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De la surface des faits à la profondeur des idées

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Raphaël Glucksmann, candidat déclaré et favori de la primaire, sans dynamique dans les intentions de vote

Illustration éditoriale générée par IA : portrait de face de Raphaël Glucksmann, cadré tête et épaules, rendu pictural numérique ; ne constitue pas une photographie ni une déclaration de la personne représentée.
Illustration éditoriale générée par IA : portrait de face de Raphaël Glucksmann, cadré tête et épaules, rendu pictural numérique ; ne constitue pas une photographie ni une déclaration de la personne représentée.

Raphaël Glucksmann est candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2027. Le cofondateur de Place publique et député européen a officialisé sa candidature le dimanche 23 août 2026, au journal de 20 heures de TF1, en annonçant qu’il passerait par la primaire socialiste et sociale-démocrate organisée à l’automne, où il part favori. L’investiture n’est pas encore acquise : cinq candidatures ont été validées le 16 septembre et le premier tour de la primaire est fixé aux 9 et 10 octobre 2026. Dans les intentions de vote, l’enquête Ipsos de septembre le crédite de 11,5 % à 13,5 % selon les hypothèses, derrière Jean-Luc Mélenchon à gauche et sans dynamique mesurée depuis sa déclaration.

Statut de candidature : déclarée, investiture non acquise

« Oui, je suis candidat » : Raphaël Glucksmann a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle le dimanche 23 août 2026 sur le plateau du 20 heures de TF1, indiquant qu’il participerait à la primaire du Parti socialiste prévue en octobre, où il part favori (Le Parisien, RTL, LCI, Les Échos, 23-24 août 2026). La primaire est organisée par le Parti socialiste, Place publique et la Gauche républicaine et socialiste : premier tour les 9 et 10 octobre 2026, second tour les 16 et 17 octobre 2026. La commission d’organisation a validé cinq candidatures le 16 septembre — Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel — et le premier débat entre les concurrents a eu lieu le mercredi 23 septembre (France 24, 16 septembre 2026 ; Libération, 23 septembre 2026).

La distinction est donc nécessaire : la candidature à l’élection présidentielle est déclarée, mais l’investiture qui lui donnerait le label de la gauche sociale-démocrate n’est pas encore validée. Rien ne permet aujourd’hui de le présenter comme le candidat investi, ni comme le candidat unique d’une gauche qui reste divisée.

Parcours : du documentaire au Parlement européen

Né le 15 octobre 1979, fils du philosophe André Glucksmann, Raphaël Glucksmann est d’abord réalisateur de documentaires dans les années 2000, puis devient conseiller spécial du président géorgien Mikheïl Saakachvili de 2009 à 2012. Essayiste et chroniqueur, directeur du Nouveau Magazine littéraire en 2018, il fonde la même année le mouvement Place publique, destiné à rassembler la gauche pro-européenne. Tête de liste PS-Place publique-Nouvelle Donne aux élections européennes de 2019, il obtient 6,2 % et est élu député européen.

En juin 2024, il mène à nouveau une liste PS-Place publique qui recueille 13,8 % — troisième place et meilleur score de la gauche non-LFI. Au Parlement européen, il siège à la commission des affaires étrangères et à la commission du commerce international et occupe la vice-présidence de la sous-commission des droits de l’homme. Il n’a en revanche jamais exercé de mandat exécutif national : son expérience du pouvoir est européenne et, en Géorgie, celle d’un conseiller.

Ce que mesurent les intentions de vote

Dans l’enquête électorale française Ipsos bva pour le CEVIPOF, la Fondation Jean Jaurès, l’Institut Montaigne et Le Monde (vague 3, terrain du 3 au 9 septembre 2026, 13 060 inscrits), Raphaël Glucksmann est crédité de 11,5 % à 13,5 % des intentions de vote selon les configurations : il plafonne à ce niveau, loin de Marine Le Pen (33 % à 35 %) et derrière Jean-Luc Mélenchon (15,5 % à 17 %).

L’enquête Ipsos bva pour Le Parisien publiée le 5 septembre 2026 est plus explicite encore : « malgré l’officialisation de sa candidature, Raphaël Glucksmann n’enregistre pas de dynamique », avec 11,5 % à 14 % selon les hypothèses, soit à peine mieux qu’en mai. Ces chiffres mesurent une intention à une date donnée et ne préjugent ni de la primaire ni du scrutin ; les agrégateurs de sondages, qui moyennent des scénarios incompatibles, ne remplacent pas la lecture des tableaux d’origine.

Propositions : la social-démocratie européenne comme programme

Raphaël Glucksmann n’a pas publié de programme présidentiel complet à la date de cette publication : ses propositions sont connues par ses interventions publiques de 2025 et 2026. Elles s’organisent autour de quatre axes :

  • Pouvoir d’achat et fiscalité : une augmentation du SMIC allant au-delà des revalorisations automatiques et une réforme fiscale allégeant les ménages modestes en taxant davantage les hauts revenus.
  • Retraites : retour à 62 ans pour l’âge légal de départ, contre la réforme de 2023 qu’il a combattue.
  • Europe et défense : renforcement des capacités de défense communes au niveau européen et autonomie stratégique de l’Union, dans un contexte de réduction de l’engagement américain ; ligne ferme face à l’expansionnisme russe et soutien à l’aide militaire à l’Ukraine, assumé à contre-courant d’une partie de la gauche française.
  • Transition écologique : planification par secteur avec objectifs contraignants et investissements publics accompagnant ménages et entreprises.

Sur les institutions, il ne remet pas en cause la Ve République et ne propose ni VIe République ni changement de mode de scrutin : c’est l’une de ses différences les plus nettes avec Jean-Luc Mélenchon.

Bilan et évolutions : ce qui a changé

Son parcours politique comporte un déplacement documenté : passé en 2006-2007 par Alternative libérale, formation située à droite, il s’oriente ensuite vers le centre gauche libéral puis la social-démocratie europhile, avant de fonder Place publique en 2018. Sa progression électorale est réelle mais récente : 6,2 % aux européennes de 2019, 13,8 % en 2024. Sa déclaration a produit deux effets immédiats : le ralliement de l’écologiste Yannick Jadot et la mise en retrait de sa compagne, la journaliste Léa Salamé, du journal de 20 heures de France 2 (France 24, 24 août 2026) — un épisode qui a nourri le débat public sur la frontière entre vie privée, médias et campagne.

Capacité à gouverner : la primaire d’abord

Le premier obstacle n’est pas l’élection mais la primaire : la presse spécialisée relève qu’Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, est « en embuscade » derrière le favori (Mediapart, 30 août 2026). Vient ensuite la question de l’union : avec un candidat LFI qui revendique une candidature directe et un bloc central qui se structure de son côté, une qualification au second tour supposerait des reports que rien ne garantit. Dans les hypothèses de duel publiées par le site de suivi 2027.help, un face-à-face Glucksmann-Le Pen donnerait 45 % contre 55 % — un écart supérieur à la marge d’erreur, mais nettement plus serré que celui d’autres configurations. Ces scénarios sont des hypothèses testées, pas des prévisions.

Reste la question des moyens d’une présidence : sans majorité parlementaire propre et sans mandat exécutif national antérieur, sa capacité à gouverner reposerait sur la reconstruction d’une coalition sociale-démocrate, à commencer par le résultat de la primaire d’octobre.

À retenir

À retenir. Raphaël Glucksmann est candidat déclaré à la présidentielle depuis le 23 août 2026 et favori de la primaire socialiste et sociale-démocrate des 9-10 et 16-17 octobre 2026, sans investiture acquise à ce jour. Crédité de 11,5 % à 13,5 % des intentions de vote par l’enquête Ipsos de septembre 2026, il n’enregistre pas de dynamique mesurée depuis sa déclaration et reste devancé à gauche par Jean-Luc Mélenchon. Son programme connu porte sur le SMIC, la fiscalité des hauts revenus, la retraite à 62 ans et la défense européenne.

Sources

  • Ipsos bva pour le CEVIPOF, la Fondation Jean Jaurès, l’Institut Montaigne et Le Monde, « Enquête électorale française 2026 — Vague 3 », terrain du 3 au 9 septembre 2026, 13 060 inscrits (page de résultats et rapport complet).
  • Ipsos bva pour Le Parisien, intentions de vote, 5 septembre 2026.
  • Le Parisien, « Oui, je suis candidat » : Raphaël Glucksmann officialise sa candidature à l’élection présidentielle », 23 août 2026 ; RTL, LCI, Les Échos, France 24 et franceinfo, mêmes dates.
  • France 24, « Glucksmann, Royal, Faure : ce qu’il faut savoir sur la primaire de la gauche socialiste et démocrate », 16 septembre 2026 ; Libération, « Primaire socialiste et sociale-démocrate : date, prix, candidats… le mode d’emploi du scrutin », 23 septembre 2026.
  • Mediapart, « Primaire du PS : derrière le favori Raphaël Glucksmann, Olivier Faure en embuscade », 30 août 2026.
  • Wikipedia (parcours, mandats, Place publique) et Toute l’Europe, « Élections européennes 2024 : le programme de Raphaël Glucksmann et de la liste PS-Place publique », recoupés avec les résultats publiés par la presse.
  • Site de suivi 2027.help, agrégat des intentions de vote et hypothèses de second tour (consulté le 25 septembre 2026) — chiffres d’agrégat, à ne pas confondre avec une enquête unique.

À lire aussi : « Primaire de gauche : Faure revendique 500 parrainages, la question Mélenchon a dominé le premier débat » et « Primaire de gauche : le premier débat télévisé réunit cinq candidats ce soir, la gauche reste éclatée ».

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