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Poissy : l’élection municipale de mars 2026 annulée, la maire fait appel devant le Conseil d’État

Bureau de vote désert avec isoloir à rideau gris et urne transparente sur une table
Image éditoriale générée par IA, non documentaire.

Le tribunal administratif de Versailles a annulé, jeudi 8 octobre 2026, l’élection municipale de Poissy (Yvelines) des 15 et 22 mars 2026. Les juges retiennent que des « manœuvres » attribuées à une liste concurrente, arrivée sixième au premier tour, ont été « de nature à altérer les résultats ». La maire, Sandrine Berno Dos Santos, a annoncé faire appel devant le Conseil d’État. Cet appel est suspensif : le conseil municipal élu en mars reste en fonction jusqu’à la décision définitive.

Ce qu’a jugé le tribunal

Le tribunal administratif de Versailles a annulé le scrutin de mars 2026 conformément aux conclusions de son rapporteur public, présentées à l’audience du 24 septembre 2026, rapporte le site local Infos Yvelines. Deux recours étaient examinés ce jour-là : celui du député Karl Olive, rejeté, et celui de Mathieu Paranthoën, à la tête de la liste « Mieux vivre Poissy, la gauche et l’écologie avec vous », qui a été suivi.

Selon le compte rendu qu’en donne ICI (France Bleu, Radio France), la juridiction a considéré que la liste « Poissy Debout ! » avait revendiqué le soutien de personnalités politiques de premier plan alors que ce soutien « a été démenti par les personnalités en cause et par leurs mouvements respectifs », et qu’elle avait entretenu une confusion dans l’esprit des électeurs en se prévalant des associations « Les Écolos » et « Yvelines socialistes », alors que seule la liste de M. Paranthoën bénéficiait du soutien officiel du Parti socialiste et des Écologistes.

Les conclusions du rapporteur public détaillent ces griefs, selon Infos Yvelines : usage, pendant la campagne, des logos du Mouvement des citoyens et du Parti radical de gauche sans que ces partis aient donné leur soutien ; logos d’associations dont l’existence officielle, par dépôt à l’Inpi, ne remontait qu’à avril 2026, soit après le scrutin ; photomontages associant la liste à François Hollande, Raphaël Glucksmann et Bernard Cazeneuve ; citation de soutien attribuée à Bernard Cazeneuve mais en réalité recueillie lors des élections législatives de 2024. Le tribunal a donc jugé, selon les termes repris par ICI, que les manœuvres d’un candidat avaient été « de nature à altérer les résultats du scrutin du premier tour ».

Les chiffres du scrutin

Au premier tour, le 15 mars 2026, Karl Olive avait obtenu 42,61 % des suffrages et Sandrine Berno Dos Santos 32,42 %. La liste de Mathieu Paranthoën s’était arrêtée à 9,56 %, soit 1 271 voix, à 58 ou 59 voix seulement du seuil de 10 % nécessaire pour accéder au second tour. La liste « Poissy Debout ! », menée par Maxime Legrand, avait recueilli 3,49 % des suffrages et 464 voix, selon Infos Yvelines et ICI.

Au second tour, le 22 mars, la maire sortante, Sandrine Berno Dos Santos, avait recueilli 52,96 % des voix, soit 6 876 suffrages et 33 sièges, contre 47,04 % et 6 108 voix pour Karl Olive, sur un conseil municipal de 43 sièges, précise Infos Yvelines.

Ce que change l’annulation

La maire, présentée comme divers droite, a dit regretter cette décision « profondément ». « Cette décision, qui annule le scrutin sur la base de griefs qui ne nous concernent pas directement, est une décision que nous avons du mal à entendre », a-t-elle écrit sur son compte Facebook, citée par ICI. Elle y annonce faire appel et attendre « la décision définitive du Conseil d’État qui n’arrivera qu’après un processus de plusieurs mois ».

Il s’agit d’une déclaration de l’élue, non d’un jugement sur le fond du dossier. Le point de droit, lui, est établi : en vertu de l’article L. 250 du code électoral, les conseillers municipaux dont l’élection est contestée restent en fonction jusqu’à ce qu’il soit définitivement statué sur le litige. L’appel devant le Conseil d’État est ouvert dans le délai d’un mois après la notification du jugement, et il est suspensif. Concrètement, la municipalité élue en mars 2026 continue de gérer la ville ; si le Conseil d’État confirme l’annulation, de nouvelles élections seront organisées, comme le rappellent Infos Yvelines et ICI.

La décision n’oblige donc pas la ville à retourner aux urnes immédiatement, contrairement à ce que le mot « annulation » suggère souvent. Elle place en revanche la municipalité dans une situation durable : gouverner avec une élection contestée, pendant un délai que les deux parties annoncent de plusieurs mois.

Une série d’annulations après les municipales de mars 2026

Le cas de Poissy n’est pas isolé. Selon le site spécialisé Maire-info, dans une édition du 30 septembre 2026, plusieurs élections municipales ont été annulées ou étaient en passe de l’être dans des communes de taille importante après le scrutin de mars : Vénissieux et Vaulx-en-Velin dans le Rhône, Étampes en Essonne, Montargis dans le Loiret, Noisy-le-Sec et Villetaneuse en Seine-Saint-Denis, et Saint-Fons dans le Rhône, où le rapporteur public avait conclu en ce sens.

Les motifs varient : irrégularités dans les dossiers de candidature de listes concurrentes, vidéo jugée diffamatoire entre les deux tours à Montargis, signatures divergentes sur les listes d’émargement à Étampes. Maire-info souligne que, dans plusieurs de ces affaires, les services préfectoraux, chargés de contrôler les dossiers au moment du dépôt, n’ont pas repéré les irrégularités invoquées ensuite par la justice, et rattache cette question à la réduction de leurs effectifs. Il s’agit d’une analyse de ce site spécialisé, et non d’une conclusion des tribunaux.

À retenir

  • Le tribunal administratif de Versailles a annulé le 8 octobre 2026 l’élection municipale de Poissy des 15 et 22 mars 2026, en retenant des « manœuvres » de campagne « de nature à altérer les résultats » du premier tour.
  • Les griefs portent sur la liste « Poissy Debout ! », créditée de 3,49 % des voix au premier tour, et non sur la liste de la maire élue ; le recours avait été déposé par la liste de Mathieu Paranthoën, écartée du second tour à 58 ou 59 voix près.
  • Sandrine Berno Dos Santos, maire de Poissy, a annoncé faire appel devant le Conseil d’État ; cet appel est suspensif, de sorte que le conseil municipal élu en mars reste en fonction.
  • En cas de confirmation par le Conseil d’État, de nouvelles élections municipales seront organisées dans la commune.
  • Selon le site spécialisé Maire-info, plusieurs autres communes, dont Vénissieux, Vaulx-en-Velin, Étampes, Montargis et Noisy-le-Sec, ont vu leur élection municipale annulée après mars 2026, pour des motifs variables.

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Pour aller plus loin

Méthode : le fait central, l’annulation par le tribunal administratif de Versailles de l’élection municipale de Poissy le 8 octobre 2026, est établi par des travaux de rédaction distincts, ceux du Monde, de La Croix, de franceinfo / ICI (Radio France) et du site local Infos Yvelines, ainsi que par Ouest-France et actu.fr. Les motifs précis du jugement sont repris des conclusions du rapporteur public telles que les rapportent Infos Yvelines et ICI ; le jugement lui-même n’a pas été lu dans son intégralité et aucune citation n’est attribuée directement au tribunal. Réserves : la décision est frappée d’appel et n’est donc pas définitive ; elle ne met en cause ni la conduite ni la probité de la liste de la maire, les griefs retenus visant une autre liste ; les conséquences pratiques dépendent de la décision du Conseil d’État, qui n’a pas encore statué. Le contexte des autres annulations repose sur une source spécialisée unique, Maire-info, et sur son analyse propre des causes, qui n’engage pas les juridictions. Les détails de propriété des médias cités et les pièces de recoupement figurent dans le journal de production.

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