En bref. Dans un rapport publié le 2 septembre 2026, l’IGAS dresse le premier état des lieux du dispositif français de prise en charge des addictions depuis la réforme de 2007-2008. La mission relève deux mois d’attente en moyenne entre le premier contact et le premier rendez-vous avec un soignant en CSAPA. Elle recommande de consolider le pilotage national et territorial.
Dans un rapport publié le 2 septembre 2026, l’IGAS dresse pour la première fois depuis la réforme de 2007-2008 un état des lieux du dispositif français de prise en charge des addictions, toutes addictions et tous publics confondus. La mission, conduite par Nathalie Rabier-Thoreau et Stéphanie Seydoux, s’appuie sur des investigations nationales et territoriales, une enquête auprès des établissements médico-sociaux spécialisés et une étude statistique sur les trajectoires ville-hôpital liées aux troubles dus à l’alcool.
Le rapport décrit un système aux « fondamentaux solides » mais « sous forte tension » : repérage insuffisant et hétérogène, délais d’accès importants — deux mois d’attente en moyenne entre le premier contact et le premier rendez-vous avec un soignant en CSAPA —, difficultés de coordination entre acteurs et manque de visibilité sur les besoins réels. La complexification des situations, par les polyconsommations, les comorbidités psychiatriques et les addictions sans substance, pèse sur un dispositif déjà limité par le manque de ressources humaines en santé, en particulier médicales.
Les inspectrices pointent l’accompagnement insuffisant des jeunes et des personnes en situation de précarité, et une prise en compte des besoins des femmes limitée aux situations de grossesse. Elles recommandent de consolider le pilotage national et territorial sur la base d’indicateurs partagés, de renforcer l’accès au premier recours et la continuité des soins, de développer une culture addictologique à l’hôpital, et de faire de l’action en direction des femmes une priorité du Fonds de lutte contre les addictions.
Le rapport rappelle enfin que les addictions au tabac et à l’alcool sont responsables de plus de 115 000 décès évitables chaque année, et préconise de généraliser la démarche « lieux de santé sans tabac » à tous les établissements de santé d’ici à 2027-2028.



