En bref. Dans un rapport publié le 12 octobre 2026, l’IGAS formule une douzaine de recommandations pour mieux accompagner les personnes précaires vieillissantes, dont un abondement de 55 millions d’euros du programme 177 DIHAL. La mission constate que ces publics relèvent à la fois du social, du médico-social et du sanitaire, et que leur maintien prolongé à l’hôpital coûte plus cher que des places adaptées.
L’IGAS a publié le 12 octobre 2026 un rapport consacré aux personnes précaires vieillissantes, signé du Dr Julien Emmanuelli et de Mireille Gaüzère. La mission s’appuie sur une revue de littérature, un parangonnage européen, les données de la statistique publique et des entretiens de terrain auprès de plus de deux cents personnes, dont des usagers sur leur lieu de vie.
Le rapport relève que l’espérance de vie des personnes sans abri est de l’ordre de trente ans inférieure à celle de la population générale. Le nombre de sans-abri de plus de 50 ans oscillait en France entre 35 000 (dernières données INSEE disponibles) et 70 000 (sources associatives) en 2012, soit environ le quart des personnes sans abri, contre 17 % en 2002. En 2021, la part des plus de 60 ans devient significative dans les structures d’hébergement généraliste, médicalisé et le logement accompagné.
La mission formule une douzaine de recommandations à droit constant, dont l’adaptation du bâti des structures d’hébergement et un abondement en base du programme n° 177 DIHAL à hauteur de 55 millions d’euros au moins. Elle cite le déploiement complet du plan Borloo de 2005 pour les pensions de famille, l’achèvement de la réhabilitation des foyers de travailleurs migrants et le développement de lits d’accueil médicalisé, y compris dans certains EHPAD.
Le rapport souligne que ces capacités supplémentaires seraient nettement moins coûteuses que la situation actuelle, où beaucoup de personnes précaires vieillissantes restent à l’hôpital sans limitation de durée. Il recommande aussi d’augmenter le « reste à vivre » en EHPAD pour ces usagers et de développer les petites unités de vie et les résidences autonomie.



