Le président du parlement suédois, Andreas Norlén, a chargé vendredi 18 septembre la cheffe des sociaux-démocrates, Magdalena Andersson, de tenter de former un gouvernement, au lendemain de la courte victoire de son camp aux législatives. La majorité est étroite — trois sièges — et l’équation de coalition oppose deux exigences contradictoires. S’y ajoute une contrainte venue de l’extérieur : membre de l’OTAN depuis 2024, la Suède est attendue sur son effort de défense, et cette exigence budgétaire pèsera sur les priorités sociales du nouveau bloc de gauche.
Une majorité de trois sièges
Le décompte final, arrêté le 17 septembre, donne 176 sièges sur 349 au bloc de gauche — sociaux-démocrates, gauche radicale, Verts et centristes — contre 173 au bloc sortant de droite et d’extrême droite. Environ 50 000 voix séparent les deux camps, l’écart le plus mince de l’histoire électorale suédoise récente.
Le Premier ministre conservateur sortant, Ulf Kristersson, a présenté sa démission jeudi et assure l’intérim. Le Parlement se réunira le 28 septembre ; un nouveau chef de gouvernement ne pourra être désigné qu’à partir du lendemain au plus tôt. Magdalena Andersson, qui fut Première ministre entre 2021 et 2022, a accepté la mission « avec beaucoup d’humilité ».
La contradiction : centristes contre gauche radicale
Le nœud est structurel. La gauche radicale, par la voix de sa dirigeante Nooshi Dadgostar, exige de siéger au gouvernement. Le Parti du centre, dirigé par Elisabeth Thand Ringqvist, a au contraire annoncé qu’il ne soutiendrait pas un gouvernement accordant des postes à la gauche radicale, dont le programme économique et l’hostilité aux acteurs privés de la santé contredisent ses propres positions.
Ces deux conditions ne peuvent pas tenir ensemble dans une majorité de 176 sièges. Le régime suédois de parlementarisme négatif complique encore l’équation : un gouvernement n’a pas besoin d’une majorité qui vote pour lui, seulement qu’aucune majorité ne vote contre lui. La négociation porte donc moins sur la composition d’une coalition que sur un arrangement « tolérable » par le Riksdag.
Le précédent, et la contrainte de l’OTAN
L’histoire suédoise récente incite à la prudence : il a fallu 37 jours pour former un gouvernement après les élections de 2022, et 134 jours en 2018. Cette fois s’ajoute une contrainte inédite : membre de l’OTAN depuis 2024, la Suède est attendue sur son effort de défense, alors que le cap de 2 % du PIB militairement exigé par l’alliance entre en tension avec les priorités sociales du nouveau bloc de gauche.
C’est la question de fond que la campagne n’a pas tranchée. Une alliance militaire fixe un objectif budgétaire ; un gouvernement fraîchement élu, porté par une majorité sociale, doit concilier cet objectif avec ses promesses. Le recul de l’extrême droite a ouvert la majorité au bloc de gauche ; il n’a pas répondu à la question de savoir qui paiera la défense. Elle retombe désormais sur le bureau de Magdalena Andersson.
À retenir
- Andreas Norlén a chargé Magdalena Andersson de former un gouvernement, le vendredi 18 septembre.
- Le bloc de gauche détient 176 sièges contre 173, soit une majorité de trois sièges (≈ 50 000 voix d’écart).
- Le blocage : la gauche radicale exige des postes, les centristes refusent de lui en accorder.
- Il a fallu 37 jours en 2022 et 134 jours en 2018 ; s’y ajoute la contrainte budgétaire de l’OTAN (2 % du PIB de défense) face aux priorités sociales.
Question aux lecteurs
Ce sondage recueille l’avis des lecteurs de L’Esprit Français et ne constitue pas une enquête représentative de la population.
Pour aller plus loin
- Le processus de formation du gouvernement — Riksdag (source officielle)
- Andersson chargée de former un gouvernement — France 24 (avec AFP)
- La cheffe des sociaux-démocrates chargée de former un gouvernement — AFP
- Le défi de la coalition — Libération (avec AFP)
Les faits sont ceux annoncés par le président du Riksdag Andreas Norlén le 18 septembre 2026 et le décompte officiel de l’autorité électorale suédoise, tels que rapportés par l’AFP, Reuters et les médias suédois (SVT).



