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De la surface des faits à la profondeur des idées

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Addictions : l’IGAS alerte sur un système sous tension

Réservoir de barrage à niveau très bas sous une lumière rasante, tour de prise d'eau au centre, berges de vase craquelée ; au premier plan un robinet en laiton qui goutte ; trois techniciens de dos consultent des documents sur une dalle de béton, visages non visibles.
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En bref. Le 9 septembre 2026, l’IGAS a publié la première revue depuis 2007-2008 du dispositif français de prise en charge des addictions. L’inspection relève des fondations solides mais un système très tendu, avec un délai moyen de deux mois avant le premier rendez-vous en CSAPA. Elle formule des recommandations sur l’identification des cas et l’accès aux soins.

Dans un rapport publié le 9 septembre 2026, l’IGAS livre la première revue depuis la réforme de 2007-2008 du système français de traitement des addictions, tous produits et toutes populations confondus, avec une attention particulière aux jeunes, aux femmes et aux personnes en situation de vulnérabilité. L’inspection générale des affaires sociales juge les principes fondamentaux toujours pertinents — prise en charge globale intégrant les dimensions médicale, psychologique et sociale, complémentarité entre médecine générale, hôpital et secteur médico-social spécialisé — mais décrit un dispositif « sous forte tension ».

Le rapport pointe l’évolution des conduites addictives et la complexité croissante des situations, portée par le développement des polyconsommations, des comorbidités psychiatriques et des addictions sans substance. S’y ajoute la pénurie de personnels de santé, notamment de médecins, qui complique l’orientation des patients stabilisés vers la médecine générale. Les parcours restent entravés par une identification insuffisante et inégale des cas, des délais d’attente longs — deux mois en moyenne entre le premier contact et le premier rendez-vous avec un professionnel en CSAPA — et des difficultés de coordination entre acteurs.

Les inspectrices Nathalie Rabier-Thoreau et Stéphanie Seydoux recommandent de renforcer la gouvernance nationale et régionale autour d’évaluations, de modèles d’intervention et d’indicateurs partagés, d’améliorer l’accès aux soins primaires et la continuité des parcours, et de développer une culture de la prise en charge des addictions, notamment à l’hôpital. Elles demandent au Fonds de lutte contre les addictions (FLCA) de faire des interventions destinées aux femmes — au-delà des situations périnatales — une priorité.

Le rapport appelle enfin à réduire la pression liée au tabac et à l’alcool, responsables de plus de 115 000 décès évitables par an, en renforçant la politique de prévention de l’alcool et en généralisant l’initiative « lieux de santé sans tabac » à tous les établissements de santé d’ici 2027-2028.

Jacques Bigote

L’auteur

Jacques Bigote

Jacques Bigote est le podcateur de Goliard, le podcast de L’Esprit Français.

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