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De la surface des faits à la profondeur des idées

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Procès Dati : l’ex-ministre plaide le dilettantisme parlementaire pour écarter le trafic d’influence

Procès Dati : l'ex-ministre plaide le dilettantisme parlementaire pour écarter le trafic d'influence
Procès Dati : l'ex-ministre plaide le dilettantisme parlementaire pour écarter le trafic d'influence

Une défense inattendue. Jugée depuis le 17 septembre pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire Renault-Nissan, l’ancienne ministre Rachida Dati a choisi, lundi 21 septembre, une ligne pour le moins singulière : plaider qu’elle n’avait aucune influence à monnayer. Eurodéputée « dilettante », peu visible et peu active, elle ne pouvait pas, selon sa défense, avoir servi de relais occulte du constructeur automobile au Parlement européen.

900 000 euros et une question centrale

Entre 2009 et 2012, Rachida Dati a perçu 900 000 euros du groupe Renault-Nissan, via une convention d’honoraires signée avec l’entreprise alors dirigée par Carlos Ghosn. Le Parquet national financier (PNF) soupçonne un pacte de corruption et un lobbying illégal mené, entre octobre 2009 et février 2013, pour le compte du constructeur, alors qu’elle siégeait au Parlement européen. L’ancienne garde des Sceaux, aujourd’hui maire du 7e arrondissement de Paris, risque jusqu’à dix ans de prison, cinq ans d’inéligibilité et 450 000 euros d’amende.

« J’ai exercé comme avocate »

Face aux juges du tribunal correctionnel de Paris, elle conteste toute influence. « J’ai signé un contrat d’avocate et j’ai exercé comme avocate », a-t-elle assuré lundi, sans pouvoir produire de document attestant précisément de ce travail. « Il y a des éléments que je ne pouvais pas garder, et ce n’est pas une infraction pénale ! », s’est-elle défendue, écartant tout « contact avec aucun lobbyiste ».

Le dilettantisme comme stratégie

Le cœur de la défense est paradoxal : pour écarter le trafic d’influence, Rachida Dati plaide qu’elle n’avait pas d’influence. Les trois questions parlementaires liées à l’automobile et les prises de position favorables au constructeur, résumées dans une note adressée à Carlos Ghosn en février 2013, auraient été rédigées par ses assistants. « C’était eux qui identifiaient un sujet », affirme-t-elle : « je ne modifiais jamais quoi que ce soit ». Sur une note de juillet 2012 où elle poussait Ghosn à prendre le leadership sur la standardisation de la prise de recharge des véhicules électriques, elle nuance : « je l’ai sensibilisé, je n’ai pas influé ».

Un absent de marque : Carlos Ghosn

Le principal témoin manque à l’audience. Carlos Ghosn, également poursuivi, est jugé en son absence : réfugié au Liban, il est hors de portée des justices française et japonaise. Rachida Dati assure qu’il était « tout à fait au courant » des modalités de la convention d’honoraires — sans que l’intéressé puisse le confirmer à la barre. Le procès est prévu jusqu’au 28 septembre, avant un verdict renvoyé à une date ultérieure.

À retenir

  • Rachida Dati est jugée à Paris pour corruption passive, trafic d’influence passif et recel d’abus de pouvoir et de confiance, dans l’affaire Renault-Nissan.
  • Elle a perçu 900 000 euros du groupe entre 2009 et 2012 et risque jusqu’à dix ans de prison.
  • Sa défense repose sur le dilettantisme parlementaire : elle plaide n’avoir eu aucune influence à monnayer.
  • Carlos Ghosn, co-accusé, est jugé en son absence ; le procès dure jusqu’au 28 septembre.

Question aux lecteurs

Ce sondage recueille l’avis des lecteurs de L’Esprit Français et ne constitue pas une enquête représentative de la population.

Pour aller plus loin

Les faits — le procès en cours pour corruption passive, trafic d’influence passif et recel d’abus de pouvoir et d’abus de confiance dans l’affaire Renault-Nissan ; les 900 000 euros perçus entre 2009 et 2012 ; les peines encourues ; l’absence de Carlos Ghosn — reposent sur des origines éditoriales distinctes (Le Monde, L’Obs, Midi Libre, RTL et l’agence AFP). Les déclarations de Rachida Dati sont des prises de position de la prévenue, contestées par l’accusation, et non des faits établis : la qualification des honoraires — travail d’avocate ou rémunération d’un mandat — est précisément l’objet du débat judiciaire. Rachida Dati bénéficie de la présomption d’innocence.

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