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De la surface des faits à la profondeur des idées

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Climat : le mouvement né des canicules marche dans toute la France, un rapport d’adaptation attendu le 30 septembre

Climat : le mouvement né des canicules marche dans toute la France, un rapport d'adaptation attendu le 30 septembre
Climat : le mouvement né des canicules marche dans toute la France, un rapport d'adaptation attendu le 30 septembre

Des centaines de rassemblements pour le climat sont organisés ce samedi 26 septembre, de Quimper à Clermont-Ferrand. Le « Mouvement du 26 septembre », né après les canicules de l’été 2026, revendique plus de 50 000 signataires et 262 mobilisations ; il demande trois plans climat financés par la taxation des superprofits des énergies fossiles et de l’armement et par un impôt sur les grandes fortunes. Quatre jours plus tard, le 30 septembre, la ministre de la Transition écologique doit remettre au Premier ministre ses propositions pour accélérer le plan national d’adaptation.

Plus de 260 rassemblements, Paris décalé par la visite du pape

La mobilisation « pour le climat, pour le vivant, pour la paix et pour la justice sociale » est portée par le Mouvement du 26 septembre, né dans le sillage de l’été 2026. Sa carte recense, au matin du samedi 26 septembre, 262 mobilisations dans 91 départements selon les organisateurs ; Le Monde évoque « plus de 260 rassemblements » et franceinfo « environ 260 mobilisations », de Quimper à Clermont-Ferrand en passant par Bayonne, Laval, Lille ou Metz.

À Paris, la venue du pape Léon XIV a modifié le programme : le défilé a été relégué en fin de journée et cantonné à un rassemblement statique place de la République, de 17 heures à 20 heures. Ailleurs, les rassemblements sont répartis sur la journée.

L’appel a reçu, le 24 septembre, le soutien de la militante suédoise Greta Thunberg, dans une vidéo reprise par les organisateurs. Il est aussi relayé par des organisations nationales : le Réseau Action Climat appelle à rejoindre les marches et la Ligue des droits de l’homme a publié son propre appel le 4 septembre. Un rassemblement de rentrée avait déjà eu lieu le 15 septembre devant le ministère de l’Économie, à l’appel d’une coalition d’organisations réclamant « un budget 2027 à la hauteur de l’urgence climatique ».

Un mouvement parti d’une poignée de militants, pas des grandes ONG

Le site de l’appel est édité par le mouvement lui-même, qui se présente comme « un mouvement autogéré et auto-organisé, avec des assemblées locales dans toute la France ». Son groupe fondateur compte sept personnes, dont quatre membres de l’association Bio Consom’acteurs, indique sa présentation ; Le Monde parle de « la poignée de salariés de l’association Bio Consom’acteurs à l’origine de cette mobilisation ». Plusieurs organisations nationales figurent parmi les signataires de l’appel — Confédération paysanne, Greenpeace France, France Nature Environnement, Attac, Emmaüs France, Solidaires, entre autres, selon le Réseau Action Climat : elles le relaient, mais ne l’organisent pas.

Le mouvement affiche, au matin du 26 septembre, 50 805 signataires — 51 % de son objectif de 100 000 — dont 1 192 organisations, 373 volontaires inscrits et 262 mobilisations recensées ; franceinfo écrit de son côté que la lettre ouverte « revendique 51 000 signatures ». La cagnotte affiche 15 664 € collectés sur un objectif de 30 000 €, pour 619 donateurs. Ces chiffres sont ceux publiés par les organisateurs : ils ne sont pas contrôlés par un tiers.

Trois plans et trois recettes fiscales

La lettre ouverte au président de la République part d’une citation de ses vœux du 31 décembre 2022 — « qui aurait pu prédire la crise climatique ? » — et se conclut par : « Nous ne venons pas vous demander de nous plaindre. Nous venons vous demander des comptes. » Le mouvement demande trois plans : un plan d’urgence (lieux frais dans chaque bassin de vie, protection des travailleurs exposés, moyens pour les secours), un plan d’adaptation (rétablissement du Fonds vert, rénovation des logements, restauration des sols et des forêts) et un plan d’atténuation (fin des subventions aux énergies fossiles, transports publics accessibles).

Le financement repose sur trois mesures fiscales : la taxation des superprofits des énergies fossiles, « dès la loi de finances 2027 » ; celle des superprofits de l’armement ; et un « impôt climatique sur les grandes fortunes » que le mouvement évalue entre 15 et 25 milliards d’euros par an. À l’appui, il cite les 5,4 milliards de dollars encaissés par TotalEnergies en un trimestre, ainsi que la trajectoire du Fonds vert : 2,5 Md€ en 2024, 1,15 Md€ en 2025 et 837 M€ en 2026. Cette dernière dotation est confirmée par le ministère de la Transition écologique, qui l’a présentée comme un « choix politique clair » dans un contexte budgétaire contraint.

Ce que l’État doit rendre le 30 septembre

Le calendrier donne à la mobilisation un rendez-vous précis. Le 29 juillet 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a chargé la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, de coordonner un plan d’accélération du troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3), adopté en mars 2025 ; la lettre de mission consultée par l’AFP demandait des « mesures concrètes » d’ici « début octobre », avec des groupes de travail associant collectivités, entreprises, organisations professionnelles et associations.

Selon La France Agricole et franceinfo, un rapport de propositions doit être remis le 30 septembre 2026 au Premier ministre. Le mouvement inscrit de son côté une nouvelle date dans son calendrier : les 14 et 15 novembre, en lien avec les manifestations du « collectif enfantiste », en pleine COP31 à Antalya — un rendez-vous qu’il situe lui-même « à deux jours du vote solennel du budget en première lecture à l’Assemblée nationale ».

Ce que ces chiffres ne disent pas

La fréquentation des rassemblements n’est pas connue à l’heure de la rédaction : les marches se tiennent dans l’après-midi et aucun bilan n’était publié. Les 50 805 signataires, 1 192 organisations et 262 mobilisations sont des chiffres revendiqués par les organisateurs. Le rendement de l’impôt sur les grandes fortunes (15 à 25 Md€ par an) est une estimation du mouvement, pas un chiffrage officiel. Enfin, le contenu exact du rapport du 30 septembre n’est pas connu.

Les bilans sanitaires cités ne se recouvrent pas. Le Monde et franceinfo retiennent plus de 8 000 décès en lien avec la chaleur en France entre la fin mai et la fin août ; la lettre ouverte du mouvement évoque, elle, 5 764 morts « en quinze jours » et sa page d’accueil 7 300 décès cet été. Ces écarts de périmètre — saison entière ou vague précise, décès attribués à la chaleur ou excès de mortalité — ne sont pas documentés par les pièces consultées et ne sont donc pas tranchés ici. Les « 500 000 hectares de forêt brûlés dans l’Union européenne » sont une déclaration de Greta Thunberg, attribuée comme telle.

À retenir

  • Plus de 260 rassemblements pour le climat sont organisés ce samedi 26 septembre dans toute la France, à l’appel du « Mouvement du 26 septembre », né après les canicules de l’été 2026.
  • À Paris, la visite du pape Léon XIV a réduit la marche à un rassemblement statique place de la République, de 17 h à 20 h.
  • Le mouvement revendique plus de 50 000 signataires et 1 192 organisations pour sa lettre ouverte au président de la République, qui demande « des comptes » et trois plans climat.
  • Il propose de les financer par la taxation des superprofits des énergies fossiles et de l’armement et par un impôt climatique sur les grandes fortunes (15 à 25 Md€ par an selon lui).
  • Le Fonds vert, qui finance des projets de transition écologique portés par les collectivités, est passé de 2,5 Md€ en 2024 à 1,15 Md€ en 2025 et 837 M€ en 2026.
  • La ministre de la Transition écologique doit remettre le 30 septembre au Premier ministre ses propositions pour accélérer le plan national d’adaptation au changement climatique.

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Question aux lecteurs

Ce sondage recueille l’avis des lecteurs de L’Esprit Français et ne constitue pas une enquête représentative de la population.

Pour aller plus loin

Le fait central — l’organisation, samedi 26 septembre 2026, de plus de 260 rassemblements pour le climat dans toute la France à l’appel du « Mouvement du 26 septembre », avec une lettre ouverte au président de la République revendiquant environ 51 000 signatures — est établi par des origines réellement distinctes : le site des organisateurs (appel et lettre ouverte) ; franceinfo ; Le Monde ; Libération ; RFI ; Le Nouvel Obs ; Reporterre ; et, pour l’écho international, Connexion France. Le rendez-vous du 30 septembre est établi par la lettre de mission du Premier ministre du 29 juillet 2026 (reprise par LCP – Assemblée nationale et l’ATS) et par La France Agricole et franceinfo. La trajectoire du Fonds vert (2,5 Md€ en 2024, 1,15 Md€ en 2025, 837 M€ en 2026) est établie par le ministère de la Transition écologique et par La Gazette des communes. Réserves : la fréquentation des rassemblements n’est pas connue à l’heure de la rédaction ; les chiffres de signatures, d’organisations et de mobilisations sont revendiqués par les organisateurs ; le rendement des mesures fiscales proposées est leur estimation ; les bilans de mortalité attribués à la chaleur diffèrent selon le périmètre retenu et ces écarts ne sont pas tranchés ; le contenu du rapport du 30 septembre n’est pas connu ; la date de la nouvelle mobilisation des 14-15 novembre et son lien avec le vote solennel du budget sont des annonces des organisateurs.

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