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De la surface des faits à la profondeur des idées

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Rachat de SFR : environ un tiers des 8 000 salariés en grève contre la vente à Orange, Bouygues Telecom et Free

Rachat de SFR : environ un tiers des 8 000 salariés en grève contre la vente à Orange, Bouygues Telecom et Free
Rachat de SFR : environ un tiers des 8 000 salariés en grève contre la vente à Orange, Bouygues Telecom et Free

Jeudi 24 septembre 2026, à l’appel de l’intersyndicale UNSA-CFDT-CFTC, environ un tiers des 8 000 salariés de SFR se sont mis en grève pour défendre leurs emplois, alors que la vente de l’opérateur au consortium Orange, Bouygues Telecom et Free — 20,35 milliards d’euros — doit encore être validée par l’Autorité de la concurrence.

Un tiers des 8 000 salariés mobilisés

L’Unsa, syndicat majoritaire, a compté au moins 2 660 grévistes, tandis que la CFDT en a revendiqué 3 500. La direction, interrogée par l’AFP, n’a pas communiqué d’estimation. Entre 1 000 et 2 000 personnes se sont rassemblées devant le siège d’Altice France, maison mère de SFR, dans le XVe arrondissement de Paris, et des mobilisations ont eu lieu sur d’autres sites du groupe, notamment à Lyon et à Rennes.

Dans le cortège parisien, le slogan « SFR c’est nous » dominait, aux côtés de pancartes comme « Drahi encaisse, les salariés trinquent », en référence à Patrick Drahi, actionnaire principal d’Altice, qui devrait tirer un chèque estimé à environ 3 milliards d’euros de la vente, selon Les Échos.

De quatre à trois opérateurs : une concentration inédite

Altice France a annoncé début juin un accord pour vendre SFR à ses trois concurrents — Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange — pour 20,35 milliards d’euros, assorti d’un possible complément de prix pouvant atteindre 650 millions d’euros à la clôture.

La vente reste soumise à la validation de l’Autorité de la concurrence. Si elle aboutit, le marché français des télécoms passerait de quatre à trois opérateurs, et la marque SFR disparaîtrait, ses clients et ses réseaux étant répartis entre les trois acheteurs. Le réseau télécom, infrastructure sur laquelle reposent les usages numériques du pays, se concentrerait ainsi entre trois acteurs déjà dominants.

Le flou du reclassement, cœur du conflit

Les négociations sur l’avenir des salariés, entamées fin juin avec les acheteurs, ne satisfont pas les représentants du personnel. Selon les mesures proposées, environ 2 300 salariés seraient transférés chez Bouygues Telecom, 235 chez Orange et 53 chez Iliad, auxquels s’ajouteraient les salariés de 120 boutiques, soit environ 2 000 personnes.

Le consortium assure vouloir « préserver l’emploi » : dans une réponse commune, il affirme apporter « une solution d’emploi à chacun des 8 000 salariés du périmètre repris », avec environ 5 000 salariés rejoignant les trois opérateurs et 3 000 poursuivant chez SFR « pour conduire la migration sur plusieurs années ». C’est précisément ce point qui inquiète : le sort des salariés maintenus chez SFR au-delà de cette migration reste, pour les syndicats, insuffisamment précisé.

Les syndicats jugent aussi trop faible la proposition d’une seule offre de reprise par salarié ; ils en demandent trois. « C’est un premier avertissement », a résumé Olivier Lelong, délégué syndical central CFDT, qui estime que « plusieurs milliers de salariés vont perdre leur emploi ».

La bataille judiciaire se poursuit

Le conflit se joue aussi devant la justice. Le comité social et économique (CSE) central de SFR a défendu, jeudi matin, un recours en référé engagé contre les acheteurs et Altice France devant le tribunal judiciaire de Paris : la décision est attendue le 26 octobre. Une procédure au fond, avec audiences début décembre, exige notamment davantage d’informations sur le projet de cession.

Le processus d’information-consultation des instances représentatives du personnel de SFR doit se terminer le 6 octobre. D’ici là, la mobilisation syndicale pourrait s’intensifier : une grève a déjà été évoquée pour le 30 septembre chez ATS, filiale du groupe.

À retenir

  • Environ un tiers des 8 000 salariés de SFR étaient en grève jeudi 24 septembre, contre la vente de l’opérateur à Orange, Bouygues Telecom et Free.
  • La vente, conclue début juin pour 20,35 milliards d’euros, ferait passer le marché télécoms de quatre à trois opérateurs, avec la disparition de la marque SFR.
  • Le cœur du conflit : le reclassement des salariés, jugé insuffisant (une seule offre de reprise par personne).
  • La justice se prononcera le 26 octobre sur le recours en référé du CSE central de SFR.

Question aux lecteurs

Ce sondage recueille l’avis des lecteurs de L’Esprit Français et ne constitue pas une enquête représentative de la population.

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Pour aller plus loin

Le fait central — la grève du 24 septembre 2026 contre la vente de SFR au consortium Orange, Bouygues Telecom et Free — est établi par le constat sur place d’une journaliste de l’AFP et par des reportages de médias relevant de groupes distincts (Les Échos/Le Parisien, groupe LVMH ; Mediapart, fonds pour une presse libre ; La Tribune ; BFM TV). Le nombre exact de grévistes est contesté (2 660 selon l’Unsa, 3 500 selon la CFDT, aucun chiffre de la direction) : il est présenté comme une revendication syndicale, pas comme un décompte officiel. La disparition de la marque SFR est la conséquence annoncée de la vente, toujours soumise à la validation de l’Autorité de la concurrence. Le chèque de 3 milliards attribué à Patrick Drahi est une estimation rapportée par Les Échos, pas un chiffre officiel.

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