Le ministère de la Santé a écarté, lundi 5 octobre 2026, un avancement de la campagne de vaccination contre le Covid-19, dont le départ est fixé au mardi 13 octobre. Un courrier de la Direction générale de la santé du 22 septembre a arrêté ce calendrier, commun avec la campagne contre la grippe saisonnière. La circulation du virus remonte en France pour la troisième année consécutive dès la fin de l’été, mais le ministère estime que les indicateurs ne justifient pas d’anticiper. Des épidémiologistes contestent ce choix, et l’approvisionnement en seringues reste un point de tension pour les pharmacies.
Ce que répond le ministère
Interrogé lundi 5 octobre par des journalistes, le cabinet de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a maintenu la date. « La date de lancement de la campagne vaccinale est définie sur la base de l’expertise des autorités sanitaires » et « à ce stade, les indicateurs ne montrent pas de situation justifiant d’anticiper la campagne », a-t-il indiqué, selon franceinfo, RTL et Libération.
L’argumentaire repose sur trois éléments : la baisse du taux de positivité de la grippe dans l’Hexagone, un impact sanitaire encore « faible » de la cocirculation des virus respiratoires « au niveau national et dans l’ensemble des régions hexagonales », et l’absence, « au regard de la situation épidémiologique actuelle et de l’expertise des agences », de « nécessité sanitaire d’avancer la campagne ».
Un calendrier arrêté le 22 septembre
La date ne relève pas d’une décision de circonstance. Un message de la Direction générale de la santé daté du 22 septembre 2026, publié sur sante.gouv.fr sous la référence DGS-Urgent n° 2026_12 et adressé aux médecins, pharmaciens, infirmiers et sages-femmes, fixe les deux campagnes « conjointement à partir du 13 octobre ». Deux territoires échappent à ce calendrier hexagonal : Mayotte, où la vaccination a commencé en septembre, et La Réunion, alignée sur l’hémisphère sud.
Le public visé est celui des personnes à risque de forme grave, de leur entourage et des professionnels en contact régulier avec des personnes vulnérables. Deux vaccins contre le Covid-19 restent disponibles en stock d’État, sous la référence Comirnaty XFG, en version adulte et pédiatrique. Le courrier rappelle par ailleurs que la saison 2026-2027 constitue la première année de déploiement de l’obligation vaccinale antigrippale des professionnels concernés, un cadre qui ne deviendra pleinement opposable qu’à l’issue des travaux réglementaires attendus d’ici la fin du premier trimestre 2027.
Trois ans de reprise précoce
Le calendrier fait débat depuis plusieurs semaines. « C’est la troisième année consécutive que la circulation du Covid-19 commence dès la fin de l’été », observe l’épidémiologiste Mircea Sofonea, cité par franceinfo, qui situe ce démarrage « plutôt fin août, début septembre ». Or, rappelle-t-il, « il faut une à deux semaines pour que l’efficacité du vaccin soit optimale » : garder le début de la campagne en octobre, « c’est se priver d’une efficacité maximale ». Selon ses projections, le pic de l’épidémie « pourrait arriver d’ici à la fin de la semaine », soit pendant la phase descendante. « L’idéal aurait été de commencer la vaccination dès le mois d’août », estime-t-il.
Pourquoi les deux campagnes sont liées
Avancer une campagne sans l’autre est difficile, car les deux injections sont couplées depuis plusieurs années à la même date. Or avancer la vaccination contre la grippe « la rendrait moins efficace », explique Marie-Anne Rameix-Welti, directrice du Centre national de référence des virus des infections respiratoires à l’Institut Pasteur, car l’injection ne protège contre la grippe que six à huit mois. Une troisième voie consisterait à dissocier les deux campagnes, en n’avançant que celle du Covid-19, mais les médecins redoutent alors une couverture vaccinale encore plus faible.
Une couverture vaccinale en retrait
Le courrier de la Direction générale de la santé rappelle le niveau réel de protection atteint. À l’issue de la campagne 2025-2026, la couverture vaccinale contre la grippe atteignait 49,6 % des personnes à risque ciblées et 56,7 % des personnes de 65 ans et plus, « très en deçà de l’objectif de 75 % ». Le message présente la saison qui s’ouvre comme une année de préparation avant l’entrée en vigueur effective de l’obligation antigrippale des professionnels.
La logistique, point de tension
Reste la question matérielle. Depuis la campagne du printemps 2026, Santé publique France ne distribue plus les seringues et les aiguilles nécessaires aux injections de vaccin contre le Covid-19 : les doses relèvent toujours du stock d’État et restent gratuites, mais les pharmacies doivent se procurer les dispositifs d’injection par le circuit habituel, à leurs frais. Dans la Sarthe, des pharmaciens alertent à la veille de la campagne (« Il n’y a plus de seringues »), et la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France craint une pénurie avant le 13 octobre, selon franceinfo.
À retenir
- Le ministère de la Santé a écarté, lundi 5 octobre 2026, un avancement de la campagne de vaccination contre le Covid-19, fixée au mardi 13 octobre.
- La date a été arrêtée par un message de la Direction générale de la santé du 22 septembre 2026, qui organise conjointement la vaccination contre la grippe et contre le Covid-19.
- Mayotte a commencé sa campagne en septembre ; La Réunion suit le calendrier de l’hémisphère sud.
- Le ministère invoque la baisse du taux de positivité de la grippe et un impact sanitaire « faible » ; des épidémiologistes estiment qu’avancer la campagne aurait protégé plus tôt les personnes à risque.
- Les deux campagnes étant couplées, avancer celle du Covid-19 impliquerait d’avancer celle de la grippe, dont la protection ne dure que six à huit mois.
- La couverture vaccinale contre la grippe atteignait 49,6 % des personnes à risque en 2025-2026, loin de l’objectif de 75 %.
- Les pharmacies doivent financer leurs seringues depuis le printemps 2026 ; des tensions d’approvisionnement sont signalées avant l’ouverture de la campagne.
À lire aussi
- Cancer : un cas sur huit lié à une infection dans le monde, 4 % en France et une vaccination HPV en retard
- West Nile : un record de 117 cas en France, et un premier foyer de chikungunya dans le Lot
- Précarité alimentaire : une personne sur dix exposée, selon la première étude fondée sur les données des Restos du Cœur
Question aux lecteurs
La campagne de vaccination contre le Covid-19 et la grippe est fixée au 13 octobre 2026, alors que la circulation du virus remonte depuis la fin de l’été. Le ministère juge qu’il n’y a pas de nécessité sanitaire à l’avancer. Que faudrait-il faire ?
Sondage sans valeur représentative : il reflète l’avis des lecteurs qui choisissent d’y répondre, et non celui de la population française.
Pour aller plus loin
- Message de la Direction générale de la santé du 22 septembre 2026 sur la campagne grippe et Covid-19 (document primaire)
- Face à la hausse des cas, faut-il avancer la campagne de vaccination ? (franceinfo, 6 octobre 2026)
- Faut-il avancer le début de la vaccination contre le covid ? (RTL, 5 octobre 2026)
- Covid : malgré la hausse des contaminations, la ministre de la Santé ne veut pas avancer la vaccination (Libération, 5 octobre 2026)
- « Il n’y a plus de seringues » : les pharmaciens de Sarthe alertent avant la campagne (actu.fr, 5 octobre 2026)
Méthode : le fait central, le refus du ministère de la Santé d’avancer la campagne de vaccination contre le Covid-19 fixée au 13 octobre 2026, est établi par des origines réellement distinctes : le message de la Direction générale de la santé du 22 septembre 2026 (document primaire, référence DGS-Urgent n° 2026_12), la reprise de franceinfo du 6 octobre 2026 (déclarations du cabinet de la ministre et de Mircea Sofonea), celle de RTL du 5 octobre 2026, celle de Libération du 5 octobre 2026 et celle de Nice-Matin du 5 octobre 2026. Le point logistique des seringues provient du Quotidien du Pharmacien (18 juin 2026) pour le mécanisme, d’actu.fr (Sarthe, 5 octobre 2026) et de franceinfo pour l’alerte de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France. Les données de couverture vaccinale sont celles du message de la Direction générale de la santé. Un même communiqué ou une même dépêche repris par plusieurs titres ne compte que pour une seule origine. Limites : le niveau exact de circulation du virus au 6 octobre n’a pas été consulté dans un bulletin de Santé publique France pour cet article, et le nombre de doses ou de seringues en tension n’est pas public.



