Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et maire d’Yerres, a officialisé le 19 septembre 2026 sa quatrième candidature à l’élection présidentielle, dans son fief de l’Essonne. Il fait de la sortie de l’Union européenne le pivot de son programme, qu’il complète par un protectionnisme assumé, une baisse des taxes sur les carburants et un référendum d’initiative citoyenne. Ce portrait dresse l’état vérifié de sa candidature, de son parcours, de ses propositions et de leur chiffrage, avec la même grille que pour les autres personnalités de la série. Source : CNEWS, direct du 19 septembre 2026.
Quatre candidatures et un même cap : sortir de l’Union européenne
Devant près de mille personnes réunies à Yerres pour la première édition de sa « Fête de la Liberté », Nicolas Dupont-Aignan a présenté, samedi 19 septembre 2026, les axes de son projet présidentiel et officialisé sa candidature. Le candidat souverainiste a résumé sa mission en quatre formules : « Libérer la nation. Protéger les Français. Éviter la guerre. Redonner le pouvoir au peuple », rapporte son site officiel, qui publie l’intégralité du discours (Dupont-Aignan 2027, discours de rentrée, 19 septembre 2026).
Sur franceinfo le même jour, il a posé sa ligne : « Je serai le seul candidat qui propose de sortir de cette prison qu’est l’Union européenne » et a ajouté : « Nous devons récupérer nos frontières pour contrôler l’immigration (…) retrouver la maîtrise de notre budget, pour, par exemple, baisser le prix de l’essence. Nous devons absolument baisser le prix de l’électricité en sortant du marché européen » (franceinfo, 19 septembre 2026). Devant ses militants, l’intéressé a repris un même mot d’ordre : « Nous devons décoloniser la France, politiquement en sortant de l’Union (européenne), économiquement (avec) le protectionnisme intelligent, migratoirement (avec) l’État régalien, culturellement en réhabilitant la langue française » (Europe 1 avec l’AFP, 19 septembre 2026).
Cette officialisation de rentrée prolonge une intention annoncée bien plus tôt. Il s’était déclaré candidat dès le 8 mars 2025 dans un entretien à CNEWS (Le Figaro, « Qui sont les candidats potentiels et déclarés ? »). Il s’agit de sa quatrième campagne, après celles de 2012, 2017 et 2022. Comme les autres prétendants, sa candidature n’est pas encore validée au sens du Conseil constitutionnel : les 500 parrainages et la liste officielle relèvent de 2027. Interrogé par Le JDD, il affirme être « le seul des trois » candidats souverainistes à avoir obtenu ces parrainages en 2022 (Le JDD, 19 septembre 2026). Le camp souverainiste reste en effet partagé entre plusieurs candidatures, notamment celle de Florian Philippot (Les Patriotes) et celle de François Asselineau (UPR), rappelées par les recensions de candidats (ICI, recension des candidats déclarés).
D’Yerres à l’Assemblée : trente ans de mandats électifs
Né le 7 mars 1961 à Paris, Nicolas Dupont-Aignan a 65 ans. Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, de l’université Paris-Dauphine et de l’École nationale d’administration, il est administrateur civil de profession (notice biographique, Wikipédia, consultée le 5 octobre 2026, à recouper avec les sources primaires pour tout usage ultérieur). Il a été maire d’Yerres, dans l’Essonne, de 1995 à 2017, puis député de la 8e circonscription de ce département de 1997 à 2024, soit six mandats consécutifs. Membre du Rassemblement pour la République puis de l’Union pour un mouvement populaire, il quitte ce dernier en janvier 2007 et fonde, en novembre 2008, Debout la République, devenu Debout la France en 2014, parti qu’il préside depuis. Il a voté contre la ratification du traité de Lisbonne en 2008 (France 24 avec l’AFP, profil du 18 septembre 2026).
En juin 2024, il perd son siège de député lors des élections législatives anticipées, après vingt-sept ans de mandat à l’Assemblée (Le Figaro, 2026). L’affront est lavé l’année suivante : le 15 mars 2026, sa liste « Yerres comme nous l’aimons » l’emporte dès le premier tour des élections municipales avec 79,95 % des suffrages exprimés, soit 8 912 voix, la participation s’établissant à 57,70 % ; il retrouve ainsi le fauteuil de maire, qu’occupait par intérim son ancien premier adjoint (Le Parisien, 16 mars 2026 ; Le Monde, 20 mars 2026).
Ce socle local contraste avec ses résultats nationaux. Candidat en 2012, il avait obtenu 1,79 % des suffrages exprimés ; en 2017, 4,70 % ; en 2022, 2,06 %, soit 725 176 voix (Vie publique, résultats officiels du premier tour 2022). Lors de l’entre-deux-tours de 2017, il avait conclu une alliance de gouvernement avec Marine Le Pen, qui n’a pas survécu à l’élection d’Emmanuel Macron.
Nicolas Dupont-Aignan au premier tour de la présidentielle (suffrages exprimés)
1,79 %
4,70 %
2,06 %
Lecture : 1,79 % en 2012, 4,70 % en 2017 et 2,06 % en 2022. Source : ministère de l’Intérieur, résultats officiels du premier tour de l’élection présidentielle ; Conseil constitutionnel.
Frexit, protectionnisme et RIC : le contenu du projet
Le projet présenté à Yerres s’organise autour de quatre ruptures : « libérer la nation en refondant sur des bases saines l’Europe », « protéger les Français en osant un protectionnisme intelligent », « éviter la guerre en négociant la paix » et « redonner le pouvoir au peuple » (site officiel, 19 septembre 2026). La première commande les autres : sans sortie de l’Union européenne, il juge impossible « d’offrir aux Français les conditions d’un travail digne, d’un pouvoir d’achat, d’une sécurité » (franceinfo, 19 septembre 2026).
Sur l’économie, il fixe l’objectif de « relocaliser deux millions d’emplois », en baissant le prix de l’énergie, les impôts de production et les normes, en arrêtant de « subventionner les entreprises qui délocalisent » et en créant un fonds d’aide à la relocalisation (Europe 1 avec l’AFP, 19 septembre 2026 ; site officiel). Pour le pouvoir d’achat, il promet une baisse « de 40 centimes » par litre du prix du carburant, par la baisse des taxes sur le gazole et l’essence, compensée par la suppression des 12 milliards d’euros d’aides aux éoliennes et aux panneaux solaires ; la baisse du prix de l’électricité passerait par la sortie du marché européen et, pour le gaz, par la réouverture des gazoducs russes (franceinfo ; Le JDD).
Sur le travail et la fiscalité, il propose la défiscalisation des heures supplémentaires, la suppression des droits de succession sur la résidence principale et le plafonnement du cumul des aides sociales sous le niveau du Smic, ainsi que le maintien de l’indexation des retraites sur l’inflation. Pour les retraites, il défend un report de l’âge de départ à « 62 ans et neuf mois », la création d’un « minimum retraite par capitalisation » et celle d’un fonds souverain « à la norvégienne », destiné à investir dans les entreprises françaises (Europe 1 avec l’AFP).
Sur les institutions, il veut renforcer la démocratie directe par un référendum d’initiative citoyenne (RIC) ouvert à partir d’un million de signatures, par un « RIC constituant » et par la reconnaissance du vote blanc (site officiel). Il présente ce référendum comme un moyen de « contourner le gouvernement des juges » et de « redonner le pouvoir au peuple » (Europe 1 avec l’AFP).
À l’international, il plaide pour un plan de paix en Ukraine, pour l’arrêt de l’aide financière française à ce pays et pour le retrait du commandement intégré de l’OTAN au profit de « coopérations indépendantes » (site officiel). Sur l’immigration, il promet un « plan pour rétablir l’ordre et bloquer l’immigration », adossé à l’« État régalien » (BFMTV, 19 septembre 2026).
10 000 euros par naissance : ce que le chiffrage suppose
La mesure la plus commentée du projet est l’octroi, « à chaque naissance, d’un capital de 10 000 euros » placé sur un livret d’épargne-retraite gelé jusqu’à 60 ans et regroupé dans un fonds souverain. Selon le candidat, il serait financé par « la moitié de notre contribution nette à l’Union européenne », l’autre moitié servant à baisser les impôts de production (Le JDD, 19 septembre 2026 ; site officiel). Interrogé le 16 septembre sur Europe 1, il chiffre le dispositif entre « six et sept milliards d’euros par an », sur la base du nombre de naissances (645 000 en 2025) (Europe 1, 16 septembre 2026).
Il revendique par ailleurs « 15 milliards d’économies » pour la France en cas de sortie de l’Union européenne, qu’il redistribuerait « en réduisant la dette et en donnant un capital de 10 000 euros à tous les nouveau-nés français » (franceinfo, 19 septembre 2026). Ces montants sont des ordres de grandeur de campagne. Aucun chiffrage consolidé du programme n’est publié à ce jour : l’intéressé indique au JDD que « tout est chiffré au centime près et sera publié prochainement », sans document public disponible à cette date. Aucune estimation indépendante de l’ensemble du programme n’est disponible non plus.
Le financement du livret par la contribution à l’Union appelle une réserve de méthode. Le fonds souverain norvégien dont il se réclame, premier fonds de ce type au monde avec plus de 2 000 milliards d’euros, est adossé aux excédents tirés de l’exportation de pétrole et de gaz d’un pays structurellement excédentaire, et non à un prélèvement sur une contribution versée à une organisation internationale. Sa transposition à un État qui présente un déficit public et une dette élevés n’est donc pas directe (Europe 1, 16 septembre 2026).
Un candidat de témoignage, crédité de 2 à 3 %
Dans les intentions de vote, Nicolas Dupont-Aignan est crédité de 2 à 3 % au premier tour, selon la fourchette citée par Le JDD le 19 septembre 2026. Il n’a jamais dépassé 5 % des suffrages lors de ses trois premières candidatures (franceinfo, 19 septembre 2026). L’AFP le décrivait la veille comme un « candidat de témoignage », convaincu que son « momentum » est venu et seul à porter la sortie de l’Union européenne (France 24 avec l’AFP, 18 septembre 2026). Ces données mesurent une opinion à un instant donné et n’ont pas de valeur prédictive.
Note de méthode : les résultats électoraux cités proviennent des résultats officiels du premier tour publiés par le ministère de l’Intérieur et validés par le Conseil constitutionnel ; les intentions de vote sont attribuées à leurs producteurs et déclinées comme des rapports de force datés, non comme des prévisions. Les montants du programme sont des objectifs de campagne, à distinguer des données observées.
À retenir
- Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et maire d’Yerres, a officialisé le 19 septembre 2026 sa quatrième candidature à la présidentielle de 2027, après une intention annoncée le 8 mars 2025.
- Député de l’Essonne de 1997 à 2024, il a perdu son siège aux législatives de juin 2024, avant de retrouver la mairie d’Yerres en mars 2026 avec 79,95 % des voix.
- Il fait de la sortie de l’Union européenne le pivot de son programme, complété par un protectionnisme assumé, la relocalisation de deux millions d’emplois et un référendum d’initiative citoyenne.
- Il promet un capital de 10 000 euros par naissance, financé par une part de la contribution française à l’Union, et une baisse de 40 centimes par litre du carburant, sans chiffrage consolidé publié à ce jour.
- Il n’a jamais dépassé 5 % au premier tour (1,79 % en 2012, 4,70 % en 2017, 2,06 % en 2022) et reste crédité de 2 à 3 %.



