Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé jeudi 24 septembre que la prime d’activité « pourrait être gelée » en 2027 pour aider à boucler le budget de l’État. Versée à 4,52 millions de salariés modestes pour un coût de près de 11 milliards d’euros par an, elle avait pourtant été revalorisée de 50 euros en moyenne au 1er avril. Un revirement qui pèse sur le pouvoir d’achat de ceux qui travaillent à bas salaire.
Une annonce en forme de « variable d’ajustement »
Interrogé sur LCI ce jeudi matin, Jean-Pierre Farandou n’a pas détaillé si le gouvernement prévoyait un gel total ou partiel. Il a admis : « C’est une variable d’ajustement », la réponse ne devant être tranchée qu’à l’issue des discussions autour du projet de loi de finances, « en fonction des marges de manœuvre financières ». Dans son propos, il évoque « une sous-indexation, voire une non-indexation » de la prime.
Ce gel s’inscrit dans un arbitrage plus large. Le gouvernement s’est engagé à indexer à 100 % sur l’inflation le RSA, le minimum vieillesse et l’allocation aux adultes handicapés. La prime d’activité, elle, n’a jamais figuré dans la liste des protections. « Il faut lire en creux », a répondu le ministre, interrogé sur ce silence.
Cinquante euros de plus en avril, un gel en préparation pour 2027
Le contraste est net avec la politique menée jusqu’ici. Au 1er avril 2026, l’exécutif avait décidé de revaloriser la prime de 50 euros en moyenne. Elle concerne 4,52 millions d’allocataires au troisième trimestre 2025, selon le gouvernement, pour un coût évalué à près de 11 milliards d’euros par an. Ce supplément de revenu, destiné aux travailleurs modestes, avait été considérablement rehaussé après la crise des « gilets jaunes ».
Une fois la revalorisation accordée, la non-indexation en réduit mécaniquement la valeur réelle : à montant figé, l’inflation érode chaque année ce que la prime permet d’acheter. Pour un salarié modeste dont la prime représente une part notable du revenu, l’effet se fera sentir dès 2027.
La Cour des comptes avait déjà ciblé la prime
Ce gel n’arrive pas sans avertissement. Dans un rapport publié mi-juin, la Cour des comptes jugeait la prime d’activité « mal ciblée » et « peu incitative ». Elle recommandait notamment de mettre fin à l’éligibilité des apprentis et des salariés en cumul emploi-retraite, deux catégories pour lesquelles la prime « ne joue aucun rôle incitatif à l’emploi », pour une économie de plus de 300 millions d’euros par an. Elle suggérait aussi de verser le bonus individuel dès le premier euro, afin d’inclure les personnes à temps partiel, souvent pauvres.
Rien n’est encore tranché
À ce stade, il s’agit d’une annonce, pas d’une décision définitive. Le ministre a précisé que la mesure se ferait « par décret » et que le gouvernement avait « le temps de décider » : « On va voir comment le budget avance et jusqu’où il faut aller dans le gel, pas gel, le gel partiel de la prime d’activité. » L’étendue exacte de la mesure dépendra donc de l’issue des débats budgétaires.
À retenir
- Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a annoncé le 24 septembre que la prime d’activité « pourrait être gelée » en 2027.
- La prime concerne 4,52 millions d’allocataires et coûte près de 11 milliards d’euros par an ; elle a été revalorisée de 50 euros en avril.
- Le RSA, le minimum vieillesse et l’AAH restent indexés à 100 % ; la prime d’activité n’est pas protégée.
- Il s’agit d’une annonce, pas d’une décision : gel total ou partiel, l’arbitrage aura lieu au projet de loi de finances.
Question aux lecteurs
Ce sondage recueille l’avis des lecteurs de L’Esprit Français et ne constitue pas une enquête représentative de la population.
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Pour aller plus loin
- Le Figaro — la prime d’activité « pourrait être gelée »
- TF1 Info — l’interview du ministre sur LCI
- Public Sénat — budget 2027 : qui sera touché par les économies
- Les Échos — les pistes d’économies sur les allocations
L’annonce du gel éventuel de la prime d’activité provient de la déclaration de Jean-Pierre Farandou sur LCI le 24 septembre 2026, reprise par Le Figaro (groupe Dassault), TF1/LCI (groupe Bouygues), Public Sénat, Les Échos (LVMH) et franceinfo. Les chiffres (4,52 millions d’allocataires, coût de près de 11 milliards d’euros, revalorisation de 50 euros en avril) sont ceux du gouvernement, cités par Le Figaro. Le rapport de la Cour des comptes (mi-juin) est une source distincte. Le gel reste une annonce : ni son étendue ni son calendrier ne sont arrêtés, la mesure devant passer par décret à l’issue du projet de loi de finances.



