Téhéran a fermé, dimanche 20 septembre, le Centre de langue française (CLF), l’un des principaux établissements d’enseignement du français en Iran et affilié à l’ambassade de France, pour avoir mené des « activités illégales ». Paris condamne « avec la plus grande fermeté » l’intrusion des forces de sécurité iraniennes dans ses locaux, convoque l’ambassadeur d’Iran au Quai d’Orsay et promet des mesures.
Une fermeture ordonnée par la justice iranienne
L’annonce émane de l’agence Mizan, organe du pouvoir judiciaire iranien. « Par décision du parquet de Téhéran, le centre illégal affilié à l’ambassade de France à Téhéran (connu sous le nom de CLF), qui opérait depuis des années sous couvert d’enseignement des langues, a été fermé », rapporte le communiqué.
La justice iranienne accuse le centre d’avoir « abusé de son statut d’établissement d’enseignement de langues pour mener des projets contraires à la culture iranienne et islamique, et préjudiciables pour la sécurité nationale ». Elle affirme aussi qu’il aurait cherché à « identifier, à créer des réseaux et à faciliter le départ hors du pays de personnes talentueuses ». Ces allégations ne sont assorties d’aucun élément de preuve rendu public.
Le dernier grand établissement français
Ouvert depuis plus de vingt ans à Téhéran, le CLF dispensait des cours de français, accueillait des examens et disposait d’une médiathèque. Sa fermeture clôt un mouvement engagé de longue date : en janvier 2023, l’Iran avait déjà fermé l’Institut français de recherche en Iran (IFRI), après la publication par Charlie Hebdo de caricatures du guide suprême.
Le CLF était, avec l’IFRI, l’un des rares points d’ancrage d’une présence culturelle française en Iran. Sa fermeture réduit d’autant le dispositif culturel que la France pouvait encore déployer dans le pays.
Paris convoque l’ambassadeur et promet des mesures
La réponse française est immédiate et ferme. « La France condamne avec la plus grande fermeté l’intrusion des forces de sécurité iraniennes dans les locaux du Centre de langue française à Téhéran ainsi que l’annonce par les autorités iraniennes de la fermeture du centre », écrit le Quai d’Orsay.
« Cette nouvelle attaque contre le dispositif culturel français en Iran, qui fait suite à l’agression de deux agents de l’ambassade de France en juillet dernier, est injustifiable », ajoute le porte-parole du ministère, Pascal Confavreux. Paris annonce qu’il « prendra les mesures appropriées pour y répondre » et que, à la demande du ministre Jean-Noël Barrot, « l’ambassadeur de la République islamique d’Iran sera convoqué au Quai d’Orsay ».
Un contexte déjà très dégradé
La décision survient dans un climat de crise ouverte. En juillet, deux diplomates français en poste à Téhéran avaient été détenus plusieurs heures — une « action d’intimidation » selon Jean-Noël Barrot, qui avait évoqué un agent « molesté ». En représailles, la France avait expulsé deux diplomates iraniens.
Cette semaine encore, M. Barrot et son homologue iranien Abbas Araghchi se sont écharpés par réseaux sociaux interposés, l’un sur la situation des droits humains en Iran, l’autre sur le passé colonial de la France. Interrogée sur l’état des relations, une source diplomatique iranienne a déploré que la France, « pays des droits de l’Homme », soit « restée silencieuse » depuis le début de la guerre déclenchée fin février.
À retenir
- La justice iranienne a fermé le Centre de langue française de Téhéran, affilié à l’ambassade de France, pour « activités illégales », sans preuve rendue publique.
- Le centre, ouvert depuis plus de vingt ans, était l’un des derniers grands établissements culturels français en Iran, après la fermeture de l’IFRI en 2023.
- Paris condamne « avec la plus grande fermeté », convoque l’ambassadeur d’Iran et promet des « mesures appropriées ».
- La décision s’inscrit dans une dégradation continue : diplomates détenus en juillet, expulsions croisées, joutes entre ministres des Affaires étrangères.
Question aux lecteurs
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Pour aller plus loin
- L’Iran annonce la fermeture d’un centre culturel affilié à l’ambassade de France — franceinfo
- L’Iran ferme un centre culturel lié à l’ambassade de France — Le HuffPost
- L’Iran ferme un centre culturel affilié à l’ambassade de France — Le Figaro
- La condamnation du Quai d’Orsay et la convocation de l’ambassadeur — France 24
La fermeture du Centre de langue française est un fait, ordonné par le parquet de Téhéran et annoncé par l’agence Mizan. Les accusations d’« activités illégales », de création de réseaux ou de facilitation du départ de « personnes talentueuses » sont des allégations iraniennes, non démontrées. La condamnation et les « mesures appropriées » annoncées par le Quai d’Orsay sont, elles, des déclarations françaises : leur contenu exact n’est pas encore précisé. Le précédent de la fermeture de l’IFRI en 2023 est un fait documenté, distinct de la décision de dimanche.



