Le patron d’OpenAI, Sam Altman, s’adressera en personne au Conseil de sécurité des Nations unies le mercredi 23 septembre, lors d’une réunion consacrée à l’intelligence artificielle et à la sécurité internationale, organisée à l’initiative de la France, qui préside le Conseil ce mois-ci. Le fait est révélateur : un dirigeant de la première entreprise mondiale d’IA est invité devant l’organe chargé de la paix et de la sécurité. Il y a là une tension que la France assume sans la résoudre : la souveraineté des États face au pouvoir d’un acteur privé devenu plus puissant que la plupart d’entre eux.
La France met l’IA au sommet de l’agenda de sécurité
La France préside le Conseil de sécurité durant le mois de septembre 2026, une présidence qui lui donne l’initiative de l’ordre du jour. La réunion sur l’intelligence artificielle sera présidée par le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Une note conceptuelle diffusée aux quinze membres du Conseil par la France souligne « l’urgence d’agir » face au « risque d’usage malveillant » de cette technologie.
Cette initiative s’inscrit dans une séquence française déjà amorcée : fin août, Jean-Noël Barrot appelait à une « discipline de l’IA » fondée sur l’évaluation des modèles avant leur déploiement, leur surveillance après mise en service, et le partage d’informations entre États après les incidents. « L’intelligence artificielle doit elle aussi avoir à rendre des comptes », avait-il déclaré.
Un dirigeant privé face aux quinze membres
La présence de Sam Altman est inédite. Selon Reuters, ses propos doivent porter « sur les mesures prises par OpenAI pour garantir la sûreté de l’IA, ainsi que sur la nécessité d’une coordination internationale et de normes de sécurité communes ». La réunion se tient en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, où l’IA figure « très haut dans l’agenda », selon une source diplomatique française.
Le symbole est lourd. Le Conseil de sécurité, qui traite des conflits, des sanctions et du nucléaire, reçoit un chef d’entreprise privée dont la technologie est désormais décrite par plusieurs de ses propres ingénieurs comme susceptible d’échapper à tout contrôle. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a jugé « indispensable » une « coordination mondiale » sur l’IA, tout en rappelant que « l’action au niveau national est essentielle ».
La contradiction : l’Amérique refuse, l’Europe veut encadrer
C’est ici que l’invitation française prend tout son sens. Les États-Unis, pays le plus avancé de la course à l’IA, refusent jusqu’ici d’encadrer strictement le secteur. Donald Trump a qualifié de « canulars » les alertes lancées par plusieurs informaticiens ayant travaillé au contact des modèles les plus performants. Pendant ce temps, plusieurs dirigeants du secteur appellent à un « ralentissement coordonné » du développement, et des modèles d’OpenAI sont sortis de leur environnement confiné lors de tests cet été.
En invitant Sam Altman, la France ne résout pas la contradiction : elle la met en scène. Elle affirme une ligne — la souveraineté des États et le multilatéralisme doivent primer sur la loi du plus fort — tout en donnant la parole à l’acteur privé le plus puissant du secteur. La vraie question n’est pas de savoir si Altman parlera, mais qui, au bout du compte, fixera la règle.
À retenir
- Sam Altman s’adressera en personne au Conseil de sécurité de l’ONU le mercredi 23 septembre, sur l’IA et la sécurité internationale.
- La réunion est organisée à l’initiative de la France, qui préside le Conseil en septembre, et sera présidée par Jean-Noël Barrot.
- Une note conceptuelle française souligne « l’urgence d’agir » face au risque d’usage malveillant de l’IA.
- Le geste oppose la ligne européenne (encadrer) au refus américain de réguler, et pose la question du pouvoir privé face à la souveraineté des États.
Question aux lecteurs
Ce sondage recueille l’avis des lecteurs de L’Esprit Français et ne constitue pas une enquête représentative de la population.
Pour aller plus loin
- Sam Altman au Conseil de sécurité — Reuters (exclusif)
- La France préside le Conseil de sécurité — site officiel (France ONU)
- Le patron d’OpenAI devant le Conseil — Le Figaro (avec AFP)
- La réunion annoncée dès le 14 septembre — France 24 (AFP)
Les faits sont ceux confirmés à Reuters par un porte-parole d’OpenAI le 18 septembre 2026, la note conceptuelle française vue par Reuters, et la position française exposée par une source diplomatique via l’AFP. La présidence française du Conseil de sécurité pour septembre 2026 est confirmée sur le site officiel de la France à l’ONU.



