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Maroc : des législatives sans grand favori entre deux partis proches du palais, la participation en question

Maroc : des législatives sans grand favori entre deux partis proches du palais, la participation en question
Maroc : des législatives sans grand favori entre deux partis proches du palais, la participation en question

Le Maroc vote ce mercredi 23 septembre pour renouveler les 395 sièges de la Chambre des représentants. Les bureaux de vote sont ouverts de 8 heures à 19 heures, et les résultats préliminaires ne sont pas attendus avant la soirée, voire le lendemain. Le scrutin se tient sans sondages — ils sont interdits par la loi électorale — et sans grand favori, sur fond de désillusion d’une partie de la jeunesse.

Un scrutin sans sondages ni grand favori

Plus de 15,8 millions d’électeurs sont inscrits sur les listes, sur environ 27 millions de Marocains en âge de voter, soit un corps électoral en recul d’environ 12 % par rapport à 2021. Ils départagent 7 288 candidats répartis sur 1 850 listes, présentées par 28 formations politiques.

Les 395 sièges se répartissent entre 305 circonscriptions locales et 90 sièges régionaux réservés exclusivement aux femmes. Faute de sondages, les « favoris » relèvent de l’appréciation de la presse et des observateurs : le Rassemblement national des indépendants (RNI), formation d’Aziz Akhannouch à la tête de la coalition gouvernementale sortante (102 sièges en 2021), et le Parti authenticité et modernité (PAM) (87 sièges), sont les plus cités, devant l’Istiqlal (81 sièges).

Selon l’article 47 de la Constitution, le roi Mohammed VI nomme le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections, avant les consultations pour former une majorité.

Deux partis proches du palais, une « fausse rivalité »

Le chercheur Mohamed Masbah, cité par une analyse de l’institut italien ISPI, décrit la confrontation entre le RNI et le PAM comme une « fausse rivalité » : deux partis de centre-droit, idéologiquement proches, fondés par des personnalités du cercle royal et tous deux membres du gouvernement. Il parle d’une « guerre d’usure » entre ces deux formations, plutôt que d’un affrontement programmatique.

Cette configuration tranche avec la décennie précédente, où le clivage central opposait le Parti de la justice et du développement (PJD), d’obédience islamiste, à un parti proche du palais. Le PJD s’est effondré de 125 sièges en 2016 à 13 en 2021. Masbah estime qu’il pourrait remonter à 40 ou 50 sièges, tout en précisant qu’il s’agit d’« un jugement subjectif fondé sur des observations qualitatives », dans un pays sans sondages.

La participation, vrai test du scrutin

Le taux de participation sera scruté presque autant que les résultats. En 2021, il atteignait 50,35 %, mais dans une configuration exceptionnelle : les législatives étaient couplées aux élections communales et régionales, et marquaient la fin de la décennie PJD.

Le scrutin de ce mercredi est le premier scrutin législatif seul depuis dix ans. Pour l’universitaire Azzedine Hannoun, interrogé par Le Matin, il constitue donc un « test plus pur » de l’intérêt réel des électeurs pour l’institution parlementaire.

La composition du corps électoral illustre l’enjeu : les 18-24 ans ne représentent que 4 % des inscrits, quand les 60 ans et plus en dépassent 29 %. Le politologue Pierre Vermeren relève un électorat en baisse de 1,7 million depuis 2021 et souligne que, selon ses données, seuls 10 % des Marocains estiment que les élus tiennent leurs promesses.

Un partenaire proche de la France

Le Maroc est un partenaire stratégique de la France : importante diaspora installée dans l’Hexagone, relations économiques denses et reconnaissance, en 2024, de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. La façon dont le royaume organise la compétition entre ses partis — la rivalité de deux formations proches du palais et la place faite à la participation — intéresse directement la compréhension des institutions d’un voisin méditerranéen.

À retenir

  • Le Maroc vote ce mercredi 23 septembre pour renouveler ses 395 députés, avec 15,8 millions d’électeurs inscrits, sans sondages ni grand favori.
  • La compétition oppose surtout le RNI et le PAM, deux partis de centre-droit proches du palais (102 et 87 sièges en 2021), ce que le chercheur Mohamed Masbah qualifie de « fausse rivalité ».
  • Premier scrutin législatif seul depuis dix ans, il transforme la participation en test central — les 18-24 ans ne pèsent que 4 % des inscrits.
  • Le roi nommera le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête ; 90 sièges sont réservés aux femmes.

Question aux lecteurs

Le Maroc vote ce mercredi pour ses législatives, dominées par la rivalité de deux partis proches du palais et la question de la participation. Qu’est-ce qui vous paraît le plus déterminant pour la suite ?

Sondage à visée indicative, non représentatif de la population française.

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