L’ouverture générale de la chasse s’étale ce mois-ci, département par département. Deux réalités chiffrées s’opposent — les accidents reculent sur le temps long, mais les infractions à la sécurité augmentent — et, sur fond de sécheresse, la décision revient désormais aux préfets, au plus près des territoires.
Une sécurité qui s’améliore sur le temps long
Sur la saison 2025-2026, l’Office français de la biodiversité (OFB) a recensé 92 accidents de chasse au total, un niveau stable, conforme à la moyenne des six dernières saisons. C’est la sixième année consécutive sous la moyenne des vingt dernières années, établie à 128 accidents par an.
Le bilan n’est pourtant pas univoque. Après un plancher de 6 accidents mortels lors des saisons 2022-2023 et 2023-2024, leur nombre est remonté à 11 sur la saison 2024-2025.
Des infractions à la sécurité en hausse
Lors de sa campagne de contrôle menée entre le 29 novembre et le 14 décembre 2025, l’OFB a réalisé 1 361 contrôles auprès de 9 564 chasseurs, lors de 2 695 actions de chasse. Les agents ont relevé 459 infractions, dont 246 liées à la sécurité — un chiffre en hausse par rapport aux 214 de l’année précédente.
Il s’agit le plus souvent d’absence de port du gilet fluorescent, de conditions de tir non respectées ou du transport d’une arme non démontée ou déchargée dans un véhicule. Seize permis de chasser ont par ailleurs été retirés en lien avec des blessures corporelles ou des accidents graves de matériel.
Qui décide ? Les préfets, au cas par cas
Cette saison s’ouvre dans un contexte exceptionnel. Au 1er août, 1 373 petits cours d’eau suivis par le réseau ONDE étaient en rupture d’écoulement ou à sec, et plus de 40 % des cours d’eau affichaient un débit anormalement bas. Après les mégafeux de l’été, plusieurs préfets ont limité l’accès aux massifs forestiers.
L’association Aspas a écrit à 44 préfets pour demander le report de l’ouverture générale ; la LPO, par la voix d’Allain Bougrain-Dubourg, plaide pour un « état des lieux » avant de décider. Dans le Var comme en Gironde, des arrêtés préfectoraux interdisent ou restreignent la chasse dans les secteurs les plus touchés.
Face à cela, le président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, relativise : « Il n’y a rien à chasser » dans les zones brûlées, et peu de chasseurs iront « se promener dans 50 000 hectares cramés ».
À retenir
- 92 accidents de chasse sur la saison 2025-2026, sixième année consécutive sous la moyenne des vingt dernières années.
- Mais 246 infractions à la sécurité relevées lors de la campagne de contrôle, en hausse sur un an.
- Après la sécheresse et les incendies, la décision revient aux préfets, qui restreignent l’ouverture au cas par cas (Var, Gironde).
- Les associations demandent un report ; la FNC estime qu’il n’y a « rien à chasser » dans les zones brûlées.
Question aux lecteurs
Ce sondage recueille l’avis des lecteurs de L’Esprit Français et ne constitue pas une enquête représentative de la population.
Pour aller plus loin
- Le bilan des accidents et incidents de chasse — OFB (PDF)
- Les chiffres de la campagne de contrôle — La Nouvelle République
- Les associations demandent un report — BFMTV
- La décision au cas par cas des préfets — TF1 Info
Les chiffres de sécurité sont ceux publiés par l’OFB pour la saison 2025-2026 ; les dates d’ouverture varient selon les départements et les espèces, fixées par arrêté préfectoral.



