La France compte 661 000 ascenseurs, selon la Fédération des ascenseurs, qui représente 90 % de l’activité du secteur. 1 appareil sur 4 a plus de 40 ans. Le remplacer ne dépend ni de l’âge ni de la santé de ceux qui l’empruntent. La décision se prend en assemblée générale, et la facture est répartie entre les propriétaires. Voilà pourquoi vieillir chez soi bute souvent sur une porte d’ascenseur.
Plan
- Quel âge a votre ascenseur ?
- Combien en avons-nous, à côté des voisins ?
- Qui décide de le remplacer ?
- Qui paie, et combien ?
- Que fait l’aide publique ?
- Que disent les pannes ?
- Ce qui reste incertain.
Quel âge a votre ascenseur ?
40 % des appareils ont plus de 25 ans, et 25 % dépassent 40 ans, selon les chiffres publiés par la Fédération des ascenseurs. Le logement en concentre 60 %, soit 396 600 appareils, dont 80 % en copropriété. La profession installe 10 à 11 000 appareils neufs par an.
La modernisation progresse. Elle atteint 255 millions d’euros en 2025, 8,5 % de plus qu’en 2024, selon les résultats 2025 de la fédération, publiés par Batiweb. Il reste faible au regard du parc : au prix plancher de 30 000 euros par appareil, 255 millions d’euros représentent environ 8 500 rénovations par an. Il faudrait près de 20 ans pour traiter les 165 000 ascenseurs de plus de 40 ans.
Combien en avons-nous, à côté des voisins ?
La France compte 9 ascenseurs pour 1 000 habitants, selon la fédération citée par Les Échos Études. L’Italie en a 17 et l’Espagne 22. Près de la moitié des habitants d’immeubles collectifs n’en ont aucun. En 2030, près d’1 Français sur 4 aura plus de 65 ans, selon l’Insee.
L’appareil est pourtant le premier transport du pays, avec 100 millions de trajets par jour, toujours selon la fédération.
Qui décide de le remplacer ?
L’assemblée générale des copropriétaires. Remplacer un appareil vétuste par un appareil du même type se vote à la majorité simple, dite de l’article 24, selon l’Agence nationale d’information sur le logement. Cette majorité se calcule sur les voix exprimées : les abstentionnistes ne comptent pas. Une minorité motivée peut donc engager tous les autres.
Installer un ascenseur dans un immeuble qui n’en a pas relève en revanche de la majorité absolue, dite de l’article 25. Le seuil est plus haut quand il faut percer la cage d’escalier. La taxe sur les logements vides suit la même logique : la commune vote, ou pas, le taux maximum. Les locataires paient des charges, mais ne votent pas.
Qui paie, et combien ?
Les propriétaires, réunis en syndicat, selon la clé de répartition des charges. Un remplacement complet coûte de l’ordre de 30 000 euros pour un appareil desservant 5 niveaux, selon le site spécialisé MonImmeuble. Pour un immeuble haut, la facture atteint plusieurs centaines de milliers d’euros. À Paris Habitat, 4 appareils ont coûté entre 850 000 et 900 000 euros, gros œuvre compris, selon idealista.
S’y ajoute l’entretien courant, environ 1 950 euros par an en moyenne, selon le comparateur Travaux.com.
Le sujet dépasse l’ascenseur. Les équipements collectifs qui vieillissent se paient toujours au même endroit : chez les propriétaires du bâtiment. Le réseau téléphonique en cuivre s’éteint ainsi alors que la fibre manque encore dans 939 communes. Au bord de mer, la démolition de maisons peut incomber aux propriétaires.
Que fait l’aide publique ?
MaPrimeAdapt’, l’aide de l’État pour adapter les logements à la perte d’autonomie, finance 50 % ou 70 % des travaux réalisés dans le logement, selon France Rénov’. Pour les parties communes d’une copropriété, le plafond est de 10 000 euros. Les exemples cités par le service public sont les mains courantes, la porte d’entrée motorisée et la rampe d’accès. La modernisation de l’ascenseur n’y figure pas.
La Fédération des ascenseurs demande l’élargissement de MaPrimeAdapt’ et de MaPrimeRénov’ à ces travaux. Elle a soutenu 7 amendements, c’est-à-dire 7 modifications au projet de loi sur le logement. 3 ont été adoptés en commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, dont 2 pour le parc social. Leur adoption définitive dépend encore de la suite du débat parlementaire.
Que disent les pannes ?
La fédération annonce 99 % de disponibilité et une remise en route en moins de 4 heures en moyenne. France 2 a recensé près de 1,5 million de pannes par an, dans une enquête publiée le 1er septembre 2026. Les deux chiffres ne se contredisent pas : une moyenne de 4 heures laisse passer des mois.
À Marseille, des locataires vivent sans ascenseur depuis des mois, rapporte Le Parisien. À Mulhouse, dans une copropriété de 14 étages, les appareils sont restés en panne 2 ans. L’enquête de France 2 décrit aussi un marché dominé par 4 grands groupes, où une pièce introuvable suffit à immobiliser un appareil.
À observer : ce reportage date de novembre 2025, avant les chiffres cités ici. Il montre une copropriété de 14 étages à Mulhouse, privée d’ascenseurs pendant 2 ans, et les arbitrages quotidiens des habitants qui ne peuvent plus sortir.
Ce qui reste incertain
Personne ne publie le nombre d’appareils hors service à un instant donné. Les chiffres de disponibilité viennent de la profession, qui n’a pas d’intérêt à les voir baisser. Le coût varie trop, selon la hauteur et l’état de la gaine, pour qu’une moyenne suffise à préparer un budget. Les amendements peuvent encore disparaître au cours du débat.
Peu d’ascenseurs, et un parc qui vieillit
À gauche : nombre d’appareils pour 1 000 habitants. À droite : part du parc français par âge.
La politique du grand âge promet de vieillir chez soi. Le bâtiment décide à la place des personnes : une assemblée de propriétaires vote l’ascenseur, et le locataire de 80 ans n’y siège pas. Tant que la rénovation des appareils restera un choix privé, l’autonomie dépendra du vote des autres.
Opinion de la maison, pas un fait.
- 1 ascenseur sur 4 en France a plus de 40 ans, et le parc compte 661 000 appareils.
- Remplacer un appareil usé se vote à la majorité simple, sur les voix exprimées seulement.
- L’aide pour les parties communes plafonne à 10 000 euros, et la modernisation de l’ascenseur n’est pas dans la liste.
- La profession affiche 99 % de disponibilité, tandis que 1,5 million de pannes sont recensées chaque année.
Vieillir chez soi suppose donc un vote, et une cotisation, avant de supposer des aides.



