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Polynésie : indépendantistes et autonomistes s’unissent pour réclamer un dialogue avec Paris sur l’avenir du territoire

Polynésie : indépendantistes et autonomistes s'unissent pour réclamer un dialogue avec Paris sur l'avenir du territoire
Polynésie : indépendantistes et autonomistes s'unissent pour réclamer un dialogue avec Paris sur l'avenir du territoire

Jeudi 24 septembre 2026, l’Assemblée de la Polynésie française a adopté une résolution inédite : les trois principales forces du territoire — les indépendantistes du Tavini huiraatira et d’A Fano Ti’a, et les autonomistes du Tapura huiraatira — ont uni leurs voix pour demander l’envoi d’une mission d’information des Nations unies et l’ouverture d’un dialogue avec l’État français sur l’avenir institutionnel du territoire.

Une union inédite sur la méthode, pas sur l’issue

C’est la première fois que les partis indépendantistes et autonomistes de l’Assemblée de Polynésie adoptent un texte commun sur la question qui les divise depuis des décennies. La résolution, co-rapportée par Antony Géros (vice-président du Tavini), Tematai Le Gayic (président d’A Fano Ti’a) et Édouard Fritch (président du Tapura), a d’abord été adoptée à l’unanimité en commission, vendredi 19 septembre, avant d’être votée en séance plénière jeudi 24 septembre.

Le point décisif est ce que le texte ne dit pas. Son article 6 précise que le vote « n’engage aucun élu sur une option institutionnelle particulière » : indépendance, autonomie, association ou tout autre statut restent ouverts. « Nous ne nous sommes pas mis d’accord sur l’indépendance ou sur le maintien au sein de la République française, mais sur ce qui précède ces choix », a résumé le président de l’Assemblée, Antony Géros, évoquant « un moment historique ».

Treize ans après la réinscription à l’ONU

Le texte part d’un constat : depuis la réinscription de la Polynésie française, en mai 2013, sur la liste onusienne des territoires non autonomes, aucun « processus structuré » n’a été engagé, aucun « programme de travail » définissant étapes, objectifs, garanties démocratiques et calendrier n’a été établi.

La Polynésie, collectivité d’outre-mer dotée d’une large autonomie interne, relève de la Constitution française (article 74). C’est l’État qui détient la compétence sur son statut institutionnel, dont toute évolution éventuelle suppose un dialogue avec Paris — précisément ce que la résolution réclame.

Trois demandes adressées à l’ONU et à Paris

La résolution formule trois demandes : l’organisation d’une mission de visite du Comité spécial des Vingt-Quatre (C24) de l’ONU en Polynésie, afin que l’organisation « constate directement la situation du territoire » ; l’établissement d’un programme de travail fixant étapes, garanties démocratiques et calendrier ; et l’ouverture d’un dialogue structuré avec l’État français, accompagné par les Nations unies, sur les modalités et le calendrier de ce processus.

Le président du Pays, Moetai Brotherson, assistait à l’adoption du texte, aux côtés des déléguées au suivi des conséquences des essais nucléaires et aux affaires internationales.

Deux lectures du même texte

Si les trois groupes signent la même résolution, ils n’en font pas la même lecture. Le Tavini, dont le leader Oscar Temaru a proclamé devant le Comité des 24 la « pleine souveraineté des États fédérés de Mā’ohi Nui », y voit une étape vers l’autodétermination. Le Tapura, opposé à « toute démarche unilatérale », défend au contraire une autonomie renforcée au sein de la République française.

La résolution n’a aucune force contraignante pour Paris : c’est une demande adressée à l’État, qui n’y avait pas répondu publiquement au moment de la rédaction. Le texte ne préjuge d’aucun calendrier électoral ni d’aucune échéance référendaire.

À retenir

  • Jeudi 24 septembre, l’Assemblée de la Polynésie française a adopté une résolution inédite qui unit indépendantistes et autonomistes.
  • Le texte demande une mission d’information de l’ONU, un programme de travail et un dialogue avec l’État français sur l’avenir du territoire.
  • Son article 6 précise que le vote n’engage aucun élu sur une option particulière : indépendance, autonomie et association restent ouvertes.
  • La résolution est une demande sans force contraignante, et l’État n’y avait pas encore répondu publiquement.

Question aux lecteurs

Ce sondage recueille l’avis des lecteurs de L’Esprit Français et ne constitue pas une enquête représentative de la population.

Pour aller plus loin

Le fait central — l’adoption, jeudi 24 septembre 2026, d’une résolution unissant indépendantistes et autonomistes pour demander une mission de l’ONU et un dialogue avec l’État — est établi par Le Monde (groupe Le Monde), par Polynésie La 1ère (France Télévisions) et par la presse locale polynésienne (Radio 1 Tahiti, Tahiti Infos, Outremers360). La résolution est une demande politique sans force contraignante ; la formulation « aucun processus structuré » depuis 2013 est le constat des partis signataires, pas une position de l’État ; la « pleine souveraineté des États fédérés de Mā’ohi Nui » est la déclaration d’Oscar Temaru, non un fait établi ; l’État français n’avait pas répondu publiquement à la résolution au moment de la rédaction.

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