En bref. Le 2 juillet 2026, l’IGAS, l’IGF et l’IGA ont publié un rapport conjoint sur le déploiement de l’IA dans les administrations publiques. Les trois inspections y constatent une adoption « récente, hétérogène et souvent peu coordonnée » et alertent sur le « shadow IA », usage spontané d’outils grand public par les agents. Le rapport réclame formation, dialogue social et gestion prévisionnelle des compétences.
Dans un rapport conjoint publié le 2 juillet 2026 et mis à jour le 9 septembre 2026, l’IGAS, l’Inspection générale des finances (IGF) et l’Inspection générale de l’administration (IGA) analysent le déploiement de l’intelligence artificielle dans les administrations publiques françaises. Les auteurs — Pierre Cunéo, François Charlottin, Arturo Garcia-Gonzalez et Mouad El Issami pour l’IGF ; Fabienne Bartoli, Louis-Charles Viossat et Nadège Grataloup pour l’IGAS ; Jérôme Letier et Arnaud Mercier pour l’IGA — y décrivent une adoption « déjà engagée, mais encore récente, hétérogène et souvent peu coordonnée ».
Le rapport pointe en particulier le développement du « shadow IA », cet usage spontané et non régulé d’outils grand public par les agents. Les inspections y voient le signe d’une « forte appétence », mais aussi un facteur d’exposition à des risques de sécurité, de fiabilité, d’inégalités d’accès et de protection des données. L’État et ses opérateurs, les collectivités territoriales, les organismes de sécurité sociale, les établissements de santé et France Travail avancent à des rythmes différents, avec des usages allant des assistants généralistes aux outils métiers spécialisés.
Les gains attendus ne sont pas forcément quantitatifs, soulignent les auteurs : réduction des délais, amélioration de la qualité de service, diminution des erreurs, simplification du travail administratif, meilleure relation avec les usagers et qualité de vie au travail. Le passage à l’échelle suppose toutefois de partir du travail réel des agents, avec une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences intégrant l’IA, une politique de formation structurée et un « dialogue social technologique » associant agents et représentants aux choix d’usages et à l’évaluation des impacts.



