du scrutin. Les partis organisateurs tablent sur un corps électoral de l’ordre de 90 000 à 100 000 votants, à comparer aux 2,6 millions d’électeurs de la primaire socialiste de 2011, un ordre de grandeur qui n’est pas une prévision.

Un débat final sous tension, la polémique « danse du ventre »

Le troisième et dernier débat s’est tenu dimanche 4 octobre sur BFMTV, en partenariat avec Libération, animé par Apolline de Malherbe et Maxime Switek. Il a duré plus de trois heures et réuni 702 000 téléspectateurs, soit 4,5 % du public, un niveau proche des 709 000 spectateurs du premier débat sur LCI le 23 septembre, selon les chiffres publiés lundi par Puremédias.

La confrontation a été marquée par la diffusion, samedi 3 octobre, par Le Média, d’enregistrements d’une réunion militante de Raphaël Glucksmann. L’eurodéputé y affirme notamment que Ségolène Royal a fait « la danse du ventre à Macron » pour obtenir un poste, et tient des propos très durs sur Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Ségolène Royal a dénoncé une « agression à connotation sexuelle » et déclaré qu’elle n’acceptait pas que « l’on puisse dégrader une femme ». Raphaël Glucksmann a présenté des excuses, en précisant qu’il était « vraiment désolé si ces propos ont été perçus comme étant sexistes », tout en contestant toute connotation sexiste et en invoquant un cadre privé et des mots « inélégants ». Olivier Faure l’a appelé à s’excuser ; l’intéressé a maintenu que les propos avaient été tenus dans une réunion militante qui n’aurait pas dû être filmée.

Le rapport à La France insoumise est resté la principale ligne de fracture. Olivier Faure, qui se défend d’avoir jamais parlé d’« une alliance avec Jean-Luc Mélenchon », a regretté que ses concurrents fassent « tourner une primaire socialiste autour » du leader insoumis ; Jérôme Guedj a qualifié LFI de « boulet sur la perspective de victoire face au Rassemblement national » ; Raphaël Glucksmann a plaidé contre toute « compromission » avec LFI comme avec la droite. Ségolène Royal a accusé le candidat de Place publique de préparer un « hold-up » sur le Parti socialiste, ce qu’il a récusé comme un « pur procès d’intention ». Sur l’Ukraine, Ségolène Royal a défendu la négociation avec Vladimir Poutine ; Jérôme Guedj a jugé ses propos « sirupeux » et « naïfs ».

Invitée lundi de la matinale de France Inter, Ségolène Royal a maintenu sa ligne : « Si on n’ose pas dire les choses, ce n’est pas de la politique », a-t-elle affirmé, en rappelant que le soutien au vainqueur de la primaire « est dans la charte ». Elle s’est dite opposée à une forme d’« OPA » sur le PS de la part du plus petit mouvement de son concurrent, et a estimé qu’après sa désignation le candidat devrait chercher l’alliance avec le Parti communiste et les Écologistes. Emmanuel Maurel a, lui, rappelé sur le plateau que les cinq candidats s’étaient engagés à soutenir celui qui l’emporterait.

Plusieurs commentateurs relèvent qu’aucun débatteur ne s’est nettement imposé à l’issue d’une soirée jugée parfois chaotique. Ces appréciations portent sur la forme et la dynamique du débat, non sur un résultat de vote.

Lycées : reprise des cours, chantiers et violences

Le mouvement de contestation lycéenne, entamé le 17 septembre après une grève enseignante au lycée Antoine-de-Saint-Exupéry de Créteil, reprend ce lundi. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé, dans une lettre adressée à plusieurs ministres, que « les cours reprennent partout où la sécurité et l’état des locaux le permettent », au cas par cas selon la situation locale. Il a confié cinq chantiers à son gouvernement, avec de premières décisions attendues avant la fin du mois, dont la mise en place « dans chaque académie dès cette semaine » d’un traitement prioritaire du remplacement des absences longues et des postes non pourvus. Une réunion avec les présidents de région est convoquée mardi sur la rénovation des établissements scolaires.

Selon l’AFP, entre 400 et 500 lycées étaient totalement ou partiellement fermés lundi, pour des raisons de sécurité, un ordre de grandeur comparable à celui du vendredi précédent. Plus d’un tiers des établissements du secondaire d’Île-de-France devaient rester fermés, selon la présidente de la région Valérie Pécresse. Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray s’est rendu lundi dans un lycée d’Île-de-France, une première depuis le début du mouvement ; selon le suivi publié par Libération, il a fait état de 190 élèves blessés depuis le début de la contestation.

Les violences ont continué en marge des blocages : TF1 Info faisait état lundi de plus de 5 000 gardes à vue et de 14 personnes écrouées depuis le début du mouvement, et rapportait qu’un adolescent avait été gravement blessé à Lens. Le gouvernement impute une partie de l’organisation des blocages à La France insoumise et à des militants d’ultra-gauche ayant « infiltré » le mouvement lycéen ; cette imputation est une appréciation politique, contestée par les intéressés, et non un fait établi. Une journée de mobilisation et de grève de l’intersyndicale de l’éducation est annoncée pour mardi 6 octobre.

Budget 2027 : un contre-budget du RN mardi

Mardi 6 octobre, Marine Le Pen et Jordan Bardella doivent présenter le contre-budget du Rassemblement national et la trajectoire budgétaire que la candidate entendrait donner à un quinquennat. Selon Libération, le parti met en avant un plan de 125 milliards d’euros, présenté comme un gage de sérieux après des semaines marquées par l’affaire des écrits attribués à Jordan Bardella. Il s’agit d’une annonce à venir, non d’un texte déposé.

Le calendrier parlementaire reste, lui, fixé : le projet de loi de finances pour 2027, présenté le 1er octobre en Conseil des ministres, doit être formellement déposé avant le 6 octobre, et son examen dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale débutera le mardi 13 octobre. Le communiste Fabien Roussel estime que ce budget « va conduire le pays à la faillite ». Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a réaffirmé lundi sur LCI que le gouvernement n’avait « rien contre les retraités », alors que la question de la revalorisation des pensions figure parmi les points de friction du texte.

Ce que le calendrier impose désormais

  • 5 octobre, minuit : dernier jour pour s’inscrire au premier tour de la primaire de la gauche ; reprise du mouvement lycéen.
  • 6 octobre : présentation du contre-budget du Rassemblement national ; journée de mobilisation et de grève de l’intersyndicale de l’éducation ; dépôt formel du projet de loi de finances 2027.
  • 9 et 10 octobre : premier tour de la primaire de la gauche ; 16 et 17 octobre : second tour.
  • 10 octobre : meeting de Gabriel Attal à Lyon.
  • 13 octobre : début de l’examen du budget 2027 dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.
  • 25 octobre : congrès du Rassemblement national à Orléans.
  • 18 avril et 2 mai 2027 : premier et second tours de l’élection présidentielle.

Nos portraits des candidats et les points quotidiens précédents restent consultables : Nicolas Dupont-Aignan, Fabien Roussel, Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jean-Luc Mélenchon, ainsi que le point quotidien du 4 octobre et celui du 3 octobre. Sur le mouvement lycéen, voir ce que la circulaire du 26 septembre organise, 400 établissements fermés et la question des dégradations. Sur le budget, notre analyse de l’avis du Haut Conseil des finances publiques : pourquoi le déficit ne reculerait que de 0,4 point. L’ensemble du dossier est réuni dans la rubrique Présidentielle.

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