En bref. Le rapport inter-inspections publié le 31 juillet 2026 par l’IGAS chiffre de 1,3 à 5,7 milliards d’euros 2026 par an les surcoûts nécessaires à la dépollution de l’eau potable. En 2024, un peu plus de 29 % de la population française a été exposée à des pesticides ou PFAS au-delà des limites européennes. Le financement reposera sur les émetteurs et sur une hausse du prix de l’eau.
La mission inter-inspections IGAS, IGEDD et CGAAER a rendu public le 31 juillet 2026 son rapport sur la dépollution de l’eau potable, consultable sur le site de l’IGAS. Elle évalue le potentiel de surcoûts annuels à 1,3 à 5,7 milliards d’euros 2026 pour financer la dépollution, en sus du renouvellement des installations et de la mise à niveau des systèmes de gestion des eaux usées.
Le rapport établit qu’en 2024, un peu plus de 29 % de la population française a été exposée, dans les eaux destinées à la consommation humaine, à des pesticides ou à des composés per- et polyfluoroalkylés (PFAS) à des niveaux dépassant les limites de qualité européennes. Les restrictions de consommation pour raisons sanitaires restent rares, mais la mission craint une hausse des non-conformités, du fait de la persistance des molécules, de leur usage continu et de l’élargissement du périmètre réglementé.
Après plus de 300 auditions, la mission recommande une doctrine nationale d’anticipation, de qualification et d’intervention, articulant réduction des émissions à la source, protection des captages, mutualisations et traitements ciblés. Elle propose de renforcer le principe pollueur-payeur (redevance PFAS, redevance pour pollution diffuse agricole, fiscalité du grand cycle de l’eau), de mutualiser les investissements à l’échelle des bassins et d’accompagner les ménages les plus vulnérables.



