En bref. Le 19 octobre 2026, l’IGAS a publié la première revue du système français de prise en charge des addictions depuis la réforme 2007-2008. Le délai moyen entre le premier contact et le premier rendez-vous en CSAPA atteint deux mois. Le rapport juge les fondements solides mais le système sous forte tension.
Dans un rapport publié le 19 octobre 2026, l’IGAS livre la première revue du dispositif français de traitement des addictions depuis la réforme de 2007-2008. La mission, conduite par Nathalie Rabier-Thoreau et Stéphanie Seydoux, couvre tous les types d’addictions et toutes les populations, avec une attention particulière aux jeunes, aux femmes et aux personnes en situation de vulnérabilité.
Le constat : des principes fondateurs toujours pertinents — prise en charge globale intégrant les dimensions médicale, psychologique et sociale, articulation entre médecine générale, hôpital et secteur médico-social spécialisé — mais un système « sous forte tension ». En cause, des conduites addictives en évolution, la hausse des polyconsommations et des comorbidités psychiatriques, ainsi que la pénurie de personnel médical.
Les parcours restent entravés par un repérage insuffisant et incohérent des situations et par des délais d’accès aux soins spécialisés longs : deux mois en moyenne entre le premier contact et le premier rendez-vous avec un professionnel de santé en CSAPA (centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie). Les besoins des femmes, hors grossesse, restent insuffisamment pris en compte.
Le rapport recommande de renforcer la gouvernance nationale et régionale, d’améliorer l’accès aux soins primaires et la continuité des parcours, et de développer une culture de l’addictologie à l’hôpital. Il préconise aussi de prioriser les actions destinées aux femmes dans le Fonds de lutte contre les addictions et d’étendre l’initiative « lieux de santé sans tabac » à tous les établissements d’ici 2027-2028.



