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De la surface des faits à la profondeur des idées

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Allemagne : l’AfD remporte la Mecklembourg, Die Linke l’emporte à Berlin — double revers pour Merz

Allemagne : l'AfD remporte la Mecklembourg, Die Linke l'emporte à Berlin — double revers pour Merz
Allemagne : l'AfD remporte la Mecklembourg, Die Linke l'emporte à Berlin — double revers pour Merz

Dimanche 20 septembre, deux élections régionales ont consacré en Allemagne une double percée des extrêmes. Dans le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, l’extrême droite de l’AfD arrive en tête avec environ 38 % des voix ; à Berlin, la gauche radicale de Die Linke l’emporte avec 25,7 %. Le parti du chancelier Friedrich Merz (CDU) s’effondre, malgré un rabais de 17 centimes par litre sur le carburant annoncé deux jours avant le scrutin.

La CDU éjectée du parlement de Mecklembourg

Selon les résultats provisoires publiés par la commission électorale, l’AfD recueille 38,2 % des voix en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, plus du double de son score de 2021 (16,7 %). Le SPD de la ministre-présidente Manuela Schwesig termine deuxième avec 35,5 % : c’est la première fois en 28 ans qu’il n’est plus la première force de ce Land.

Le choc vient surtout de la CDU de Friedrich Merz : créditée de 4,9 %, elle passe sous le seuil des 5 % nécessaire pour entrer au parlement régional et en est éjectée — son pire résultat à une élection régionale depuis 1949. La participation atteint 78,1 %.

L’AfD, elle, ne pourra probablement pas gouverner : les autres partis représentés au parlement excluent toute coopération avec elle.

À Berlin, la gauche radicale en tête avec 25,7 %

Dans la capitale, Die Linke (gauche radicale) arrive en tête avec 25,7 % des voix, un record, devant la CDU (18,8 %, contre 28,2 % en 2023), l’AfD (16,3 %, contre 9,1 %) et les Verts (14,3 %). Le SPD s’effondre à 12,1 %, son pire résultat à Berlin depuis 1990.

La coalition CDU-SPD qui dirigeait la ville perd sa majorité. La répartition des sièges (Linke 47, CDU 34, AfD 29, SPD 22) ouvre la voie à une coalition « rouge-rouge-verte » (Linke-Verts-SPD), désignée comme l’option la plus probable.

Un rabais sur le carburant annoncé à la veille du scrutin

Deux jours avant le vote, vendredi 18 septembre, le gouvernement Merz avait annoncé une baisse des taxes sur le carburant d’environ 17 centimes par litre (14 centimes de taxe énergie et 3 centimes de TVA), applicable du 1er octobre à la fin 2026, pour un coût d’environ 2,5 milliards d’euros.

Berlin prévoit aussi un plafonnement du prix du carburant « sur le modèle du Luxembourg ou de la Belgique », visé pour le 1er janvier 2027 au plus tard. « Ceux qui dépendent de leur voiture tous les jours ont atteint leur limite », avait justifié Friedrich Merz.

La mesure répond à la flambée des prix provoquée par la guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz, aggravée par le nouveau front entre les Houthis et l’Arabie saoudite. Elle n’a pas suffi : la CDU s’est effondrée aux deux scrutins.

Une colère qui dépasse le prix de l’essence

La ministre-présidente sortante du Mecklembourg, Manuela Schwesig (SPD), a relié le vote à l’opposition à la politique d’aide à l’Ukraine de Berlin : « Beaucoup de gens s’opposent au soutien à l’Ukraine, financier comme militaire », a-t-elle déclaré, ajoutant que certains électeurs souhaitaient revoir le gaz russe transiter par Nord Stream.

Ces propos sont des déclarations, pas des faits établis. Ils documentent néanmoins la lecture qu’une partie de la classe politique allemande fait du scrutin, et rejoignent le constat, relevé par plusieurs instituts, d’une colère sociale (prix, logement, pouvoir d’achat) qui déborde le seul enjeu énergétique.

À retenir

  • L’AfD remporte la Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (≈38 %), plus du double de 2021.
  • Die Linke arrive en tête à Berlin (25,7 %), un record ; la CDU y chute de 28,2 % à 18,8 %.
  • En Mecklembourg, la CDU de Merz tombe à 4,9 % et sort du parlement — son pire score régional depuis 1949.
  • Le rabais carburant de 17 centimes/litre (≈2,5 Md€) annoncé à la veille du scrutin n’a pas enrayé la défaite.

Question aux lecteurs

Ce sondage recueille l’avis des lecteurs de L’Esprit Français et ne constitue pas une enquête représentative de la population.

Pour aller plus loin

Les résultats des scrutins du 20 septembre sont des faits établis, publiés par les commissions électorales et corroborés par des médias indépendants (ARD/tagesschau, France 24, L’Express, Reuters, Euractiv). Le terme « désastre », employé par Friedrich Merz, et les propos de Manuela Schwesig sur l’Ukraine et Nord Stream sont des déclarations, rapportées comme telles. Le rabais carburant du 18 septembre est une décision gouvernementale documentée ; son effet électoral reste une interprétation.

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