L’Ukraine a lancé dans la nuit du samedi 19 au dimanche 20 septembre sa plus grande attaque de drones jamais menée contre Moscou, touchant une raffinerie de pétrole située à une quinzaine de kilomètres du Kremlin et tuant au moins deux personnes. Kyiv confirme avoir employé pour la première fois le missile balistique de fabrication nationale « Pelican ».
Une attaque d’une ampleur inédite
Plus de mille drones ont été lancés contre la Russie, dont plusieurs centaines en direction de la capitale. Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a qualifié la vague de « plus grande jamais » dirigée contre la ville, affirmant que 450 drones ont été abattus à ses abords. Le ministère russe de la Défense avance pour sa part 1 110 drones neutralisés au cours de la seule nuit — le chiffre le plus élevé jamais annoncé par Moscou. Ces décomptes, émanant des autorités russes, n’ont pas été vérifiés de manière indépendante.
La raffinerie de Moscou en feu
Plusieurs drones ont atteint la raffinerie de Moscou (Gazprom Neft), dans le quartier de Kapotnia, au sud-est de la capitale. L’installation, l’une des plus grandes de Russie avec une capacité de raffinage d’environ 11 millions de tonnes par an, a été endommagée ; d’importants panaches de fumée noire se sont élevés au lever du jour. L’état-major ukrainien affirme avoir touché les unités de traitement primaire du brut et une unité d’isomérisation.
Des drones ont également frappé un bâtiment d’habitation et un entrepôt logistique de la région. Le gouverneur de la région de Moscou, Andreï Vorobiov, fait état d’au moins deux morts et d’une vingtaine de blessés, dont trois enfants.
Le missile « Pelican » utilisé pour la première fois
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a confirmé l’opération, précisant que Kyiv a employé une combinaison de drones et de missiles de fabrication nationale — dont le missile de croisière « Flamingo » et, pour la première fois, le missile balistique « Pelican » (FP-7). « Nos frappes à longue portée ont eu un impact très significatif dans la région de Moscou », a-t-il déclaré, visant ce qu’il décrit comme une source de « milliards de dollars » finançant la machine de guerre russe.
Le jour de la clôture des élections législatives
L’attaque est survenue lors de la dernière journée des élections législatives russes, les premières depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. M. Sobianine a affirmé que l’opération était « clairement planifiée dans le but de perturber les élections », ajoutant que « l’ennemi n’a pas réussi ». Ce lien entre la frappe et le scrutin est une interprétation de l’autorité municipale, non un fait établi.
Une campagne de « sanctions à longue portée » contre l’énergie russe
La frappe s’inscrit dans la campagne ukrainienne de frappes à longue portée contre les infrastructures énergétiques russes, que Kyiv présente comme un moyen de priver Moscou des ressources qui financent son effort de guerre. La raffinerie de Moscou approvisionne directement la capitale. L’attaque survient dans un contexte de tension sur les cours du pétrole, le baril de Brent évoluant au-dessus de 100 dollars, sous l’effet conjugué des frappes au Moyen-Orient et de l’instabilité des approvisionnements.
À retenir
- Kyiv a lancé, dans la nuit du 19 au 20 septembre, sa plus grande attaque de drones jamais menée contre Moscou : plus de 1 000 drones selon les autorités, dont 450 vers la capitale selon le maire.
- La raffinerie de Moscou (Gazprom Neft, ~11 millions de tonnes par an), à environ 15 km du Kremlin, a été touchée et incendiée.
- Au moins deux morts et une vingtaine de blessés dans la région, selon le gouverneur Andreï Vorobiov.
- Zelensky confirme l’emploi, pour la première fois, du missile balistique national « Pelican », aux côtés du missile de croisière « Flamingo ».
- L’attaque survient le dernier jour des élections législatives russes, les premières depuis 2022.
Question aux lecteurs
Ce sondage recueille l’avis des lecteurs de L’Esprit Français et ne constitue pas une enquête représentative de la population.
Pour aller plus loin
- Deux morts dans la région de Moscou, une raffinerie touchée par les drones — Reuters
- Moscou visée par sa « plus grande » attaque de drones le dernier jour des élections — CNN
- Attaque massive de drones ukrainiens sur Moscou, une raffinerie endommagée — Al Jazeera
- L’Ukraine lance un millier de drones sur la Russie, dont des centaines sur Moscou — CBS News / AP
- Le missile balistique « Pelican » utilisé pour la première fois contre la raffinerie de Moscou — Kyiv Post
L’attaque de drones et de missiles contre Moscou et sa région, dans la nuit du 19 au 20 septembre, est un fait confirmé par les autorités russes comme ukrainiennes. Les décomptes divergent : le nombre de drones abattus (450, 1 110 ou plus de 1 600 selon les sources) et le bilan humain (deux morts et une vingtaine de blessés selon le gouverneur Vorobiov) proviennent de déclarations officielles non vérifiées de manière indépendante. Le qualificatif de « plus grande attaque jamais menée » est celui du maire de Moscou ; le lien de causalité avec les élections législatives est son interprétation, non un fait démontré. L’emploi du missile « Pelican » repose sur les déclarations de Volodymyr Zelensky.



