Le CHU de Nantes a reconnu, lundi 5 octobre 2026, que deux décès de nouveau-nés survenus dans ses unités de réanimation néonatale et de soins intensifs de néonatologie étaient imputables à des infections nosocomiales. L’établissement confirme une succession d’épisodes infectieux dans ces services depuis 2022 ; une seule épidémie reste en cours, celle liée au staphylocoque doré résistant à la méticilline (SARM). Un audit conduit en janvier 2026 a relevé la « persistance de pratiques non conformes », selon Presse Océan.
Ce que l’établissement confirme
Dans un communiqué relayé par l’AFP, le CHU de Nantes indique que « plusieurs épisodes infectieux ont affecté les unités de réanimation néonatale et de soins intensifs de néonatalogie », et que « deux décès reconnus comme imputables » ont été « déplorés ». Selon Presse Océan, qui a révélé l’information, ces deux décès ont été enregistrés depuis l’été 2025. L’établissement précise que deux cas de méningite ont également été détectés chez des nouveau-nés, sans indiquer combien d’enfants ont été concernés au total par les différentes infections relevées.
Le CHU ajoute que « les épisodes ayant entraîné les conséquences les plus graves sont aujourd’hui maîtrisés » et qu’« une seule épidémie demeure en cours, celle liée au SARM », qui « fait l’objet d’une surveillance renforcée et aucun décès ne lui est directement imputable à ce jour ». À la date de la publication du communiqué, l’établissement n’avait pas répondu aux questions de l’AFP sur les pratiques relevées par l’audit.
Les deux unités concernées prennent en charge près de 850 nouveau-nés chaque année.
Une crise documentée depuis 2022
L’enquête de Presse Océan, reprise par Ouest-France, situe le point de départ au mois de juillet 2022 : les services de réanimation et de soins intensifs de néonatologie font face, depuis cette date, à une succession d’épidémies liées à des bactéries décrites comme d’une virulence extrême. Le quotidien régional indique avoir obtenu copie d’une lettre de mission datée du 1er juin 2026, signée du directeur général du CHU, Philippe El Saïr, et du président de la commission médicale d’établissement, le professeur Karim Asehnoune.
Ce courrier énonce que les deux services sont touchés par une épidémie de SARM « de souche identique », qui expose les nouveau-nés, et mentionne deux épisodes épidémiques nouveaux apparus à partir de l’été 2025, l’un lié à l’Adénovirus, l’autre au Bacillus cereus. Trois experts en risques infectieux, extérieurs à l’établissement, ont été mandatés pour auditer les pratiques.
Un audit et des résultats attendus
Le CHU indique qu’un audit a été réalisé en janvier 2026 par le Centre d’appui pour la prévention des infections associées aux soins (CPIAS) des Pays de la Loire. Selon Presse Océan, cet audit a relevé la « persistance de pratiques non-conformes, concernant à la fois le personnel médical, paramédical et les intervenants extérieurs au service ». Une seconde mission d’expertise externe a été mandatée en juin 2026 pour évaluer les pratiques en place et analyser les facteurs pouvant favoriser la transmission des bactéries ; ses résultats sont attendus « prochainement », selon l’établissement.
Ces éléments sont, à ce stade, des constats documentaires et des déclarations : la chaîne exacte des responsabilités n’est pas établie publiquement, et le nombre total d’enfants touchés n’est pas connu.
Ce que cela dit de la surveillance des infections nosocomiales
Le cas nantais renvoie à un dispositif national. Les infections nosocomiales sont celles contractées au cours ou au décours d’une prise en charge hospitalière. La dernière enquête nationale de prévalence publiée par Santé publique France, conduite un jour donné en 2022 et coordonnée avec le Réseau de prévention des infections associées aux soins (Repias) et les CPIAS, estimait à 5,71 % la part des patients hospitalisés présentant au moins une telle infection, soit un patient sur dix-huit. La prévalence est plus élevée dans certains services que d’autres, relève l’agence.
La néonatologie figure parmi les services les plus exposés : les nouveau-nés prématurés ou de faible poids ont des défenses immunitaires encore immatures et subissent des gestes invasifs répétés. C’est ce qui donne à la situation nantaise une portée qui dépasse un seul établissement : elle interroge la capacité des services à prévenir et à interrompre durablement les transmissions croisées, et la manière dont ces épisodes sont portés à la connaissance du public.
À retenir
- Le CHU de Nantes a confirmé le 5 octobre 2026 que deux décès de nouveau-nés dans ses unités de néonatologie étaient imputables à des infections nosocomiales ; selon Presse Océan, ils sont intervenus depuis l’été 2025.
- Deux cas de méningite ont aussi été détectés chez des nouveau-nés ; le nombre total d’enfants concernés n’est pas connu.
- Une seule épidémie reste en cours, liée au SARM ; le CHU affirme qu’aucun décès ne lui est directement imputable à ce jour et que les épisodes les plus graves sont maîtrisés.
- Un audit du CPIAS Pays de la Loire de janvier 2026 a relevé, selon Presse Océan, la « persistance de pratiques non-conformes » ; une mission d’experts externes de juin 2026 doit rendre ses conclusions.
- Les deux services prennent en charge près de 850 nouveau-nés par an ; à l’échelle nationale, Santé publique France estimait en 2022 qu’un patient hospitalisé sur dix-huit présentait au moins une infection nosocomiale.
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Question aux lecteurs
Le CHU de Nantes reconnaît que deux nouveau-nés sont morts d’infections nosocomiales dans ses services de néonatologie, après plusieurs épisodes depuis 2022. Comment jugez-vous la réponse de l’établissement ?
Sondage sans valeur représentative : il reflète l’avis des lecteurs qui choisissent d’y répondre, et non celui de la population française.
Pour aller plus loin
- Décès de nouveau-nés, experts missionnés, pratiques non-conformes : le CHU de Nantes touché par de virulentes bactéries (Ouest-France / Presse Océan, 5 octobre 2026)
- Deux décès de nouveau-nés imputables à des infections nosocomiales au CHU de Nantes (AFP via France 24, 5 octobre 2026)
- Nantes : deux décès de nouveau-nés au CHU imputables à des infections nosocomiales (20 Minutes / AFP, 5 octobre 2026)
- Infections nosocomiales et traitements anti-infectieux en établissements de santé : résultats de l’enquête nationale de prévalence 2022 (Santé publique France)
- Communiqués de presse du CHU de Nantes (site officiel)
Méthode : le fait central, la reconnaissance par le CHU de Nantes de deux décès de nouveau-nés imputables à des infections nosocomiales dans ses unités de néonatologie, est établi par des origines réellement distinctes : le communiqué de l’établissement repris par l’AFP (France 24, BFMTV, 20 Minutes, Le Télégramme, Le Parisien), l’enquête originale de Presse Océan reproduite par Ouest-France, et la reprise régionale de France 3 Pays de la Loire. La lettre de mission du 1er juin 2026 et le constat de « pratiques non-conformes » proviennent de Presse Océan : ils sont présentés comme tels et n’ont pas été confirmés par l’établissement, qui n’a pas répondu aux questions de l’AFP. Les données nationales de prévalence sont attribuées à Santé publique France (enquête 2022) ; une même dépêche reprise par plusieurs titres ne compte que pour une seule origine.



