L’EPR de Flamanville (Manche), le réacteur le plus puissant du parc nucléaire français, sera mis à l’arrêt le samedi 26 septembre 2026 pour sa « première visite complète ». Cette opération de maintenance, obligatoire et prévue pour durer 350 jours — près d’un an —, ne répond à aucun incident. Elle doit notamment permettre de remplacer le couvercle de la cuve, défectueux depuis l’origine du chantier. Avant de s’éteindre, le réacteur avait produit 7 térawattheures (TWh) depuis le début de l’année.
350 jours d’arrêt, une étape obligatoire
La « première visite complète » — dite VC1 — est imposée à toute nouvelle installation nucléaire dans les 30 mois suivant le premier chargement du combustible. Pour l’EPR, ce chargement a eu lieu en mai 2024. L’échéance tombe donc cet automne.
Le chantier mobilisera environ 2 500 personnes et près de 20 000 opérations de maintenance, de contrôle et de vérification, pour un coût de plusieurs centaines de millions d’euros. Si le calendrier est tenu, le redémarrage interviendrait vers la fin de l’été 2027. La durée est prévisionnelle : un dépassement n’est pas exclu.
Le couvercle de la cuve, l’héritage du chantier hors norme
Parmi les interventions les plus sensibles figure le remplacement du couvercle de la cuve du réacteur. Cet équipement critique présente depuis l’origine un excès de carbone dans son acier — l’un des défauts qui ont contribué aux douze ans de retard du chantier, mis en service fin 2024.
L’opération est particulièrement attendue par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Elle constitue un passage obligé pour sécuriser l’avenir opérationnel du réacteur : une fois cette visite achevée, l’EPR pourra fonctionner comme n’importe quelle autre tranche du parc français.
Sept térawattheures en neuf mois, et après ?
Avant de s’arrêter, l’EPR a produit 7 TWh sur les neuf premiers mois de 2026, un volume conforme aux attentes après avoir atteint sa pleine puissance fin 2025. À lui seul, le réacteur développe une capacité d’environ 1 600 mégawatts.
Cet arrêt, qui court sur tout l’hiver prochain, retire donc du réseau pendant près d’un an la plus grosse unité de production du pays. Le site de Flamanville dans son ensemble — trois réacteurs — a injecté 16,5 TWh en 2025, soit environ 4,5 % de la production du parc nucléaire français. La maintenance de l’EPR intervient alors que la question de la sécurité d’approvisionnement électrique, et de la place du nucléaire dans la souveraineté énergétique, demeure un enjeu central pour les mois à venir.
À retenir
- L’EPR de Flamanville, réacteur le plus puissant du parc français (environ 1 600 MW), s’arrête le 26 septembre 2026 pour sa « première visite complète », prévue pour durer 350 jours.
- Ce n’est pas un incident : la visite est obligatoire dans les 30 mois suivant le premier chargement du combustible (mai 2024).
- Elle comprend le remplacement du couvercle de la cuve, défectueux depuis l’origine (excès de carbone), l’un des défauts d’un chantier achevé avec douze ans de retard.
- Environ 2 500 personnes et près de 20 000 opérations, pour plusieurs centaines de millions d’euros ; redémarrage attendu vers la fin de l’été 2027.
- Avant l’arrêt, l’EPR avait produit 7 TWh sur les neuf premiers mois de 2026.
Question aux lecteurs
Ce sondage recueille l’avis des lecteurs de L’Esprit Français et ne constitue pas une enquête représentative de la population.
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Pour aller plus loin
- EDF — actualités réglementaires du réacteur n°3 de Flamanville
- Le Monde — l’EPR au repos forcé durant près d’un an (24 septembre 2026)
- Ouest-France — une opération de maintenance XXL
- SFEN — l’arrêt obligatoire de 350 jours fixé au 26 septembre 2026
Le calendrier (arrêt le 26 septembre 2026, durée prévisionnelle de 350 jours) a été annoncé par EDF et repris par Le Monde, Ouest-France et Les Échos, trois médias relevant de groupes de presse distincts. L’exigence d’une « première visite complète » dans les 30 mois suivant le premier chargement du combustible relève de la réglementation de sûreté nucléaire. Le remplacement du couvercle de la cuve, dont l’acier présente un excès de carbone depuis l’origine, est une intervention annoncée et attendue par l’Autorité de sûreté nucléaire ; les montants (« plusieurs centaines de millions d’euros ») et le nombre d’opérations (près de 20 000) sont des ordres de grandeur communiqués par EDF, susceptibles d’évoluer. La durée de 350 jours est prévisionnelle. La production de 7 TWh sur neuf mois est rapportée par Le Monde.



