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De la surface des faits à la profondeur des idées

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Point quotidien de la présidentielle : la primaire de la gauche a ouvert son premier tour

Urne transparente et isoloir dans un bureau de vote
Image éditoriale générée par IA, non documentaire.

Le premier tour de la primaire de la gauche social-démocrate est ouvert depuis vendredi 9 octobre à 8 heures. Jusqu’à samedi 20 heures, 140 282 inscrits doivent départager cinq candidats pour désigner le candidat de cette sensibilité à l’élection présidentielle de 2027, avec Raphaël Glucksmann donné favori. Le même jour, Édouard Philippe a précisé son intention de légiférer par ordonnances dès l’été s’il est élu, et Jordan Bardella a de nouveau contesté les accusations d’antisémitisme dirigées contre lui.

Primaire de la gauche : le vote est ouvert

Le premier tour de la primaire organisée par le Parti socialiste, Place publique et la Gauche républicaine et socialiste a débuté vendredi 9 octobre à 8 heures. Il se referme samedi 10 octobre à 20 heures, et le résultat doit être proclamé dans la soirée, avant 20 h 30 selon les organisateurs. Le vote est entièrement électronique. Cinq candidats sont en lice : Raphaël Glucksmann (Place publique), Olivier Faure, Ségolène Royal et Jérôme Guedj (Parti socialiste) et Emmanuel Maurel (Gauche républicaine et socialiste).

Le corps électoral compte 140 282 inscrits, un chiffre supérieur aux prévisions des organisateurs et déjà détaillé dans notre point quotidien du 8 octobre. Si aucun candidat n’atteint la majorité absolue au premier tour, un second tour opposera les deux finalistes les vendredi 16 et samedi 17 octobre ; les électeurs qui n’auraient pas pu voter au premier tour peuvent encore s’inscrire jusqu’au lundi 12 octobre.

Le scrutin s’est ouvert dans des conditions perturbées. Selon la commission d’organisation, la plateforme de vote e-votez a subi dès l’ouverture une cyberattaque consistant en un « afflux massif et fictif de connexions » généré par des robots. La commission affirme que le vote n’a pas été interrompu et que l’intégrité des votes enregistrés n’est pas compromise, sans préciser l’origine de l’attaque. Cet épisode fait l’objet d’un article distinct dans nos Actualités.

Une primaire fermée dans une gauche toujours divisée

Le scrutin est une primaire fermée. Seuls peuvent voter les adhérents à jour de cotisation du Parti socialiste, de Place publique et de la Gauche républicaine et socialiste, ainsi que les personnes ayant versé une contribution, 15 euros ou 10 euros au tarif social, avant le 5 octobre pour le premier tour et avant le 12 octobre pour un éventuel second tour. Le corps électoral de 140 282 inscrits reste sans commune mesure avec les quelque 2,6 millions de votants de la primaire socialiste de 2011, un écart qui tient aux conditions d’accès autant qu’au contexte politique.

Ailleurs à gauche, le vote ne désigne pas un candidat unique. Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) est déjà candidat et tiendra un meeting au Havre le 5 décembre. Marine Tondelier porte une candidature écologiste autonome, comme Delphine Batho pour Génération écologie, Fabien Roussel pour le Parti communiste et François Ruffin sous la bannière Debout !. Hors primaire également, Bernard Cazeneuve et Karim Bouamrane poursuivent leur propre démarche, et François Hollande doit faire connaître sa décision en décembre. Le vainqueur de la primaire ne sera donc pas automatiquement le représentant de toute la gauche, ce que plusieurs des intéressés reconnaissent eux-mêmes.

Faure contre Glucksmann, la dernière passe d’armes avant le vote

La veille de l’ouverture, les deux favoris de la primaire se sont affrontés par déclarations interposées. Olivier Faure a reproché jeudi à Raphaël Glucksmann de défendre « une option centriste » et jugé qu’une victoire de l’eurodéputé signerait, selon lui, « l’effacement » du Parti socialiste, relevant qu’« il n’y a pas de socialiste candidat à l’élection présidentielle » dans cette hypothèse. Raphaël Glucksmann a répondu qu’il serait « le candidat du Parti socialiste comme il l’a déjà été », en s’appuyant sur les soutiens qu’il revendique chez les élus et les militants socialistes. Ségolène Royal a pour sa part évoqué une « disparition du PS » en cas de victoire de son concurrent.

Ces échanges relèvent de déclarations de campagne et d’appréciations personnelles sur les conséquences d’un résultat, et non de faits établis sur l’issue du vote. La primaire se déroule après trois débats télévisés, les 23 septembre, 1er et 4 octobre, dont le premier avait réuni les cinq candidats.

À l’extérieur du périmètre de la primaire, François Ruffin (Debout !) a regretté, sur France Info, un scrutin trop restreint. Il s’est dit favorable à « une primaire qui serait allée de Philippe Poutou à François Hollande » et a dénoncé une « barrière à l’entrée » qui, selon lui, écarte les électeurs les plus modestes. Sa formation ne participe pas au vote, pas plus que Les Écologistes de Marine Tondelier, le Parti communiste de Fabien Roussel ou l’ancien président François Hollande, qui trancherait en décembre sur une éventuelle candidature.

Édouard Philippe veut légiférer par ordonnances dès juillet

Interrogé jeudi soir dans l’émission « L’Heure de vérité » sur France 2, Édouard Philippe a détaillé la méthode qu’il entend suivre en cas d’élection. Le candidat d’Horizons projette de présenter « dès juillet » 2027 une vingtaine d’ordonnances, après la nomination d’un gouvernement, une dissolution et l’élection d’une nouvelle Assemblée, afin qu’elles entrent en vigueur « dès l’automne ». « Il faudra aller vite », a-t-il justifié, en fixant un objectif : que le pays soit « commandé et gouverné ».

Le maire du Havre a également indiqué qu’il ne comptait pas résider au palais de l’Élysée s’il était élu, rappelant que, Premier ministre entre 2017 et 2020, il rentrait le plus souvent chez lui. Il s’agit là de déclarations de campagne et de projets annoncés, et non de décisions prises : leur mise en oeuvre supposerait une majorité parlementaire et le déclenchement d’une dissolution, ainsi que l’autorisation du Parlement pour recourir à des ordonnances sur des sujets donnés. L’émission a réuni environ six millions de téléspectateurs en audience cumulée selon France Télévisions. Pour situer le parcours et les positions du candidat, voir notre portrait-bilan d’Édouard Philippe.

Bardella conteste les accusations d’antisémitisme et annonce une plainte

Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a de nouveau contesté, sur LCI, les accusations d’antisémitisme formulées contre lui à partir d’une enquête de Mediapart portant sur des messages attribués à son compte en 2013. Il a déclaré « contester formellement » ces accusations et indiqué qu’une plainte pour faux et usage de faux était en préparation. Un sondage Ifop pour LCI, publié le même jour, indique que 39 % des personnes interrogées se disent convaincues par sa défense et que son image n’apparaît pas profondément détériorée auprès de l’ensemble des sondés.

L’affaire oppose des messages que le député européen reconnaît avoir reçus ou relayés à une qualification d’antisémitisme qu’il récuse : les deux positions relèvent, à ce stade, de la controverse publique et de procédures annoncées, et non d’une décision de justice. Nous avons consacré un article de fond à ce que la justice peut juger de ces écrits. Par ailleurs, selon Politico, le maire de Nice et président de l’UDR, Éric Ciotti, prendra la parole au congrès du Rassemblement national prévu à Orléans le 25 octobre, où Jordan Bardella doit être réélu à la présidence du parti.

Les autres faits du jour

Sur l’école, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a annoncé l’arrivée de 3 000 professeurs remplaçants dans plus de 500 lycées, les proviseurs disposant de plusieurs centaines de milliers d’heures supplémentaires pour ces remplacements. Du côté du bloc central, Gabriel Attal, candidat de Renaissance, tient un meeting à Lyon le samedi 10 octobre, alors que la question d’une candidature unique face à Édouard Philippe reste ouverte. Bruno Le Maire, qui a lancé son mouvement d’idées au mois d’août, a répété qu’il ferait connaître sa décision en octobre.

Pour resituer cette campagne, voir les portraits-bilans de Raphaël Glucksmann, d’Olivier Faure, de Marine Le Pen, de Juan Branco et de David Lisnard, ainsi que le point quotidien du 8 octobre sur le financement des campagnes. L’ensemble du dossier est réuni dans la rubrique Présidentielle.

Ce que le calendrier impose désormais

  • 9 et 10 octobre : premier tour de la primaire de la gauche.
  • 10 octobre : meeting de Gabriel Attal à Lyon.
  • 12 octobre : date limite d’inscription pour voter à un éventuel second tour de la primaire.
  • 13 octobre : début de l’examen du budget 2027 dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.
  • 16 et 17 octobre : second tour de la primaire de la gauche, si nécessaire.
  • 25 octobre : congrès du Rassemblement national à Orléans.
  • 7 novembre : convention de La France insoumise au Bourget.
  • 5 décembre : meeting de Jean-Luc Mélenchon au Havre.
  • 12 mars 2027 : date limite de dépôt des 500 parrainages d’élus au Conseil constitutionnel.
  • 18 avril et 2 mai 2027 : premier et second tours de l’élection présidentielle.

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