Aller au contenu
L’Esprit Français

De la surface des faits à la profondeur des idées

De la surface des faits à la profondeur des idées

Point quotidien de la présidentielle : dernier débat de la primaire, la « grande coalition » d’Attal rejetée

Illustration éditoriale générée par IA : plateau de débat télévisé vide, quatre pupitres alignés devant un fond de rideau bleu nuit. Illustration, non documentaire.
Illustration éditoriale générée par IA : plateau de débat télévisé vide, quatre pupitres alignés devant un fond de rideau bleu nuit. Illustration, non documentaire.

Quatre séquences ont marqué la journée du dimanche 4 octobre 2026 sur la présidentielle. À trois jours du premier tour, les cinq candidats de la primaire de la gauche sociale-démocrate disputent ce soir à 20 h 45 leur dernier débat télévisé, sur BFMTV, devant un corps électoral qui s’annonce réduit. Sur le fond, la « grande coalition » proposée par Gabriel Attal a été rejetée par les soutiens de Raphaël Glucksmann. Au Rassemblement national, l’affaire des messages attribués à Jordan Bardella continue de souder le parti derrière son président. Enfin, le mouvement de blocage des lycées reprend lundi, avec un mot d’ordre intersyndical de grève et de mobilisation mardi 6 octobre, à la veille de l’examen du budget 2027 à l’Assemblée.

Primaire de la gauche : un dernier débat avant le vote

BFMTV organise ce dimanche 4 octobre à 20 h 45 le troisième et dernier débat de la primaire de la gauche sociale-démocrate, en partenariat avec Libération. Les cinq candidats en lice sont Olivier Faure (Parti socialiste), Raphaël Glucksmann (Place publique), Ségolène Royal (PS), Jérôme Guedj (PS) et Emmanuel Maurel (Gauche républicaine et socialiste). Le premier tour du scrutin est fixé aux 9 et 10 octobre, le second aux 16 et 17 octobre s’il est nécessaire. Pour voter, il faut avoir adhéré à l’une des trois organisations ou s’être inscrit sur le site Choisir 2027 avant lundi 5 octobre à minuit, moyennant 15 euros (10 euros en tarif social).

Au dernier pointage communiqué par les partis, la participation reste le principal inconnu. Patrick Mennucci, président de la commission d’organisation de la primaire, table sur « plus de 90 000 » votants ; franceinfo évoque un total susceptible de « frôler les 100 000 », à comparer aux 2,6 millions d’électeurs de la primaire socialiste de 2011. Selon un sondage Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche publié samedi soir, 25 % des personnes interrogées déclarent s’intéresser à cette primaire, 72 % estiment que son vainqueur ne se qualifiera pas au second tour de la présidentielle, et 49 % des sympathisants socialistes ou de Place publique pensent l’inverse. Une enquête Ifop-Fiducial menée du 25 au 29 septembre pour LCI, Le Figaro et Sud Radio plaçait Raphaël Glucksmann entre 9 et 13 % des intentions de vote selon les hypothèses, loin devant les autres candidats de la primaire testés (3 % pour Olivier Faure, Ségolène Royal et Jérôme Guedj, 1 % pour Emmanuel Maurel). Ces chiffres décrivent un rapport de force à un moment donné, et non une prévision de vote.

Le rapport à La France insoumise reste la principale ligne de fracture. Raphaël Glucksmann, donné favori, répète qu’« il n’y aura pas d’accord avec LFI » ; Olivier Faure, qui a noué des accords électoraux avec le mouvement en 2022 et en 2024, met en avant la nécessité de rassembler la gauche à l’Assemblée. Un autre sondage, publié par Le Parisien le 3 octobre, indiquait que les trois quarts des sympathisants du Parti socialiste et de Place publique sont opposés à une alliance avec La France insoumise pour les législatives. Les deux premiers débats avaient réuni 709 000 téléspectateurs sur LCI le 23 septembre, puis 1,8 million sur France 2 et France Inter le 1er octobre. Les portraits des principaux protagonistes sont consultables dans nos colonnes : Raphaël Glucksmann, Olivier Faure et Jean-Luc Mélenchon, absent de la primaire mais omniprésent dans les débats.

La « grande coalition » d’Attal éconduite à gauche

Dans un entretien au Parisien publié samedi, Gabriel Attal (Renaissance) a plaidé pour un « vrai et large rassemblement » en vue de 2027, « rassemblant des électeurs de la gauche sociale-démocrate à la droite républicaine », afin d’éviter un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. La proposition a été rejetée dès dimanche par les soutiens de Raphaël Glucksmann. « Et l’héritier du macronisme tenta d’inventer… le macronisme », a ironisé sur X le président des députés PS Boris Vallaud, qui a appelé à « une rupture totale avec les dix dernières années » et invité l’ancien premier ministre à laisser Raphaël Glucksmann « en dehors de ses coups de communication ». Le sénateur écologiste Yannick Jadot, lui aussi soutien du candidat de Place publique, a répondu : « Même pas en rêve. »

Gabriel Attal tenait par ailleurs une rencontre publique à Bourges dimanche à partir de 17 h 30, et prévoit un grand meeting à Lyon le samedi 10 octobre, à l’amphithéâtre 3000 de la Cité internationale. De son côté, Fabien Roussel, candidat du Parti communiste, a répété dimanche sur BFMTV qu’il ne se retirerait pas : « Nous avons un projet, des différences, des nuances avec les autres forces de gauche », a-t-il justifié, ajoutant que la composition d’un futur gouvernement dépendrait « du rapport de force à gauche ». Son portrait est en ligne : Fabien Roussel, candidat du PCF.

Affaire Bardella : le RN fait bloc derrière son président

Après les révélations de Mediapart sur des messages antisémites attribués à Jordan Bardella en 2013, que celui-ci conteste et pour lesquels il a porté plainte, Marine Le Pen a réaffirmé samedi sa « confiance totale » envers le président du Rassemblement national, après plusieurs jours de silence. Dimanche, le député RN Jean-Philippe Tanguy a confirmé sur CNews que le parti faisait « bloc derrière Jordan Bardella, qui est innocent », et accusé Mediapart de « mauvaise foi ». Le Monde, dans son édition du 4 octobre, analyse le risque pour la candidate d’être entraînée par « la défense jusqu’au-boutiste » de son allié, quand L’Humanité estime qu’elle « veut l’austérité et l’assume ». Le Parisien, cité par Euronews, rapporte qu’un membre de l’équipe de campagne de Marine Le Pen assure qu’elle ne serait « pas forcément convaincue de la bonne foi de son protégé » : une appréciation de presse reposant sur des propos rapportés, et non une position publique de la candidate. Le cadre juridique de cette affaire a été détaillé dans nos colonnes : Écrits antisémites attribués à Bardella : ce que la justice peut juger.

Mouvement lycéen : reprise lundi, grève annoncée mardi

Le mouvement de blocage des lycées, qui a débuté le 28 septembre, doit reprendre lundi 5 octobre, après une semaine émaillée de violences. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé plus de 5 000 interpellations depuis lundi, dont 1 747 pour la seule journée de vendredi et 85 % de mineurs. La préfecture de police de Paris a fait état de 824 interpellations en Île-de-France depuis le début du mouvement, dont 255 vendredi.

Des préfets ont pris de nouveaux arrêtés pour interdire les rassemblements aux abords des établissements. La préfecture de la Marne a interdit les attroupements devant sept lycées de Reims et Châlons-en-Champagne les 5 et 6 octobre ; celle de Moselle a signé un arrêté dimanche. Dans l’académie de Toulouse, seize lycées fonctionneront en « continuité pédagogique » lundi, et six établissements seront fermés dans le Morbihan.

Sept organisations syndicales de l’éducation (FSU, CGT, FO, CFDT, Unsa, Sud et Solidaires) appellent à une journée de mobilisation mardi 6 octobre « y compris par la grève ». La CGT appelle ses structures à soutenir le mouvement et annonce que des salariés de l’énergie seront en grève ce jour-là. À Lyon, une manifestation est annoncée mardi à 10 heures place Bellecour, notamment relayée par la fédération du Rhône du PCF. Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a appelé les lycéens à poursuivre la mobilisation. Le gouvernement impute une part de l’organisation du blocage à La France insoumise et à « ses proxys de l’ultra-gauche » ; cette imputation est une appréciation politique, contestée par les intéressés, et non un fait établi. Le cadre de l’intervention des forces de l’ordre et le débat sur la responsabilité des parents ont été traités dans nos colonnes : Blocus de lycées : ce que la circulaire du 26 septembre organise, Blocus des lycées : 400 établissements fermés et Faire payer les parents après les dégradations.

Budget 2027 : le calendrier de l’automne

Le projet de loi de finances pour 2027, présenté le 1er octobre en Conseil des ministres, doit être déposé formellement avant le 6 octobre, et son examen dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale débutera le mardi 13 octobre. Ce calendrier parlementaire interfère directement avec la campagne, comme l’illustre la « règle d’or » budgétaire que Marine Le Pen propose d’inscrire dans la Constitution et de soumettre par référendum. L’analyse des chiffrages du projet de loi est suivie par le circuit Budget : Budget 2027 : pourquoi le déficit ne reculerait que de 0,4 point.

Ce que le calendrier impose désormais

  • 4 octobre, 20 h 45 : troisième et dernier débat de la primaire socialiste, sur BFMTV.
  • 5 octobre, minuit : date limite d’adhésion ou d’inscription pour voter au premier tour de la primaire ; 12 octobre pour le second tour.
  • 5 octobre : reprise du mouvement lycéen ; 6 octobre : journée de mobilisation et de grève dans l’éducation, dépôt formel du projet de loi de finances 2027.
  • 9 et 10 octobre : premier tour de la primaire socialiste ; 16 et 17 octobre : second tour.
  • 10 octobre : meeting de Gabriel Attal à Lyon.
  • 13 octobre : début de l’examen du budget 2027 dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.
  • 25 octobre : congrès du Rassemblement national à Orléans.
  • 2027 : premier tour de l’élection présidentielle le 18 avril, second tour le 2 mai.

Les points quotidiens et les portraits précédents restent consultables : point quotidien du 3 octobre 2026, point quotidien du 2 octobre 2026, point quotidien du 30 septembre 2026, Marine Le Pen et Éric Zemmour.

Sources

Les sujets de cet article

Continuer l’exploration

Dans la même rubrique

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

L’ESPRIT FRANÇAIS

Partager cet article

Point quotidien de la présidentielle : dernier débat de la primaire, la « grande coalition » d’Attal rejetée

WhatsApp Facebook X E-mail

Choisissez où le partager. Aucune publication automatique.

Le Journal, à portée de main

Retrouvez les actualités, les analyses et la bibliothèque dans une application légère, avec le même contenu que le site.

Installation facultative. Connexion Internet nécessaire. Aucune notification n’est activée par cette installation.