En bref. Le 9 septembre 2026, l’IGAS, l’IGF et l’IGA ont publié un rapport conjoint sur le déploiement de l’IA dans les administrations publiques françaises. Les trois inspections constatent une adoption réelle mais récente, variée et mal coordonnée, marquée par un recours spontané à des outils grand public. Elles demandent d’en faire une capacité collective, avec formation et dialogue social.
Dans un rapport publié le 9 septembre 2026, l’IGAS, l’Inspection générale des finances (IGF) et l’Inspection générale de l’administration (IGA) analysent les conditions dans lesquelles l’intelligence artificielle peut améliorer durablement les services publics. Les auteurs — Pierre Cunéo, François Charlottin, Arturo Garcia-Gonzalez et Mouad El Issami pour l’IGF, Fabienne Bartoli, Louis-Charles Viossat et Nadège Grataloup pour l’IGAS, Jérôme Letier et Arnaud Mercier pour l’IGA — constatent que l’adoption de l’IA générative et agentique est engagée dans les administrations françaises, mais reste « récente, variée et souvent mal coordonnée ».
Le rapport pointe la montée d’une « shadow AI » : l’usage spontané et non encadré d’outils grand public par les agents publics. Ce phénomène révèle un fort appétit pour l’IA, mais expose les administrations à des risques de sécurité, de fiabilité, d’inégalités d’accès et de protection des données. L’État et ses agences, les collectivités, les organismes de sécurité sociale, les établissements de santé et France Travail avancent à des rythmes différents, avec des usages allant des assistants généralistes à des outils sectoriels spécialisés.
Les inspections insistent sur le fait que les bénéfices attendus ne sont pas nécessairement quantitatifs : réduction des délais de traitement, amélioration de la qualité de service, diminution des erreurs, simplification du travail administratif, meilleures relations avec les usagers et qualité de vie au travail. Dans le secteur social, France Travail, les organismes de sécurité sociale et certains établissements de santé illustrent, par de nombreux cas d’usage, le potentiel de l’IA pour le traitement des demandes, l’accès à l’information, la lutte contre la fraude, la gestion documentaire et l’accompagnement des usagers.
Pour passer à l’échelle, le rapport recommande de partir du travail réel des agents : planification prospective des effectifs et des compétences intégrant l’IA, politique de formation structurée pour l’ensemble des personnels, des managers et des spécialistes, et dialogue social effectif sur la technologie. Ce dialogue doit associer les agents et leurs représentants aux décisions d’usage de l’IA, à l’évaluation de son impact sur les métiers, à la prévention des risques et à la répartition des gains.



