Derrière la flambée à la pompe, le levier est d’abord diplomatique. À la veille de l’Assemblée générale de l’ONU, Emmanuel Macron a rencontré Donald Trump à New York et lui a proposé plusieurs initiatives face à l’envolée des prix du pétrole : une résolution du Conseil de sécurité garantissant la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, la sécurisation « strictement défensive » des infrastructures pétrolières saoudiennes, et une « trêve énergétique » en Ukraine.
Une rencontre « très constructive » à la veille du débat général
L’entretien a eu lieu lundi 21 septembre au soir, dès l’arrivée du président français à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies. Emmanuel Macron l’a qualifié de « très constructive ». Les deux dirigeants ont abordé le pétrole, l’Ukraine et le Moyen-Orient — trois dossiers noués autour d’une même tension : la fermeture du détroit d’Ormuz, qui renchérit l’énergie mondiale et pèse directement sur les prix à la pompe en France.
Rouvrir Ormuz : une résolution au Conseil de sécurité
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du commerce mondial d’hydrocarbures, est bloqué depuis le début de la guerre entre l’Iran et les États-Unis, fin février. La France veut « travailler avec les Américains et ses partenaires sur une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU garantissant la liberté de navigation », a précisé une source diplomatique citée par l’AFP.
Le président français a fait état d’une « volonté de rouvrir Ormuz » et de « libérer des volumes ». Sans accord global, « plusieurs solutions ont été évoquées » pour « faire passer davantage de porte-conteneurs et de tankers », a-t-il indiqué à des journalistes. Une mission multinationale d’une quarantaine d’États, montée par la France et le Royaume-Uni pour sécuriser le détroit par le déminage, existe déjà — mais elle est conditionnée à un arrêt des hostilités et a suscité jusqu’ici peu d’intérêt de la part de Donald Trump.
Sécuriser Yanbu et l’oléoduc Est-Ouest
La France se dit aussi prête à œuvrer à la « sécurisation » d’infrastructures énergétiques saoudiennes visées par les rebelles houthis du Yémen, dans une « approche strictement défensive ». Pourraient ainsi être protégés la ville portuaire de Yanbu, sur la mer Rouge, et l’oléoduc Est-Ouest, voie d’exportation cruciale du brut saoudien capable d’acheminer jusqu’à 7 millions de barils par jour en contournant Bab el-Mandeb et Ormuz.
Ce volet prolonge la lecture faite depuis l’automne : frapper Yanbu, c’est viser la route de secours par laquelle l’Arabie saoudite écoule son pétrole vers l’Europe et l’Asie depuis la fermeture d’Ormuz. Protéger ces installations, pour Paris, revient à défendre une chaîne d’approvisionnement dont dépendent les prix européens.
Une « trêve énergétique » en Ukraine
Emmanuel Macron a également évoqué, à l’issue d’un entretien avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, la « perspective d’une trêve énergétique et d’un moratoire en mer Noire ». Il a plaidé auprès de Donald Trump pour « aider encore plus vite et plus fort nos amis ukrainiens en termes de missiles intercepteurs », alors que les Européens redoutent que Washington se désengage du soutien à l’Ukraine.
À retenir
- Emmanuel Macron a rencontré Donald Trump lundi soir à New York et proposé une résolution de l’ONU pour rouvrir le détroit d’Ormuz (≈20 % du commerce mondial d’hydrocarbures).
- La France se dit prête à sécuriser « défensivement » Yanbu et l’oléoduc Est-Ouest, cibles des houthis.
- Il a aussi évoqué une « trêve énergétique » en Ukraine et davantage de missiles intercepteurs.
- Ce sont des propositions annoncées, pas des accords : la mission multinationale existante n’a jusqu’ici pas convaincu Trump.
Question aux lecteurs
Ce sondage recueille l’avis des lecteurs de L’Esprit Français et ne constitue pas une enquête représentative de la population.
Pour aller plus loin
- Macron propose plusieurs initiatives à Trump face à l’envolée des prix du pétrole — AFP
- Macron et sa « volonté de rouvrir Ormuz » — RTL
- Macron qualifie de « très constructive » sa rencontre avec Trump — La Dépêche du Midi
- Carburants : le volet français de la crise énergétique — TF1 Info
Les faits — rencontre Macron–Trump lundi 21 septembre à New York, propositions d’une résolution de l’ONU sur Ormuz, de sécurisation « défensive » de Yanbu et de l’oléoduc Est-Ouest, « trêve énergétique » en Ukraine — reposent sur des sources distinctes (dépêche AFP fondée sur l’Élysée et une source diplomatique, RTL/M6, TF1/Bouygues, La Dépêche du Midi). Ce sont des propositions annoncées par le président et son entourage, pas des accords conclus : la faisabilité d’une résolution au Conseil de sécurité et l’acceptation américaine restent incertaines, et la mission multinationale existante est conditionnée à un arrêt des hostilités. Le chiffre de « 20 % du commerce mondial d’hydrocarbures » et la capacité de 7 millions de barils par jour de l’oléoduc Est-Ouest proviennent du contexte de l’AFP. Les déclarations (Macron, source diplomatique) sont attribuées à leurs auteurs.




Un commentaire