À partir du 13 décembre, un vélo dont le pneu dépasse 6 cm de large, ou dont la longueur dépasse 185 cm, ne monte plus dans un TGV Inoui ni dans un Intercités. Les fatbikes, les vélos à plus de deux roues, les gyropodes et les hoverboards rejoignent la liste des engins interdits à bord, comme les trottinettes avec assise, non pliables ou à pneus larges. Elle figure sur la page bagages de TGV Inoui, mise à jour le 23 octobre.
- Ce que la SNCF écrit depuis le 23 octobre
- Six centimètres, c’est un pneu de VTT
- 185 centimètres, ou la housse de 130
- Dix euros pour une place, cinquante pour un refus
- Ce que cela change pour vous
Ce que la SNCF écrit depuis le 23 octobre
Le texte ne laisse pas de marge : « À compter du 13 décembre 2026, les vélos dont les dimensions hors-tout sont supérieures à celles d’un vélo classique, soit au maximum 185 cm de longueur et 6 cm de largeur de pneu, les fatbikes, les vélos ayant plus de deux roues, les gyropodes et les hoverboards seront ajoutés à la liste des vélos interdits à bord » (politique bagages TGV Inoui).
La compagnie l’a confirmé à TF1 Info le 25 octobre, pour les TGV Inoui et les Intercités (TF1 Info) ; les gyroroues restent autorisées. Frandroid rappelait le 24 octobre la liste déjà fermée : vélos couchés, tricycles, tandems, cargos, longtails, remorques (Frandroid). Recharger une batterie à bord, même hors de l’engin, était déjà interdit. Rien, sur les pages consultées, ne concerne les TER et les Transilien : c’est une condition d’exploitant, pas un décret, sans consultation ni délai de transition.
Six centimètres, c’est un pneu de VTT
Six centimètres font 2,36 pouces. Un pneu de 2,0 pouces mesure 5,08 cm et passe ; de 2,25 pouces, 5,72 cm, passe encore. À 2,4 pouces, soit 6,10 cm, le vélo ne passe plus. Or 2,4 pouces n’est pas une excentricité : c’est une monte ordinaire des VTT tout-suspendus.
La règle ne vise donc pas seulement les fatbikes : elle coupe au niveau d’une catégorie ordinaire, et c’est le pneu tel qu’il se présente qui sera mesuré.
La largeur d’un pneu, du VTT au fatbike
Largeur nominale en centimètres ; la ligne rouge marque la limite fixée par la SNCF
La justification publiée invoque « des enjeux majeurs en matière de sécurité et de fluidité des circulations à bord » et des trottinettes « de plus en plus puissantes et volumineuses » (TF1 Info). Aucun gabarit n’est publié. L’hypothèse la plus plausible reste le crochet : le vélo s’y suspend par la roue avant, un pneu très large n’y entre pas. C’est une déduction, pas une justification de la SNCF.
185 centimètres, ou la housse de 130
Un vélo entier est admis jusqu’à 185 cm, mais le bagage spécial accepté mesure au maximum 90 x 130 x 50 cm, et un vélo plié ou démonté doit tenir dans une housse de mêmes dimensions (politique bagages). Le même vélo voyage accroché, mais pas en housse sans démontage.
Le cas du fatbike démonté reste ouvert : le texte le dit « interdit à bord », ce qui suggère l’engin quelle que soit sa forme, et aucune page consultée ne tranche.
Dix euros pour une place, cinquante pour un refus
Pour un vélo non démonté, la réservation est obligatoire à l’achat : 10 euros par vélo et par trajet, sur certains trains seulement, avec une place assise attribuée si possible à côté (SNCF Voyageurs). La sanction est celle des bagages : 50 euros pour un bagage non conforme, 100 pour deux, 150 pour trois ou plus (politique bagages).
Un vélo hors gabarit vaut donc cinq fois le prix de la place qu’il n’occupe pas. Les pages consultées ne disent pas ce que devient la réservation, et un billet remboursé ne règle pas le sort de la machine (droits des passagers).
Ce que cela change pour vous
Si votre vélo a des pneus de 2,4 pouces ou plus, s’il est cargo, longtail, tandem ou tricycle, il ne montera plus dans un TGV Inoui ou un Intercités dès le 13 décembre. Gyropode, hoverboard, trottinette avec selle : même chose. Aucune période de tolérance n’est annoncée.
Les issues ne sont pas garanties : démonter le vélo dans une housse de 90 x 130 x 50 cm, impraticable pour un cargo ; prendre un TER ou un Transilien, régis par des règles régionales ; renoncer au train. Pour un ménage sans voiture, le vélo n’est pas un loisir mais un transport, et c’est là que la règle mord (1,8 million de personnes en précarité mobilité).
Les règles sur ces engins se durcissent depuis des mois, et sur les routes les blessés graves augmentent plus vite que les morts (notre suivi). Ce qui change ici, c’est l’échelle : un opérateur fixe la largeur de ce qui monte dans un train.
Ce qu’il faut observer dans cette démonstration de l’espace vélo : le crochet où la roue avant s’engage, et la largeur du passage qu’elle doit franchir.
Vidéo publique de CYCLO VOYAGE avec Gaetan ; elle n’illustre pas la règle du 13 décembre. Le reste n’est pas documentaire.
Une règle de gabarit n’est pas une règle de sécurité, même quand elle invoque la sécurité. La sécurité, ici, c’est l’interdiction de recharger une batterie à bord, et elle existe déjà. Le reste est une question de place, et du droit de dire non à l’embarquement.
Ce que je retiens, c’est qui décide. Aucun vote, aucun décret : un transporteur fixe à 6 cm la frontière entre un vélo et un bagage non conforme. Le voyageur porte le risque, et paie 50 euros si le contrôleur n’est pas d’accord avec son mètre.
Opinion de la maison, pas un fait.
- Dès le 13 décembre 2026, les TGV Inoui et les Intercités refusent les vélos de plus de 185 cm ou de plus de 6 cm de pneu, ainsi que fatbikes, gyropodes et hoverboards.
- 6 cm font 2,36 pouces : un pneu de VTT en 2,4 pouces dépasse déjà la limite.
- La place vélo coûte 10 euros ; l’engin non conforme coûte 50 euros, et 150 euros à trois.



