Le Sénat ne se renouvelle pas au suffrage direct. Dimanche 27 septembre, 178 des 348 sièges sont remis en jeu dans 64 circonscriptions, et ce sont 93 469 grands électeurs, composés à 95,2 % de délégués des conseils municipaux désignés le 5 juin, qui départageront 1 685 candidats. Deux modes de scrutin, un vote obligatoire et une règle de désignation qui donne à chaque commune une voix, quelle que soit sa population.
Qui vote dimanche : 93 469 élus locaux
Les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect pour six ans, et le Sénat est renouvelé par moitié tous les trois ans. La série 1, renouvelée en 2023, compte 170 sièges ; la série 2, renouvelée dimanche, en compte 178. Ce découpage fait du Sénat une assemblée permanente : il n’est jamais renouvelé en entier et ne peut pas être dissous. La Constitution lui confie la représentation des collectivités territoriales, et la circonscription est le département, pas la fraction de département comme pour les députés.
Le collège électoral de chaque département réunit les députés, les sénateurs, les conseillers régionaux et départementaux, et surtout les délégués des conseils municipaux. Pour le scrutin de 2026, le Sénat recense 93 469 grands électeurs, dont 88 937 délégués des conseils municipaux, soit 95,2 % du collège ; le ministère de l’Intérieur parle de son côté de « près de 94 000 grands électeurs ». Sont concernés 63 départements, cinq collectivités d’outre-mer (Guyane, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Wallis-et-Futuna, Polynésie française) et la moitié des sièges des Français établis hors de France : au total, 64 circonscriptions.
Le cadre est fixé par le décret n° 2026-301 du 21 avril 2026, publié au Journal officiel du 22 avril, qui convoque les collèges électoraux. Les candidatures ont été déposées du 7 au 11 septembre. Le Sénat a publié ses statistiques définitives : 1 685 candidats titulaires (hors suppléants du scrutin majoritaire), 232 listes dont 84 conduites par une femme, une moyenne d’âge de 55 ans et cinq mois, 134 sénateurs candidats — 75,28 % des sortants — et 44 sénateurs qui ne se représentent pas.
Majoritaire ou proportionnel : deux élections en une
Le mode de scrutin dépend du nombre de sièges à pourvoir dans la circonscription. Dans les départements qui élisent un ou deux sénateurs, l’élection est majoritaire à deux tours, organisés le même jour : le premier tour le matin, de 8 h 30 à 11 heures, le second l’après-midi, de 15 h 30 à 17 h 30. Pour être élu au premier tour, il faut la majorité absolue des suffrages exprimés et un nombre de voix au moins égal au quart des électeurs inscrits ; au second tour, la majorité relative suffit.
Dans les départements qui élisent trois sénateurs ou plus, l’élection est proportionnelle de liste à un tour, à la plus forte moyenne, les listes étant composées alternativement d’un candidat de chaque sexe. Cette année, 59 sièges (33,15 %) sont pourvus au majoritaire dans 34 circonscriptions et 119 sièges (66,85 %) au proportionnel dans 30 circonscriptions. Le seuil de la proportionnelle a été abaissé de cinq à trois sénateurs en 2013 : le Sénat indique que 255 des 348 sénateurs sont désormais élus de cette façon, contre environ la moitié avant la réforme.
Le collège se construit commune par commune
Les délégués des conseils municipaux ont été désignés le 5 juin 2026, à la suite des élections municipales des 15 et 22 mars. Le collège qui vote dimanche est donc, pour l’essentiel, le produit du scrutin municipal de mars : les conseils municipaux des communes de moins de 9 000 habitants ont élu leurs délégués, les autres siégeant de droit ou désignant des délégués supplémentaires.
La répartition obéit à un barème par tranches de population, fixé par les articles L. 283 à L. 293 du code électoral : un délégué pour une commune de moins de 500 habitants, trois de 500 à 1 499, cinq de 1 500 à 2 499, sept de 2 500 à 3 499, quinze de 3 500 à 8 999. À partir de 9 000 habitants, tous les conseillers municipaux sont délégués de droit, et au-delà de 30 000 habitants des délégués supplémentaires sont désignés en proportion de la population. Un arrêté préfectoral fixe, commune par commune, le nombre de délégués et de suppléants à élire.
Chaque commune pèse donc d’abord par son existence même. Public Sénat, la chaîne du Sénat, en tire une conséquence politique connue : les petites communes sont « structurellement surreprésentées » dans le collège sénatorial, ce qui explique selon elle que la chambre haute n’ait connu une majorité de gauche que trois ans — de 2011 à 2014 — depuis 1875.
Autre particularité : l’élection sénatoriale est la seule pour laquelle le vote est obligatoire pour les membres du collège électoral, qui encourent une amende de 100 euros en cas d’abstention sans motif. Le fichier de résultats publié par le ministère de l’Intérieur pour le précédent renouvellement (24 septembre 2023, série 1) permet de le mesurer : dans les 45 circonscriptions qu’il recense, 76 678 des 77 808 grands électeurs inscrits ont voté, soit 98,5 %.
Six sièges pour 534 grands électeurs : les Français de l’étranger
Les Français établis hors de France ne votent pas dans ce collège. Ils sont représentés par douze sénateurs, renouvelés par moitié, dont six sièges sont remis en jeu dimanche. Depuis la réforme de 2013, leur collège électoral est distinct et compte 534 grands électeurs : 11 députés, 12 sénateurs, 443 conseillers des Français de l’étranger — élus au suffrage direct dans 130 conseils consulaires — et 77 délégués consulaires dont le seul rôle est d’être grands électeurs, afin de corriger les écarts démographiques entre circonscriptions. Le scrutin est proportionnel et se tient au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, à Paris, entre 9 et 15 heures ; les électeurs peuvent aussi remettre leur vote en mains propres à un ambassadeur ou à un chef de poste consulaire.
Ce que change la chambre renouvelée
Le Sénat sortant reste dominé par la droite et le centre. Sa composition officielle, mise à jour le 26 septembre, est la suivante : 131 sénateurs pour le groupe Les Républicains, 64 pour le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain, 59 pour l’Union centriste, 20 pour Les Indépendants – République et Territoires, 19 pour le groupe RDPI, 18 pour le CRCE-K, 17 pour le RDSE, 16 pour le groupe Écologiste – Solidarité et Territoires, et 4 sénateurs ne figurant sur la liste d’aucun groupe.
Le Rassemblement national y compte trois sénateurs, élus en 2023 dans le Pas-de-Calais, le Nord et la Seine-et-Marne : aucun de ces trois sièges n’est remis en jeu dimanche, ces départements relevant de l’autre série, renouvelée en 2029. Pour former un groupe au Palais du Luxembourg, il faut dix membres, contre quinze à l’Assemblée nationale. Le directeur de campagne du RN, Ludovic Pajot, a déclaré en septembre 2025 à Public Sénat vouloir « doubler voire tripler » le nombre de sénateurs du parti ; La France insoumise espère de son côté y faire son entrée. Ces objectifs sont des déclarations de campagne, pas des résultats.
Les nouveaux sénateurs entrent en fonction le 1er octobre. La chambre haute examinera ensuite le projet de loi de finances pour 2027, qu’elle étudie après l’Assemblée nationale. Le Sénat présente une autre particularité institutionnelle : il ne peut pas être dissous et son président assure l’intérim de la présidence de la République en cas de vacance, le temps d’organiser l’élection.
Ce que ces chiffres ne disent pas
Aucune projection n’est possible ici. Le vote est secret et la composition du Sénat de dimanche est inconnue : les pronostics de « poussée » d’un camp reposent sur des déclarations de partis et sur le lien mécanique entre municipales et sénatoriales, pas sur une mesure. Trois précisions de méthode accompagnent les chiffres ci-dessus. Le total de 93 469 grands électeurs est celui publié par le Sénat pour la série 2 ; le ministère de l’Intérieur retient « près de 94 000 ». La participation de 98,5 % est calculée sur le fichier de résultats de 2023, qui porte sur les 45 circonscriptions alors renouvelées (77 808 inscrits) et non sur l’ensemble du Sénat. Enfin, le coût consolidé de l’organisation du scrutin n’est pas publié dans les pièces consultées : il n’est donc pas chiffré ici.
À retenir
- 178 des 348 sièges du Sénat sont renouvelés dimanche 27 septembre, dans 64 circonscriptions (63 départements, cinq collectivités d’outre-mer et six sièges des Français de l’étranger).
- Le collège compte 93 469 grands électeurs, dont 88 937 délégués des conseils municipaux (95,2 %), désignés le 5 juin 2026 après les municipales de mars.
- Deux scrutins : 59 sièges au majoritaire dans 34 circonscriptions, 119 au proportionnel dans 30 circonscriptions ; depuis 2013, 255 des 348 sénateurs sont élus à la proportionnelle.
- 1 685 candidats titulaires, 232 listes, 44 sénateurs sortants qui ne se représentent pas ; 134 sortants sont candidats.
- Le vote est obligatoire pour les grands électeurs, sous peine d’une amende de 100 euros : en 2023, la participation a atteint 98,5 % dans les circonscriptions renouvelées.
- La composition sortante donne 131 sièges au groupe Les Républicains et trois au Rassemblement national ; il faut dix sénateurs pour former un groupe.
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Question aux lecteurs
Ce sondage recueille l’avis des lecteurs de L’Esprit Français et ne constitue pas une enquête représentative de la population.
Pour aller plus loin
- Sénat : site officiel des élections sénatoriales du 27 septembre 2026
- Sénat : livret des statistiques définitives des candidatures
- Sénat : liste des sénateurs par groupes politiques (mise à jour du 26 septembre 2026)
- Vie publique : élections sénatoriales, l’essentiel des règles
- data.gouv.fr : résultats des élections sénatoriales de 2023 (ministère de l’Intérieur)
- LCP – Assemblée nationale : le scrutin fixé au 27 septembre, calendrier et modalités
Le fait central — le renouvellement, dimanche 27 septembre 2026, de 178 des 348 sièges du Sénat au suffrage universel indirect, par un collège de 93 469 grands électeurs composé à 95,2 % de délégués des conseils municipaux désignés le 5 juin 2026 — est établi par des origines réellement distinctes : le site officiel du Sénat pour les élections sénatoriales 2026 et le livret des statistiques définitives des candidatures (Sénat) ; les pages du ministère de l’Intérieur sur les élections sénatoriales et leur décryptage ; le décret n° 2026-301 du 21 avril 2026 portant convocation des collèges électoraux, publié au Journal officiel du 22 avril et relayé par les services de l’État ; la page de résultats du ministère de l’Intérieur pour le renouvellement de 2023 (jeu de données publié sur data.gouv.fr) ; et, pour le contexte politique, LCP – Assemblée nationale et Public Sénat. Les fondements juridiques cités sont les articles L. 283 à L. 293 du code électoral et l’article R. 131 sur l’arrêté préfectoral de répartition des délégués. Réserves : aucun résultat ni projection n’est avancé, le vote étant secret et postérieur à la rédaction ; les objectifs du Rassemblement national et de La France insoumise sont des déclarations de campagne attribuées à leurs auteurs ; le total de grands électeurs diffère légèrement entre le Sénat (93 469) et le ministère de l’Intérieur (« près de 94 000 ») ; la participation de 2023 (98,5 %) est calculée sur les 45 circonscriptions de la série 1 présentes dans le fichier de résultats, et non sur l’ensemble du Sénat ; le coût d’organisation du scrutin n’est pas publié.




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