À partir du 1er janvier 2027, un retraité qui reprend ou poursuit une activité avant 67 ans verra sa pension réduite dès que ses revenus d’activité dépassent un seuil annuel — prévu à 7 000 euros. Pour les professions libérales, une échéance plus rapprochée s’impose : elles doivent liquider leur retraite au plus tard le 1er octobre 2026 pour conserver le régime actuel, plus favorable, qui permettait de se constituer une seconde pension. Un durcissement voté fin 2025, encore peu connu, et dont le décret d’application n’est toujours pas paru.
Une réforme votée fin 2025, appliquée en 2027
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) réforme le cumul emploi-retraite (CER). Ce dispositif permet à un retraité de travailler tout en percevant sa pension. Jusqu’ici, lorsqu’il remplissait les conditions, il pouvait cumuler intégralement pension et revenus, et même acquérir de nouveaux droits ouvrant une seconde pension.
À compter du 1er janvier 2027, la distinction entre cumul « intégral » et « plafonné » disparaît : seul l’âge comptera. Avant l’âge minimum légal, les revenus d’activité seront déduits en totalité de la pension, dès le premier euro. Entre l’âge légal et 67 ans, le cumul restera possible si les revenus ne dépassent pas 7 000 euros brut par an ; au-delà, la pension sera diminuée de 50 % du montant du dépassement. Ce n’est qu’à partir de 67 ans, âge du taux plein automatique, que le cumul redeviendra intégral, sans plafond.
Les professions libérales en première ligne
Toutes les catégories sont concernées, mais les professionnels libéraux le sont de façon plus urgente : pharmaciens, auxiliaires médicaux (kinésithérapeutes, infirmiers), experts-comptables, avocats, vétérinaires ou encore agents généraux d’assurance. Pour eux, la date d’effet de la retraite ne peut être fixée qu’au premier jour d’un trimestre civil — pas au premier jour d’un mois comme pour les salariés. D’ici la fin de l’année, la seule date possible pour liquider sa retraite et rester dans le régime actuel est donc le 1er octobre 2026.
Une exception existe : les libéraux affiliés à la Cipav (architectes, psychologues, moniteurs de ski, notamment) qui n’ont jamais cotisé à un autre régime de profession libérale peuvent opter pour un début de mois civil, soit le 1er novembre ou le 1er décembre. Ceux qui ne liquident pas avant la bascule de 2027 entreront automatiquement dans le nouveau dispositif, moins favorable : retravailler avant 67 ans n’y rapportera plus de droits à seconde pension, et l’écrêtement de la pension de base devient la règle au-delà du seuil.
Un décret d’application toujours attendu
Le durcissement est acté dans la loi, mais un point clé reste en suspens : le décret d’application de l’article 102, qui doit fixer le seuil d’écrêtement, n’est toujours pas publié. Le montant de 7 000 euros par an est « prévu » par l’administration, sans être encore gravé dans un texte. L’Union nationale des professions libérales (UNAPL) déplore une réforme « encore floue », qui laisse les praticiens sans visibilité complète à quelques jours d’une échéance qui les engage pour des années.
Ce vide réglementaire a une conséquence concrète : un libéral qui hésite à liquider sa retraite avant le 1er octobre le fait sans connaître le montant exact à partir duquel sa pension sera écrêtée. La décision reste pourtant irréversible, puisque la seconde liquidation n’ouvre plus aucun droit supplémentaire.
À retenir
- La LFSS 2026 durcit le cumul emploi-retraite à partir du 1er janvier 2027 : avant 67 ans, la pension est réduite au-delà d’un seuil de revenus.
- Le seuil d’écrêtement est prévu à 7 000 euros brut par an, mais le décret d’application n’est pas encore paru.
- Les professions libérales doivent liquider leur retraite au plus tard le 1er octobre 2026 pour conserver le régime actuel, qui ouvrait droit à une seconde pension.
- À partir de 67 ans, le cumul redevient intégral et sans plafond.
Question aux lecteurs
Ce sondage recueille l’avis des lecteurs de L’Esprit Français et ne constitue pas une enquête représentative de la population.
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Pour aller plus loin
- Service-Public — De nouvelles règles pour le cumul emploi-retraite à partir de 2027
- Légifrance — Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (article 102)
- UFC-Que Choisir — pourquoi les libéraux doivent agir avant le 1er octobre
- CNAVPL — cumul activité-retraite des professions libérales
Le durcissement du cumul emploi-retraite provient de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (article 102), publiée au Journal officiel et consultable sur Légifrance. Les nouvelles règles (déduction totale avant l’âge légal, écrêtement de 50 % du dépassement au-delà du seuil entre l’âge légal et 67 ans, cumul intégral à partir de 67 ans) sont détaillées par Service-Public (DILA) et la CNAVPL. L’échéance du 1er octobre 2026 propre aux professions libérales, liée à la règle du trimestre civil, est documentée par l’UFC-Que Choisir (19 septembre 2026) et confirmée par la CNAVPL. Le seuil de 7 000 euros est « prévu » mais le décret d’application n’est pas publié à ce jour ; l’UNAPL qualifie la réforme d’« encore floue ». Les chiffres cités (seuil de 7 000 €, plafond de la seconde pension de base à 5 % du plafond annuel de la Sécurité sociale) proviennent des documents officiels et de l’UFC-Que Choisir.



