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Miel 2026 : une récolte en recul, deux organisations et deux chiffres

Miel 2026 : une récolte en recul, deux organisations et deux chiffres
Miel 2026 : une récolte en recul, deux organisations et deux chiffres

Après un été de vagues de chaleur, la récolte française de miel 2026 recule. L’interprofession InterApi l’estime à environ 33 700 tonnes, en baisse de 2,5 % sur un an ; le syndicat Unaf retient une fourchette beaucoup plus basse, de 18 000 à 20 000 tonnes. Les deux organismes s’accordent sur la cause, les canicules, et sur un constat plus ancien : la France produit moins de la moitié du miel qu’elle consomme.

Deux mesures pour un même été

L’interprofession des produits de la ruche, InterApi, reconnue par les pouvoirs publics, a publié le 1er octobre 2026 une estimation précoce : environ 33 700 tonnes de miel pour 2026, contre 34 568 tonnes en 2025, soit un recul de 2,5 %. Le rendement moyen s’établirait à 23,9 kg par ruche, contre 24,6 kg en 2025, tout en restant supérieur à la moyenne des dix dernières années. Le chiffre vient d’une enquête menée par Agrex Consulting auprès de 986 apiculteurs, au moment où 92,1 % de la production avait été récoltée, et il s’appuie sur les déclarations de ruches de la Direction générale de l’alimentation.

L’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) donne, elle, « entre 18 000 et 20 000 tonnes » pour 2026, après « 23 à 25 000 tonnes en 2025 », un niveau qu’elle présente comme record depuis vingt ans. Son président, Christian Pons, évoque des « conséquences catastrophiques sur les récoltes », tous territoires confondus.

Les deux estimations ne sont pas construites de la même façon, et l’écart est trop large pour se réduire à un arrondi. InterApi extrapole un échantillon de près de mille exploitations sur les quelque 67 000 que compte le pays. L’Unaf agrège les remontées de ses syndicats départementaux et de membres de son conseil d’administration, croisées avec des données de négociants, d’importations et de consommation ; elle parle explicitement d’une « fourchette », pas d’un bilan à la tonne près. Aucune des deux n’a encore été confirmée par l’Observatoire de la production de miel de FranceAgriMer, qui fait référence, et la récolte n’est pas terminée : elle court jusqu’en novembre, notamment pour l’arbousier de Corse.

Un printemps favorable, un été brûlé

Les deux organisations décrivent la même chronologie. Un hiver doux et humide a réveillé les colonies tôt, parfois dès la mi-janvier, et un printemps favorable a soutenu les miels « toutes fleurs » et de colza : InterApi estime la production « toutes fleurs » à près de 8 084 tonnes (+66 % par rapport à 2025) et celle de colza à 3 447 tonnes (+40 %). Le tournant se situe fin mai, quand les canicules se sont enchaînées. « Les périodes caniculaires ont fortement pénalisé les miellées d’été, notamment le tournesol et la lavande », résume l’interprofession.

Chez les apiculteurs, le récit est le même, plus concret. « Dès le début de juin, les abeilles n’ont pas pu travailler comme d’habitude à cause des vagues de chaleur », explique à l’AFP Henri Clément, apiculteur en Lozère et porte-parole de l’Unaf. Les miels de printemps « ont sauvé la saison de plusieurs apiculteurs », mais lavande, sapin et bruyère d’été sont restés « confidentiels », et le tournesol, qui a longtemps représenté plus de la moitié de la production nationale, « n’a quasiment rien donné » cette année.

Le climat ne pèse pas partout de la même manière : InterApi relève des rendements allant de 14,8 kg par ruche en Provence-Alpes-Côte d’Azur à 32,1 kg en Bourgogne-Franche-Comté. Elle signale aussi une « inadéquation » entre ce que les ruches produisent et ce que les consommateurs achètent.

Le frelon asiatique reste une pression

La chaleur a aussi affecté le principal prédateur de l’abeille domestique, le frelon asiatique (Vespa velutina), mais sa « pression reste importante dans la quasi-totalité des régions », note InterApi. L’Unaf redoute même de « graves mortalités à la sortie de l’hiver », en associant la sécheresse persistante jusqu’à la fin septembre, qui bloque la ponte des reines, à la prédation du frelon.

Arrivé en 2004 dans le Sud-Ouest, l’insecte a colonisé la quasi-totalité du territoire métropolitain. La loi du 14 mars 2025, adoptée à l’unanimité, a créé un plan national de lutte contre le frelon asiatique à pattes jaunes, que précise un décret du 29 décembre 2025, ainsi qu’un dispositif d’indemnisation des pertes subies par les exploitations apicoles. Le projet de plan national, prévu sur six ans et structuré en trois axes, est passé par une consultation publique. Les organisations apicoles continuent néanmoins de juger les moyens engagés insuffisants.

Ce que la France ne produit pas

Derrière le chiffre de la récolte, l’Unaf rappelle un déséquilibre structurel : « la France produit moins de la moitié de ses besoins pour sa consommation », et les conditionneurs importeraient chaque année « plus de 30 000 tonnes de miels à bas prix ». Le secteur est très fragmenté, ce qui complique toute mesure : selon le syndicat, environ 2 000 apiculteurs ne vivent que de cette activité, autour de 4 000 sont pluriactifs, et 65 000 producteurs « familiaux » représentent environ 40 % de la production nationale.

Un étiquetage plus strict depuis juin

Sur ce marché, une règle a changé cette année. Depuis le 14 juin 2026, l’étiquetage du miel doit mentionner tous les pays de récolte, par ordre décroissant de poids, avec le pourcentage de chaque origine. Cette obligation découle de la directive européenne dite « petit-déjeuner » adoptée en 2024. InterApi, qui réclamait cette transparence, y voit un moyen de rendre lisibles les mélanges et de défendre la production française face aux miels importés.

À retenir

  • InterApi estime la production française de miel 2026 à environ 33 700 tonnes, en recul de 2,5 % par rapport à 2025 ; l’Unaf retient 18 000 à 20 000 tonnes.
  • Les deux organismes attribuent la baisse aux canicules de fin mai et de l’été, après un printemps favorable aux miels de colza et « toutes fleurs ».
  • Le frelon asiatique reste une pression importante ; la loi du 14 mars 2025 a créé un plan national de lutte et un dispositif d’indemnisation.
  • Selon l’Unaf, la France produit moins de la moitié du miel qu’elle consomme et importe plus de 30 000 tonnes par an.
  • Depuis le 14 juin 2026, l’étiquetage doit détailler tous les pays de récolte et leurs pourcentages.

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Question aux lecteurs

La France importe plus de la moitié du miel qu’elle consomme, et la récolte 2026 recule. Que faudrait-il faire en priorité ?

Sondage sans valeur représentative : il reflète l’avis des lecteurs qui choisissent d’y répondre, et non celui de la population française.

Pour aller plus loin

Méthode : le fait central, un recul de la récolte française de miel 2026 attribué aux canicules, est établi à partir d’origines distinctes : la communication d’InterApi du 1er octobre 2026 (interprofession reconnue par les pouvoirs publics), celle de l’Unaf du 30 septembre 2026, la reprise de l’AFP citant Henri Clément, l’article de La France Agricole du 2 octobre 2026 et le reportage du Figaro du 4 octobre 2026. Les deux estimations professionnelles ne sont pas comparables terme à terme et aucune n’est encore consolidée par l’Observatoire de FranceAgriMer. Réserves : les 18 000 à 20 000 tonnes de l’Unaf et les 33 700 tonnes d’InterApi reposent sur des méthodes différentes et sur une récolte inachevée ; l’Unaf parle d’une fourchette, non d’un bilan. La part imputable au seul frelon asiatique n’est pas isolée dans les chiffres. La propriété d’un média peut signaler un intérêt ; elle ne valide ni n’invalide une information.

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