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De la surface des faits à la profondeur des idées

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Cruseilles : une fosse à lisier de 900 m³ cède, un logement submergé et la rivière des Usses menacée

Cruseilles : une fosse à lisier de 900 m³ cède, un logement submergé et la rivière des Usses menacée
Cruseilles : une fosse à lisier de 900 m³ cède, un logement submergé et la rivière des Usses menacée

Un « tsunami de lisier » en pleine matinée. Mardi 22 septembre, vers 10 h 30, la bâche d’une fosse à lisier de 900 m³ a cédé sous son poids à Cruseilles, en Haute-Savoie. Près de 900 000 litres de lisier ont dévalé la pente sur plusieurs centaines de mètres, submergé le rez-de-chaussée d’un logement et emporté une voiture. Deux hommes ont été conduits à l’hôpital d’Annecy pour des contrôles ; la mairie a alerté la DREAL, car le lisier pourrait atteindre la rivière des Usses.

Une fosse qui cède, une pente qui fait le reste

L’incident s’est produit au bout de la route de Chez Vaudey, à Cruseilles, dans le Genevois haut-savoyard. La bâche en plastique qui couvrait la fosse s’est rompue sous le poids du liquide qu’elle retenait. Le lisier a alors dévalé la pente « par vagues », traversant un ancien corps de ferme réhabilité avant de couper la route en contrebas.

Deux des trois logements de la bâtisse ont été touchés. Celui du rez-de-chaussée a été submergé, le sol recouvert de près de 30 centimètres de lisier. Dans son élan, la coulée a emporté une voiture sur plusieurs dizaines de mètres. Une vingtaine de sapeurs-pompiers des centres d’Étaux, Cruseilles et Épagny ont été mobilisés ; l’intervention a pris fin vers 13 heures.

Aucun blessé grave, mais une pollution à redouter

Selon la mairie, deux hommes ont été transportés au centre hospitalier d’Annecy Genevois (CHANGE) pour des « contrôles complémentaires », sans blessure grave. Des veaux présents sur la parcelle ont été épargnés, et un chat a pu être récupéré sain et sauf.

Le point sensible est ailleurs. La coulée a déferlé jusqu’en contrebas de la pente, là où coule la rivière des Usses. La maire, Sylvie Mermillod (divers droite), a donc alerté la DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), car du lisier pourrait se retrouver dans le cours d’eau. « On compte sur les chaleurs à venir pour que tout sèche, et que l’on puisse gratter », a-t-elle déclaré, espérant limiter le risque de déversement dans la rivière. La municipalité doit reloger la famille dont l’appartement est le plus touché.

Le lisier, un risque rural discret mais récurrent

Au-delà de la rupture de la fosse, l’épisode rappelle une catégorie de risques trop peu traitée. Le lisier — les déjections animales liquides stockées avant épandage — dégage en fermentant du sulfure d’hydrogène (H2S), un gaz toxique qui, à forte concentration, peut paralyser et tuer en quelques secondes. Chaque année, des ouvriers ou des exploitants meurent en entrant dans une fosse ou en la brassant ; la base ARIA du ministère de la Transition écologique recense depuis des décennies ces accidents, dont les fosses à lisier sont une cause récurrente.

Le même mardi 22 septembre, le tribunal correctionnel de Tours a ouvert le procès de la mort, en juillet 2023, d’un ouvrier de 26 ans tombé dans une fosse à lisier d’une champignonnière de Saint-Laurent-de-Lin (Indre-et-Loire) : le dirigeant, l’ex-directeur et l’entreprise y répondent d’homicide involontaire. Deux événements distincts le même jour — une rupture sans mort à Cruseilles, un procès pour une mort à Tours — illustrent la même réalité : ces ouvrages de stockage, omniprésents dans les campagnes, concentrent des dangers mal connus du grand public.

À retenir

  • Mardi 22 septembre, vers 10 h 30, la bâche d’une fosse à lisier de 900 m³ a cédé à Cruseilles (Haute-Savoie), libérant environ 900 000 litres de lisier.
  • La coulée a submergé le rez-de-chaussée d’un logement (30 cm de lisier) et emporté une voiture ; deux hommes hospitalisés pour contrôles, aucun blessé grave.
  • La mairie a alerté la DREAL : le lisier pourrait atteindre la rivière des Usses. Une famille doit être relogée.
  • Le même jour s’est ouvert à Tours le procès de la mort d’un ouvrier tombé dans une fosse à lisier en 2023 (homicide involontaire), rappel du risque toxique (H2S) de ces ouvrages.

Question aux lecteurs

Ce sondage recueille l’avis des lecteurs de L’Esprit Français et ne constitue pas une enquête représentative de la population.

Pour aller plus loin

Les faits — la rupture de la fosse de 900 m³ vers 10 h 30, les deux logements touchés, les 30 cm de lisier, la voiture emportée, l’absence de blessé grave, l’hospitalisation de deux hommes pour contrôles, l’alerte donnée à la DREAL et le risque pour les Usses — reposent sur trois reportages d’éditeurs distincts : Le Dauphiné Libéré (groupe EBRA), Le Messager (groupe Rossel) et BFMTV (Altice), qui a joint directement la maire Sylvie Mermillod. L’ouverture du procès de Tours le 22 septembre provient de France 3 Régions et de La Nouvelle République. Le caractère toxique du sulfure d’hydrogène et l’accidentologie des fosses à lisier proviennent de la base ARIA du ministère de la Transition écologique. Le volume de 900 m³ et les circonstances exactes de la rupture restent ceux communiqués sur place ; la pollution éventuelle des Usses est un risque en cours d’évaluation, pas un constat établi.

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