Le tribunal administratif d’Orléans a annoncé jeudi 24 septembre 2026 l’annulation de la victoire du Rassemblement national à l’élection municipale de Montargis (Loiret). En cause : la diffusion d’une vidéo à caractère diffamatoire quelques jours avant le second tour, dans un scrutin que le candidat RN Côme Dunis n’avait remporté que de 59 voix.
Une vidéo diffamatoire entre les deux tours
Le jugement retient « la diffusion sur les réseaux sociaux, entre les deux tours, d’une vidéo accusant Bruno Nottin de faux en écriture publique ». Pour le tribunal, cette irrégularité est « établie » : les propos présentent « un caractère diffamatoire » et ont été « largement diffusés, en particulier par Côme Dunis », le candidat lui-même. Bruno Nottin, greffier au tribunal de Montargis, dénonçait de son côté « une vidéo absolument scandaleuse consultée 24 000 fois ».
La logique du juge tient en une phrase : « La diffusion d’un message à caractère diffamatoire peut influencer le choix d’une partie des électeurs et fausser ainsi les résultats du scrutin », en particulier « quand il y a un faible écart de voix ». C’est précisément le cas à Montargis.
59 voix d’écart dans une ville symbolique
Aux municipales de mars 2026, Côme Dunis l’avait emporté avec 34,64 % des suffrages au second tour, dans une triangulaire, devant le communiste Bruno Nottin (33,10 %) et le maire sortant Benoît Digeon (divers droite, 32,26 %). L’abstention avait atteint près de 47 %.
Montargis, 15 000 habitants, était dirigée par la droite depuis 2001. Marquée par les émeutes urbaines de juin 2023, la ville compte près d’un tiers de sa population sous le seuil de pauvreté. Sa bascule figurait parmi les « conquêtes silencieuses » du RN aux municipales, aux côtés de Menton, Carcassonne ou Castres.
Le recours avait été déposé par les deux autres candidats de la liste d’union à gauche, Bruno Nottin (PCF) et Dalip Vehapi (PS), qui dénonçaient « mensonges, calomnies, vidéos diffamatoires, communication après la fin de la campagne officielle, pressions ».
Au-delà du cas local, l’affaire illustre un mécanisme national : le Code électoral s’applique de la même manière aux 35 000 communes françaises, et le juge administratif vérifie la loyauté de chaque scrutin contesté.
Un maire déjà démissionnaire, et de nouvelles élections
L’ironie de la situation : Côme Dunis avait déjà démissionné de ses fonctions de maire début août, pour raisons médicales, remplacé par son adjoint à la sécurité, l’ancien policier Dominique Coquelle. L’annulation ne chasse donc pas un maire en exercice ; elle frappe le résultat du scrutin lui-même.
Les parties et le préfet du Loiret disposent d’un mois pour faire appel devant le Conseil d’État. À défaut d’appel, ou si le jugement est confirmé, de nouvelles élections devront être organisées dans les trois mois.
À retenir
- Le tribunal administratif d’Orléans annule la victoire du RN à Montargis, en raison d’une vidéo diffamatoire diffusée entre les deux tours.
- Le candidat Côme Dunis l’avait emporté de 59 voix (34,64 % au second tour), dans une triangulaire.
- Le maire avait déjà démissionné début août pour raisons médicales.
- Un mois pour faire appel devant le Conseil d’État ; à défaut, de nouvelles élections dans les trois mois.
Question aux lecteurs
Ce sondage recueille l’avis des lecteurs de L’Esprit Français et ne constitue pas une enquête représentative de la population.
À lire aussi
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Pour aller plus loin
- Le Figaro — le tribunal administratif invalide la victoire du RN (24 septembre 2026)
- La Croix — le tribunal administratif annule la victoire du RN à Montargis
- Libération — le tribunal administratif annule la victoire du RN à Montargis
- TF1 Info — la victoire du RN à Montargis annulée par le tribunal administratif
Le fait central — l’annulation de la victoire du RN à Montargis par le tribunal administratif d’Orléans — est établi par le jugement lui-même, cité mot à mot par Le Figaro, Libération, La Croix et TF1 Info, quatre médias relevant de groupes de presse distincts (Dassault, fonds pour une presse indépendante, Bayard, Bouygues). La qualification de « diffamatoire » et les expressions entre guillemets proviennent du tribunal. L’affirmation selon laquelle la vidéo a pu « influencer le choix d’une partie des électeurs » est l’appréciation du juge, pas un constat mesuré par une étude. La décision reste susceptible d’appel devant le Conseil d’État dans un délai d’un mois.




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