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De la surface des faits à la profondeur des idées

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Prêt à taux zéro « parentalité » : l’aide s’ouvrirait aux parents déjà propriétaires

Prêt à taux zéro « parentalité » : l'aide s'ouvrirait aux parents déjà propriétaires
Prêt à taux zéro « parentalité » : l'aide s'ouvrirait aux parents déjà propriétaires

Le gouvernement a précisé, vendredi 25 septembre 2026, les contours du « prêt à taux zéro parentalité » qu’il veut inscrire dans le budget 2027 : un prêt sans intérêts, mobilisable dès le sixième mois de grossesse et jusqu’aux trois ans de l’enfant, cumulable avec le PTZ classique et ouvert à des ménages qui possèdent déjà leur logement. Le dispositif reprend une proposition de loi de la députée LIOT Constance de Pélichy, dont il s’écarte sur plusieurs paramètres. Le projet de loi de finances doit être présenté le 30 septembre.

Un prêt dont l’État paie les intérêts

Le prêt à taux zéro (PTZ) n’est pas une subvention versée à l’acheteur. C’est un prêt complémentaire au crédit immobilier bancaire, dont l’État prend en charge les intérêts, dans la limite de 50 % du coût de l’opération et d’un plafond de 180 000 euros ; l’emprunteur ne rembourse que le capital. L’an dernier, 70 000 ménages en ont bénéficié, pour un budget d’environ 2,4 milliards d’euros, selon Matignon.

Le dispositif est encadré par des plafonds de ressources qui varient selon la zone et la taille du foyer : par exemple 88 200 euros de revenus annuels pour un ménage de trois personnes en zone tendue (A), contre 51 300 euros en zone détendue (C), d’après les chiffres cités par le ministère. La part du coût de l’opération finançable sans intérêts — la « quotité » — va de 10 à 50 %.

Créé en 1995, le PTZ a connu plusieurs arrêts et redémarrages : supprimé pour la maison individuelle neuve entre janvier 2024 et avril 2025, interrompu pour l’achat dans le neuf en zones détendues, il doit aujourd’hui s’éteindre le 31 décembre 2027. Le gouvernement propose de le prolonger « au moins jusqu’en 2028 », a indiqué le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, lors d’un échange avec la presse.

La rupture : des acheteurs déjà propriétaires

Jusqu’ici, le PTZ est réservé, sauf exceptions — notamment les locataires de logements sociaux qui achètent le logement qu’ils occupent — aux primo-accédants, c’est-à-dire aux ménages qui n’ont pas été propriétaires de leur résidence principale au cours des deux années précédentes. Le « PTZ parentalité » ne suivrait pas cette logique : il s’adresserait aussi aux secundo-accédants, des parents déjà propriétaires qui veulent acheter plus grand.

« Un couple dont l’un des deux conjoints a déjà acheté un bien par le passé ne bénéficie pas, aujourd’hui, du prêt à taux zéro. Le PTZ parentalité s’ouvrirait dans leur cas », a expliqué le ministre. Le dispositif serait accessible à chaque naissance, entre le sixième mois de grossesse et les trois ans de l’enfant, dans le neuf comme dans l’ancien avec travaux de rénovation énergétique, avec des conditions de ressources « les mêmes que le PTZ classique », et cumulable avec celui-ci. Son coût est estimé par le ministère entre 500 et 600 millions d’euros sur cinq ans, soit environ 100 millions d’euros par an.

Le blocage visé est documenté. Des familles ayant acheté entre 2018 et 2022, à des taux parfois proches de 1 %, se trouvent dans l’impossibilité de revendre pour acheter plus grand sans abandonner ce financement et acquitter de nouveaux frais de notaire. « Pour gagner une chambre, elles doivent vendre, abandonner ce financement et reprendre un crédit aux conditions actuelles », résume Brice Cardi, président du groupe d’annonces immobilières L’Adresse, cité par BFM Immo.

De la proposition de loi au projet de budget

L’idée n’est pas née à Matignon. La proposition de loi n° 2679, déposée le 14 avril 2026 par Constance de Pélichy (groupe LIOT) et examinée en commission des finances le 19 mai (rapport n° 2808), prévoit un PTZ de 100 000 euros sans condition de ressources, de la déclaration de grossesse aux cinq ans de l’enfant, cumulable avec le PTZ primo-accédants et l’éco-PTZ, avec une quotité comprise entre 20 et 50 % du coût de l’opération. Son article 2 prévoit un gage : une taxe additionnelle sur les tabacs, destinée à compenser la perte de recettes pour l’État.

Le gouvernement a repris l’idée en la modifiant : conditions de ressources conservées, éligibilité ramenée aux trois ans de l’enfant, coût estimé à environ 100 millions d’euros par an. Le financement de cette version n’a pas été précisé dans les éléments rapportés. Interrogé en mai, le ministre du Logement s’était déclaré « philosophiquement favorable » au principe d’un tel prêt.

Pour la députée, l’enjeu est démographique : « 20 % des couples renoncent à faire un enfant à cause du logement », affirmait-elle dans Le Figaro en mai. Cette affirmation est une déclaration de l’auteure du texte, pas un résultat établi.

Annonce, vote, exécution : où en est-on

Rien n’est adopté à ce stade. Le « PTZ parentalité » est une intention gouvernementale qui doit être inscrite dans le projet de loi de finances pour 2027, présenté le 30 septembre, puis discutée au Parlement ; ses paramètres — plafonds, quotité, durée, conditions de cumul — peuvent évoluer, comme l’arbitrage sur la prolongation du PTZ classique. Dans une lettre aux acteurs du logement révélée par Le Monde, le Premier ministre Sébastien Lecornu s’engage par ailleurs à maintenir les crédits du logement social et reconnaît que « le compte n’y est pas pour atteindre les 400 000 logements par an dont le pays a besoin ».

Le contexte rend l’arbitrage sensible : les taux d’emprunt immobilier s’approchent de 4 % et la construction neuve reste à un point bas, selon BFM Immo. Un prêt bonifié améliore la solvabilité des ménages qui achètent ; il n’agit pas sur le nombre de logements disponibles. C’est la principale réserve que l’on peut opposer au dispositif : il facilite une opération pour ceux qui peuvent déjà emprunter, sans répondre par lui-même à la pénurie de logements.

À retenir

  • 25 septembre 2026 : le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, précise les contours d’un « PTZ parentalité » destiné au projet de loi de finances pour 2027.
  • Le mécanisme : un prêt sans intérêts dont l’État prend en charge les intérêts, dans la limite de 50 % de l’opération et d’un plafond de 180 000 euros ; 70 000 ménages bénéficiaires l’an dernier, environ 2,4 milliards d’euros.
  • La nouveauté : le dispositif s’adresserait aussi à des parents déjà propriétaires (secundo-accédants), là où le PTZ est réservé, sauf exceptions, aux primo-accédants.
  • Les paramètres annoncés : du sixième mois de grossesse aux trois ans de l’enfant, cumulable avec le PTZ classique, coût estimé à environ 100 millions d’euros par an.
  • L’origine : la proposition de loi n° 2679 de la députée LIOT Constance de Pélichy (14 avril 2026), qui prévoyait 100 000 euros sans condition de ressources jusqu’aux cinq ans de l’enfant et un gage sur les tabacs.
  • Rien n’est voté : le projet de loi de finances est attendu le 30 septembre ; les paramètres peuvent encore changer.

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Question aux lecteurs

Ce sondage recueille l’avis des lecteurs de L’Esprit Français et ne constitue pas une enquête représentative de la population.

Pour aller plus loin

Le fait central — l’intention du gouvernement de créer un « prêt à taux zéro parentalité » dans le budget 2027 et les paramètres précisés le 25 septembre 2026 — est établi par des origines distinctes : le ministère de la Ville et du Logement (échange du ministre avec la presse le 25 septembre ; lettre du Premier ministre aux acteurs du logement révélée par Le Monde) et le dossier législatif de l’Assemblée nationale (proposition de loi n° 2679 et rapport n° 2808), d’une part ; BFM Immo-BFM Business (Altice), La Croix (Bayard), Le Parisien (LVMH), Le Télégramme (groupe indépendant), Capital et Moneyvox, d’autre part, qui rapportent la même annonce à des dates distinctes. Le cadre général du PTZ et ses chiffres budgétaires proviennent de Matignon, cités par BFM Immo. Réserves : aucune de ces mesures n’est votée, le projet de loi de finances n’étant attendu que le 30 septembre, et les paramètres peuvent évoluer ; le coût de 500 à 600 millions d’euros sur cinq ans est une estimation du ministère, non une dépense constatée ; l’effet du dispositif sur la natalité est un objectif affiché, non un résultat démontré ; le dispositif agit sur la solvabilité des acheteurs et non sur l’offre de logements.

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