En bref. Le 19 octobre 2026, l’IGAS a publié un rapport évaluant à 1,3–5,7 milliards d’euros par an le coût de la décontamination de l’eau potable aux PFAS et pesticides, alors qu’en 2024 plus de 29 % de la population française était exposée à des dépassements des limites européennes. La mission recommande une stratégie nationale par bassin et un renforcement du principe pollueur-payeur.
Dans un rapport publié le 19 octobre 2026, la mission inter-inspections (IGAS, IGEDD, CGAAER) chiffre le coût de la décontamination de l’eau potable polluée aux PFAS et pesticides entre 1,3 et 5,7 milliards d’euros par an, selon quatre scénarios d’intervention d’ampleur croissante. Le document est consultable sur le site de l’IGAS.
La mission rappelle qu’en 2024, un peu plus de 29 % de la population française était exposée, dans l’eau destinée à la consommation humaine, à des pesticides ou PFAS à des concentrations supérieures aux limites européennes de qualité. Les restrictions de consommation restent rares, mais l’accumulation des polluants et l’élargissement du périmètre réglementaire font craindre une hausse des non-conformités.
L’essentiel des dépassements provient d’usages passés de polluants aujourd’hui interdits. La réduction des émissions à la source et la protection des captages ne suffiront pas : de nouvelles interconnexions et usines de traitement seront nécessaires, alors que les collectivités manquent de masse critique pour financer ces investissements.
Le rapport propose une stratégie nationale d’anticipation, d’évaluation et d’intervention, un soutien accru des agences de l’eau et une planification à l’échelle des bassins. Il recommande d’élargir les redevances pollueur-payeur (PFAS, pollution agricole diffuse, fiscalité du cycle de l’eau), de mutualiser les investissements et de prévoir des dispositifs de solidarité territoriale et d’aide aux ménages vulnérables, la hausse du prix de l’eau restant inévitable.



