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Sécurité économique : la France étend sa vigilance des grands groupes aux PME face à l’espionnage

Sécurité économique : la France étend sa vigilance des grands groupes aux PME face à l'espionnage
Sécurité économique : la France étend sa vigilance des grands groupes aux PME face à l'espionnage

Réunies jeudi 24 septembre à Bercy pour leurs premières Assises de la sécurité économique, les autorités élargissent une protection longtemps pensée pour les seuls grands groupes stratégiques. Un rapport parlementaire remis en juillet conclut que la menace — espionnage, débauchages agressifs, fake news — s’étend désormais aux PME et ETI. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a demandé une « doctrine globale » au SISSE d’ici la fin de l’année, et le rapport propose de créer un délit d’espionnage industriel.

Un rapport parlementaire qui élargit le champ

La démarche part d’un constat posé au printemps par le Premier ministre Sébastien Lecornu : le contexte économique et géopolitique « renforçait les besoins de protection des actifs stratégiques de l’économie française ». Le déclencheur immédiat avait été la vente de l’entreprise française de défense LMB Aerospace à l’américain Loar Group, qui avait suscité des protestations à droite comme à gauche.

Une mission parlementaire a été confiée aux députés Christophe Plassard (Horizons), Jean-Louis Thiériot (Droite républicaine) et Charles Rodwell (Ensemble pour la République). Leur rapport, « La sécurité économique de la France », remis le 21 juillet 2026, conclut à l’intensification et à la diversification des menaces. À sa présentation, Roland Lescure avait posé le cadre : « Les enjeux de sécurité économique sont bien plus larges que les seuls enjeux capitalistiques liés à l’acquisition de telle ou telle entreprise. Il y a des enjeux d’espionnage, des enjeux de cybersécurité, des enjeux de marchés. »

Des PME et ETI « en première ligne »

Le basculement se joue sur la cible. Le contrôle des investissements étrangers — déjà exercé par Bercy dès qu’un acteur non européen veut acquérir 10 % des droits de vote d’une société cotée (ou 25 % d’une non cotée) dans un secteur stratégique — visait d’abord les grandes entreprises. Or, selon les spécialistes réunis ce jeudi à Bercy, rapportés par Les Échos, « la menace pour les entreprises tricolores ne cesse de s’amplifier ».

Le quotidien économique précise la répartition des alertes : la moitié proviennent de sujets liés à l’évolution du capital d’une entreprise, et un tiers de sujets cyber, d’intelligence artificielle ou numériques. Le député Christophe Plassard insiste sur le maillon faible : « On sait que nos pépites, et parfois les plus fragiles — qui sont souvent des sous-traitants —, se trouvent plutôt en région. On pense qu’il faut muscler le dispositif. »

Vers une doctrine globale et un délit d’espionnage industriel

Roland Lescure a demandé au Service de l’information stratégique et de la sécurité économique (SISSE) de Bercy de rédiger, « d’ici la fin de l’année », une « doctrine globale » sur la sécurité économique, destinée à préserver l’autonomie stratégique du pays. La Direction générale des entreprises précise que ces Assises doivent « aboutir à un diagnostic partagé sur la typologie des risques et des réponses immédiates », mais aussi anticiper l’évolution de la menace.

Parmi les recommandations les plus marquantes, le rapport parlementaire plaide pour un « changement radical de posture », vers une approche « plus offensive ». Il propose notamment la création d’une incrimination pénale pour espionnage industriel, une meilleure garantie des droits de l’État sur la recherche et développement privée financée sur fonds publics, et l’étude de nouveaux secteurs — transport aérien, médicament, produits culturels. Il recommande aussi un ancrage territorial, avec une personne dédiée à ces questions dans les conseils régionaux, et la possibilité pour l’Agence des participations de l’État de réinvestir ses dividendes dans des secteurs stratégiques.

À retenir

  • Les premières Assises de la sécurité économique se tiennent le 24 septembre à Bercy, autour du ministre Roland Lescure.
  • Un rapport parlementaire remis le 21 juillet conclut à l’intensification des menaces : espionnage, cybersécurité, marchés — au-delà du seul contrôle du capital.
  • La protection s’élargit des grands groupes stratégiques aux PME et ETI, cibles d’espionnage, de débauchages agressifs et de fake news.
  • Une « doctrine globale » est attendue du SISSE d’ici la fin de l’année ; le rapport propose un délit d’espionnage industriel.
  • Il s’agit de recommandations et d’annonces : aucune mesure législative n’est encore adoptée.

Question aux lecteurs

Ce sondage recueille l’avis des lecteurs de L’Esprit Français et ne constitue pas une enquête représentative de la population.

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Pour aller plus loin

Les Assises de la sécurité économique se tiennent le 24 septembre 2026 au ministère de l’Économie (Bercy). Le rapport « La sécurité économique de la France » a été remis le 21 juillet 2026 par les députés Christophe Plassard, Jean-Louis Thiériot et Charles Rodwell, à la demande du Premier ministre Sébastien Lecornu. Les faits sont établis par le rapport parlementaire (Assemblée nationale), l’annonce du ministre Roland Lescure (AFP/France 24), la Direction générale des entreprises et le SISSE (Bercy), et des recoupements de presse (Les Échos, Portail de l’IE). Il s’agit de recommandations et d’annonces : aucune mesure législative n’est encore adoptée, la « doctrine globale » étant attendue d’ici la fin de l’année. La répartition des alertes (moitié capital, un tiers cyber/IA/numérique) est rapportée par Les Échos, à partir des données du SISSE non détaillées publiquement.

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