En bref. Le 29 septembre 2026, l’Igas publie une synthèse de dix ans de rapports sur l’apprentissage, qui constate un quasi-doublement du nombre d’apprentis entre 2018 et 2024 après la loi du 5 septembre 2018. L’inspection pointe un coût public non soutenable et des inégalités persistantes. Elle propose de renforcer le contrôle qualité des CFA.
Dans une publication du 29 septembre 2026, l’IGAS synthétise dix ans de missions de contrôle et d’évaluation consacrées à l’apprentissage. L’inspection générale des affaires sociales y analyse les effets de la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, qui a fait passer le système d’un modèle administratif piloté par les Régions à un financement au contrat porté par France Compétences et les OPCO.
Ce changement de logique a permis une progression « spectaculaire » du nombre d’apprentis, qui a presque doublé entre 2018 et 2024, avec une extension à l’enseignement supérieur, aux secteurs tertiaires et aux grandes entreprises. L’Igas relève des taux d’insertion en moyenne supérieurs à ceux des autres voies de formation professionnelle.
Mais l’institution alerte sur des dérives : entrée d’acteurs privilégiant la rentabilité, sous-représentation des jeunes les plus défavorisés, offre concentrée en zone urbaine, forte concentration sectorielle dans le commerce et les services. Elle juge le modèle peu efficient, avec des coûts par apprenti parfois élevés dans le supérieur et des risques d’effets d’aubaine, et estime son coût pour les finances publiques non soutenable à long terme.
Parmi ses propositions : renforcer le contrôle qualité des CFA, améliorer la transparence des taux d’insertion, ajuster les niveaux de financement, cibler les aides vers le niveau infra-bac et clarifier les rôles de France Compétences et des OPCO. L’Igas indique que nombre de ces propositions ont alimenté des réformes récentes ou en cours, notamment le projet de loi sur l’enseignement supérieur.



