En bref. Santé publique France a présenté le 17 octobre 2018, lors d’un colloque en Martinique et en Guadeloupe, les résultats d’études sur l’exposition au chlordécone aux Antilles. Le pesticide est détecté dans le sang de plus de 90 % des adultes, et 5 % des participants présentent des niveaux dix fois supérieurs à la moyenne. Chez les ouvriers des bananeraies, 77 % étaient exposés en 1989, année d’usage du produit.
Santé publique France a rendu publics, le 17 octobre 2018, de nouveaux résultats sur l’exposition des populations antillaises au chlordécone, à l’occasion d’un colloque scientifique tenu en Martinique puis en Guadeloupe du 16 au 19 octobre (Santé publique France). Le pesticide, utilisé dans les bananeraies de 1972 à 1993, reste détecté dans le sang de plus de 90 % des adultes, avec une forte variabilité : 5 % des participants présentent des niveaux au moins dix fois supérieurs à la moyenne. Si l’exposition a diminué depuis 2003 pour la majorité de la population, elle n’a pas reculé chez les plus exposés.
L’étude Matphyto-DOM, menée par Santé publique France et partiellement financée par le plan Écophyto, documente rétrospectivement l’exposition des travailleurs des bananeraies à l’ensemble des pesticides utilisés depuis 1960. La grande majorité d’entre eux a été exposée au chlordécone pendant la période d’utilisation, à hauteur de 77 % en 1989. Les salariés restent aujourd’hui exposés à d’autres pesticides aux effets sanitaires potentiellement nocifs. La cohorte reconstituée avec l’Inserm compte plus de 13 000 travailleurs.
Sur le cancer de la prostate, l’étude menée avec l’Institut national du cancer, les Hospices civils de Lyon et le réseau Francim conclut que les taux d’incidence en Guadeloupe et en Martinique figurent parmi les plus élevés au monde. L’analyse spatiale en Martinique ne montre toutefois pas d’excès de cas dans les zones contaminées au chlordécone ; le rôle d’autres facteurs de risque reste à étudier.



